Des maisons autosuffisantes

Certains vont au-delà des exigences réglementaires et conçoivent des bâtiments à basse consommation énergétique, voire même des maisons "passives". Celles-ci font mieux qu'économiser l'énergie : elles sont pratiquement autosuffisantes et produisent même parfois un surplus d'énergie ! La maison passive doit ce nom à une norme allemande : "Passivhaus". Cette appellation s'applique à tout bâtiment faisant passer la consommation d'énergie sous la barre des 120 kWh/m2/an pour l'ensemble des consommations (chauffage, production d'eau chaude, éclairage, fonctionnement des appareils, ventilation et climatisation, etc.). Un chiffre à comparer à la moyenne de 320 kWh/m2/an consommée par un logement datant des années 1960-1970 ! Pour parvenir à ce résultat, les apports solaires, l'isolation, la réalisation des huisseries, les ponts thermiques et la ventilation doiventT U A L I T É S être particulièrement soignés. Ses adeptes mettent en avant des économies énergétiques largement supérieures à celles exigées par la RT 2005, la qualité de vie en plus : "C'est une maison confortable en toute saison et particulièrement saine puisqu'on utilise très largement la ventilation pour récupérer la chaleur, ce qui permet aussi de bien faire circuler l'air", estime Nanette Mazier, qui a construit sa maison passive près de Bâle, sous le label Minergie, équivalent suisse du Passivhaus. En retard sur ses voisins, la France fait ses premiers pas sur le terrain de la maison passive. En mai dernier, l'association Effinergie a vu le jour, qui propose un concept de bâtiments économes en énergie, neufs ou rénovés, suivant les démarches suisse et allemande. Effinergie regroupe collectivités locales, banques et professionnels du bâtiment et veut développer un référentiel français de performance énergétique pour des bâtiments basse énergie, allant au-delà des recommandations de la RT 2005. Un niveau de performance énergétique qui intéresse les organismes de certification, comme Qualitel et Habitat & Environnement, qui devraient l'intégrer à leurs référentiels.

Des maisons autosuffisantes
Des maisons autosuffisantes

Des matériaux très nature.


Construire bio, c'est aussi faire le choix de matériaux de construction recyclables ou économes en énergie. Côté isolation, on redécouvre les vertus de ce qu'offre la nature avec la laine de chanvre, de lin, mais aussi de mouton, très performante dans l'isolation des murs ou des combles. Bon isolant thermique et phonique, le chanvre revient en force. Cette plante nécessite peu d'eau, peu ou pas d'engrais et de pesticides et elle peut ensuite être revêtue d'un bel enduit à la chaux. Elle permet de se passer de matériaux à fort coût énergétique, comme le polystyrène. La chaux est un autre matériau intéressant d'un point de vue écologique : produite par la cuisson de calcaire plus ou moins pur dans des fours à très haute température, elle est un liant qui, mélangé à de l'eau, permet de réaliser des mortiers, enduits et autres badigeons. Leur grand plus : les enduits à la chaux laissent respirer les murs, présentent des qualités antiseptiques et permettent d'assainir les endroits humides. Utilisé pour construire l'ossature de la maison, le bois présente de belles qualités d'isolation thermique : à épaisseur de mur identique à celle d'une maison conventionnelle, on économisera jusqu'à 50 % d'énergie de chauffage. Totalement recyclable, le bois est l'un des matériaux de construction les plus écologiques, à condition bien sûr d'éviter les bois exotiques, dont l'exploitation dégrade les forêts lointaines et dont le transport coûte cher. Il faut au contraire veiller à se tourner vers des bois locaux, provenant de forêts gérées de manière durable et responsable. Autre principe simple de l'habitat bio : plus les matériaux sont près, moins on dépense d'énergie pour leur transport ! Ainsi, l'utilisation de bois locaux pour réaliser l'ossature des maisons est la moins gourmande en énergie. A portée égale, les bois locaux consomment cinq fois moins d'énergie que le béton et vingt fois moins que l'acier. L'association entre techniques de construction héritées du passé et progrès du présent, permet donc d'aller vers les maisons de demain, répondant aux besoins modernes tout en respectant l'environnement ! Camille Rivier


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