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3 questions à Jean-Yves Mano - Adjoint au maire de Paris, chargé du logement

“Nous allons élargir les conditions d’obtention du prêt Paris logement”

3 questions à Jean-Yves Mano - Adjoint au maire de Paris, chargé du logement
3 questions à Jean-Yves Mano - Adjoint au maire de Paris, chargé du logement

Indicateur Bertrand : Le nombre de logements neufs mis sur le marché ne cesse de diminuer, pour atteindre environ 700 unités en 2005. Cette situation va-t-elle perdurer ?


Jean-Yves Mano : Ce volume ne devrait en tout cas pas diminuer, d’autant plus que les promoteurs arrivent toujours à dénicher quelques perles rares. La construction neuve est liée à l’aménagement des terrains disponibles. En 2001, nous sortions d’une période où l’urbanisme consistait à ne rien faire. Avec l’aménagement de Rungis, de Paris Rive Gauche et des Zac que nous avons créées, nous avons un potentiel de 12 000 logements. Au-delà, la ville déjà construite et enserrée dans 105 km2, ne pourra que se reconstruire sur elle-même. Bertrand Delanoë a bien l’intention de faire avancer le débat sur la construction de tours à Paris. Concernant le logement social, nous en fournissons actuellement 4 000 par an, un tiers en acquisition-rénovation, deux tiers en réhabilitation lourde et construction. Nous aurons produit 25 000 logements sociaux lors de notre premier mandat. Le logement locatif est en outre une donnée essentielle pour maintenir la tradition de Paris comme ville de passage et de brassage.


I. B. : En accession privée, le gros du marché atteint 6 500 à 8 500 €/m2 dans le neuf. De quels moyens disposez-vous pour limiter la montée des prix ?


J-Y. M. : C’est un signe que le marché n’est pas prêt de se retourner, mais c’est aussi un indicateur qu’hélas, il n’a pas atteint un plafond. Légalement, la ville ne peut pas intervenir au-delà du plan local d’urbanisme. Nous pratiquons 25 à 30 préemptions d’immeubles entiers appartenant à des institutionnels et des sociétés foncières. Elles nous permettent de mettre sur le marché entre 500 et 600 logements sociaux chaque année. Dans le 16e arrondissement, nous avons ainsi récemment pu acquérir un immeuble vendu par une mutuelle 3 500 €/m2, je ne vois pas pourquoi nous nous en serions privés. Nous avons enfin et surtout l’arme de la persuasion. Les professionnels ont compris leur intérêt à venir nous présenter leur projet avant de déposer un DIA, essentiellement pour se protéger contre une préemption.


I. B. : Dans les secteurs déficitaires en logements sociaux, les constructions de plus de 1 000 m2 doivent comprendre 25 % de logements sociaux. Cette disposition a-t-elle un impact sur l’ensemble du marché ?


J-Y. M. : Elle contribue déjà à rééquilibrer la répartition privé/social. Au-delà, je pense en effet que c’est un facteur de modération et cela a d’ailleurs été confirmé par certains promoteurs, par exemple Kaufman & Broad. Nous allons en outre élargir les conditions d’obtention du Prêt Paris Logement, qui n’était plus en adéquation avec les prix actuels de l’immobilier. Cette disposition, cumulable avec le Prêt à taux zéro proposé par l’Etat, concerne prioritairement les premières acquisitions.


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