La hausse des loyers augmente moins vite que l’inflation

Michel Mouillard, professeur d'économie à Paris X Nanterre, spécialiste du logement, répond à Explorimmoneuf sur l'évolution du marché locatif.

La hausse des loyers augmente moins vite que l’inflation
La hausse des loyers augmente moins vite que l’inflation

Vous êtes en charge de l’Observatoire Clameur, (observatoire des loyers). Comment analysez-vous le marché locatif ?


Nous sommes dans un marché qui n’est pas au mieux de sa forme. L’activité traîne des pieds et, compte tenu de la situation économique, il n’y a pas de raison que le marché se redresse rapidement.


 


Considérez-vous que les loyers sont aujourd’hui trop élevés ?


Avec une moyenne de 23,60 €/m2 fin mai 2012, les loyers parisiens sont deux fois plus chers qu’à Bordeaux, Lille, Lyon ou Marseille (12 €/m2), et plus de deux fois plus chers qu’en zone B2 (9 €/m2) ou en zone C (7 à 8 €/m2). Cette hiérarchie observée depuis 1998 ne s’est pas déformée depuis et reflète les niveaux de revenu des ménages qu’estime l’INSEE. De plus, elle est identique à celle qui se constate dans le secteur locatif social où les pouvoirs publics fixent eux-mêmes les niveaux des loyers. En outre, les difficultés à se loger existent partout. Enfin, pour Clameur, la hausse moyenne mesurée depuis 1998 dans la France entière s’établit à 2,9 % par an. Et elle ralentit régulièrement sous l’effet des crises (les subprimes, les dettes souveraines) : depuis 2006, elle n’est plus que de 1,6 % par an, donc nettement sous l’inflation.


 


Quelle est votre position face à l’encadrement des loyers ?


Ce n’est pas par un encadrement des loyers qu’on réglera la question de l’insuffisance des revenus et du pouvoir d’achat. D’autant qu’en lui-même, le rythme d’évolution des loyers ne le justifie pas.

Service

Prenez rendez-vous avec un diagnostiqueur