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Yvelines : le privilège de la qualité de vie

Il fait bon vivre dans ce département riche en emplois, en infrastructures et en espaces boisés. Son offre immobilière résidentielle allie modernité et bel environnement.

Yvelines : le privilège de la qualité de vie
Yvelines : le privilège de la qualité de vie

Après que les enfants ont quitté le nid, il est courant de revendre la maison devenue trop grande et de s’offrir le nec plus ultra: un appartement au dernier étage avec la terrasse la plus grande qui soit. Histoire de savourer le petit déjeuner en plein air, sous le soleil du matin. En temps normal, la bataille est rude pour être le premier à réserver ces appartements neufs au sommet, souvent en duplex. Mais par les temps qui courent, l’immobilier peine à reprendre son souffle. Une offre haut de gamme attend donc encore preneurs, et les Yvelines apportent leur quote-part dans ce domaine.

Saint-Germain-en-Laye et Versailles

A Saint-Germain-en-Laye, dans le quartier remis en valeur de la Lisière Pereire (voir interview page suivante), un 4-pièces en duplex de 97 m2, avec une terrasse de 95 m2 exposée au sud-ouest, coûte 780000 euros. «La vue sur la forêt sera bluffante », prévient la négociatrice des Nouveaux Constructeurs. Le prix moyen dans cet ensemble de six bâtiments, dont quatre sont en commercialisation, s’élève à 6300 euros/m2. La Villa Baronne Gérard, près de la place du Marché, affiche un tarif légèrement plus ambitieux de 7500 euros/m2, mais sur un emplacement central. Le dernier étage terrasse s’enlève à 1,3 million tandis que le rez-de-jardin de 4-pièces en terrasse frôle 850 000 euros. Dans cette petite copropriété de 25 appartements, les acquéreurs sont saint-germanois, en provenance des communes voisines ou parisiens. Etrangers et expatriés sont aussi friands de la cité, où fleurissent, ainsi qu’alentour, bon nombre d’écoles internationales. Par contre, du côté des investisseurs, c’est quasiment le désert. Il n’y a pas foule dans les bureaux de vente. Les prix, au-delà du plafond réglementaire du régime Pinel (5 500 euros/m2), encouragent peu l’amortissement fiscal. Proche de Saint-Germain-en-Laye et membre de la même communauté de communes, Louveciennes présente une offre neuve assez étoffée, tout au moins davantage qu’à l’accoutumée.

Des valeurs à 5 000 €/m2

La majorité des programmes se localisent en bordure de la route de Saint-Germain, où les «Plains Champs » sont promis à une urbanisation sous forme d’écoquartier. Le Domaine Sisley s’est lancé fin mai. Sur le même site, la deuxième tranche d’Impressions (Vinci Immobilier/Ogic) aborde le marché avec des surfaces plus petites que dans la phase précédente. Les valeurs démarrent à près de 5000 euros/m2 en collectif et à 484 000 euros en individuel. A proximité du centre-ville, Icade annonce un nouveau projet. Bon nombre de promoteurs font les yeux doux aux investisseurs. Mais il ne faut pas oublier que la ville se situe en zone A et non A bis. Le loyer Pinel sera par conséquent plafonné à 12,42 euros/m2. Ceci étant, entre Louveciennes et ses propriétaires, ce n’est pas qu’une question d’argent. Certes, ce lieu de résidence de la comtesse du Barry a changé depuis les années 1970, douce époque durant laquelle le comte de Paris vivait dans son manoir de la côte du Coeur-Volant. Pour autant, cette petite commune, hôte de la forêt de Marly, conserve son cachet. Des propriétés cossues sont en vente à 1,7 million et plus, et ne tardent pas trop à trouver preneur. 65% des Louveciennois jouissent du privilège d’être propriétaires et disposent d’un revenu annuel des plus confortables, dépassant 65000euros (et ce n’est qu’une moyenne!). En comparaison, Saint-Germain approche de 50 000 euros et Versailles d’un peu moins. Versailles, justement, prend la tête du top 5 des communes des Yvelines les plus onéreuses à l’achat. D’après le palmarès de l’immobilier neuf dressé par l’Adil 75, le mètre carré de l’offre neuve disponible à Versailles cote 8333 euros. Suivent Le Vésinet, Saint- Germain, Maisons-Laffitte puis Le Chesnay, aux environs de 7000 euros.

Une clientèle exigeante

La spectaculaire restauration de l’hôpital Richaud et la construction de plusieurs dizaines d’appartements, réalisée par Ogic, contribue sans conteste à élever la moyenne. Malgré des valeurs hors normes pour Versailles, les deux tranches de logements privés se sont vendues sans problème, et il ne restait qu’un grand 7-pièces début mai. Une copropriété de 30 lots se positionne à 5900 euros le mètre carré : le Saint-Symphorien, dans le Village Montreuil. Pour moitié, les appartements sont des cinq et six-pièces avec terrasse plein ciel de 100 m2 au dernier étage. Démarrée voici trois mois, la commercialisation est à moitié achevée. A Versailles, les délais de vente sont souvent plus longs que d’ordinaire, mais un programme parvient toujours à son terme, comme dans la capitale. « C’est une clientèle exigeante qui a besoin de plus de temps pour franchir le pas », justifie Gianni Franchitti, promoteur du projet. Près de Versailles, des programmes sont sur les rangs à Viroflay, valorisés par la mise en service en 2016 du tramway Châtillon-Viroflay. Très attendu au Vésinet, l’écoquartier du parc Princesse va se fondre dans le parc de l’hôpital, monument historique datant de 1850. Sont prévus 400 logements, dont 260 privés. La requalification des hôpitaux en quartiers habités a la cote dans les Yvelines comme à Paris, où les réaménagements de Laennec, Boucicaut et Broussais ont donné le ton.

