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3 QUESTIONS À ARNAUD DUTHEIL, Directeur du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Haute-Savoie

“Pour une prise de conscience environnementale”

3 QUESTIONS À ARNAUD DUTHEIL, Directeur du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Haute-Savoie
3 QUESTIONS À ARNAUD DUTHEIL, Directeur du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Haute-Savoie

Indicateur Bertrand : Quelles sont les tendances actuelles de la construction en montagne ?


Arnaud Dutheil : On note une nouvelle dynamique des promoteurs et en particulier de ceux qui gèrent des sites. Dans un contexte de fréquentation moindre des stations de ski, à une époque où la pratique de masse est terminée, ils se repositionnent sur des produits haut de gamme : la nouvelle clientèle ne se contente pas de skier, elle veut aussi recevoir des amis, partager des spécialités locales autour d'une grande table. Elle est donc plus gourmande en surface. Les structures construites il y a 30 ans sont réaménagées pour répondre à cette nouvelle demande. On abandonne les studios cabines pour des logements plus grands. Pour retrouver un équilibre en terme de nombre d'offres, des opérations neuves sont relancées. Des services sont développés dans la même exigence d'associer d'autres loisirs à celui de skier.


I. B. : Et en terme d'architecture, on note aussi une évolution...


A. D. : Si le 20e siècle a vu se développer des architectures affirmant résolument leur modernisme, c'est une tendance "folklorisante" qui s'impose aujourd'hui. Cela pose une vraie difficulté : au lieu de chercher à proposer un environnement fort, on part de l'attente des gens pour aboutir à l'image d'Epinal du chalet de montagne orné de dentelles de bois qui ne correspond à aucune réalité. L'architecture traditionnelle est différente d'une vallée à l'autre. Le principe commun est un soubassement en pierre, qui correspondait à l'espace de services, avec au-dessus l'espace de vie en bois, au premier étage le lieu d'habitation, au second le foin et éventuellement à l'arrière une étable. Les produits actuels proposent des pierres apparentes, des poutres, des proportions différentes sur les fenêtres, les espaces qui n'ont rien à voir avec cette tradition. Le risque, selon moi, est de tuer la poule aux oeufs d'or : si on ne contrôle pas la construction, les villages de montagne perdront leur identité pour ressembler à des banlieues. Des communes prennent conscience de ce risque. Aux Gets, par exemple, on n'accorde plus de permis de construire. A Samoëns, ils sont gelés pour des questions d'assainissement


I. B. : Des mesures sont donc prises pour maîtriser la promotion immobilière ?


A. D. : C'est l'objet d'une réflexion permanente, notamment parce que le ski représente un véritable enjeu économique. Ces dernières années, il y a eu une prise de conscience environnementale. Cela concerne les ressources en eau, pour lesquelles la demande est très forte quand en plus elle est pompée pour la neige artificielle. Cela concerne aussi l'assainissement, compliqué en montagne ou encore les risques naturels (avalanches, glissements de terrain). Les élus ont également pris conscience que le paysage se transforme rapidement. Les négociations avec les promoteurs sont donc plus poussées, pour parvenir aux projets les plus cohérents possibles.


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