Autour de Saint-Quentin

Dans les Yvelines coexistent trois marchés immobiliers. Le plus résidentiel englobe le territoire de Versailles et Saint-Germain jusqu’aux Hauts-de-Seine. Le second, plus populaire, longe au nord la vallée de la Seine en arrimant le Mantois. Des prix de 3000 euros/ m2 incitent à une primo-accession, dont les remboursements mensuels équivalent à un loyer. Entre ces deux marchés, Saint-Quentin-en-Yvelines conserve des valeurs intermédiaires de 4500 euros/m2. Cette ancienne ville nouvelle comprend sept communes, avec Voisins-le-Bretonneux, Magny-les-Hameaux, Montigny-le-Bretonneux, Trappes, La Verrière et Elancourt. La loi imposant aux intercommunalités de regrouper plus de 200000habitants au 1er janvier 2016, cinq communes vont les rejoindre: Plaisir, Les Clayes-sous-Bois, Villepreux, Maurepas et Coignières. L’agglomération de 146000 habitants jouera donc dans la cour des plus grands, avec désormais 230000 habitants. Durant des années, la bâtisseuse fut Montigny, passée de 1000 habitants en 1970 à 34000 de nos jours.

Des valeurs à 4 500 €/m2

Guyancourt prend désormais le relais, particulièrement dans la Zac Villaroy, près du Technocentre Renault, un des quartiers recherchés de l’agglomération. C’est ici que Demathieu Bard implante Côté Jardin. Le projet, à l’architecture attrayante, retient aussi l’attention parce qu’il «mixe » 18 logements en accession libre, des produits sociaux ou aidés, un hôtel, des commerces et une maison de santé de quinze cabinets médicaux. Un petit quartier à lui tout seul. Cette mixité fonctionnelle lui a valu d’être couronné d’une Pyramide d’argent régionale 2015, le trophée décerné par la Fédération des promoteurs immobiliers. Le prix moyen atteint 4500 euros/ m2, avec parking, démarrant en appartement à 210000 euros. Sur les six maisons de ville qui valent au mieux 430000 euros, quatre étaient retenues début mai. La «mixité », ce concept à la mode, a fait partie de la culture de Saint-Quentin dès l’origine. La population est populaire ou cadre. L’habitat se partage entre collectif à 65% et individuel à 45%, Voisins-le-Bretonneux étant la plus pavillonnaire. Si le marché de l’individuel groupé n’est guère actif en ce moment, deux programmes sont sortis à Elancourt: le Clos de la Villedieu, près du parc de la Commanderie des Templiers et du centre-ville (dès 282000 euros) et Harmonie Village, des maisons de 100 m2 sur terrain de 500 m2, entre 398000 et 458000 euros. Au Mesnil-Saint-Denis, en lisière de Saint-Quentin et dans le parc régional de la haute vallée de Chevreuse, le promoteur-constructeur CFH a mis sur plans un programme de 38 maisons et 23 appartements, dont 21 maisons disponibles dès 378000euros. Quatorze modèles sont proposés, aux architectures diverses. En majorité, les acquéreurs travaillent à Saint-Quentin.

Le grand pari des Yvelines

Le Grand Paris poursuit le dessein colossal de transformer Saclay en campus urbain scientifique et économique, comparable à la Silicon Valley californienne. Le périmètre inclut le plateau de Saclay, en Essonne, mais aussi Versailles, Saint-Quentin et Vélizy, qui possèdent des pôles universitaires et économiques. A Versailles, un grand projet démarre. Sur les 300 hectares du plateau de Satory, libérés par le ministère de la Défense, va s’élever le huitième quartier de la ville. A terme, l’enjeu est de créer 4 000 à 5 000 logements, des activités en R & D et tertiaire et 13 000 emplois. Actuellement, les appels d’offre s’enchaînent. Le paysagiste Michel Desvigne a été désigné pour tracer un environnement dans la continuité des allées historiques du château. Egalement dans le cadre du Grand Paris, le gouvernement a retenu 33 sites en vue d’édifier les 70 000 logements par an en Ile-de- France. Dans les Yvelines, il s’agit, entre autres, du pourtour des hippodromes de Maisons- Laffitte et de Rambouillet, de la plaine de Montesson et de terrains de caserne de Saint-Germain. Autant dire que la densification promise à ces villes résidentielles a provoqué un tollé de certains élus locaux yvelinois. Tant et si bien que, lors du congrès des maires d’Ile-de-France en avril, Manuel Valls a calmé le jeu. La liste des sites serait arrêtée en septembre, a-t-il promis, mais, cette fois-ci, après consultation des parties prenantes locales. Suite et rebondissements, sûrement, dans quatre mois.

 

En chiffres :

  • 4 431 euros/m2. C’est le prix moyen d’un appartement neuf (+ 3 % sur un an)
  • 4 102 euros/m2. C’est le prix moyen d’une maison neuve (+ 3 %)
  • 2050 appartements neufs disponibles (+ 8 %)
  • 180 maisons neuves en vente (- 7 %)

Source : Adil 75, fin février 2015.

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