Richard Ferrer : "Le Bim est un nouvel eldorado"

Du 6 au 7 avril 2016 se tiendra le BIM World, la grande rencontre internationale des professionnels de la modélisation 3D dans la construction. Trois questions à Richard Ferrer, président du salon.

Richard Ferrer : "Le Bim est un nouvel eldorado"
Richard Ferrer : "Le Bim est un nouvel eldorado"

La Défense (92) sera bientôt la capitale mondiale de la construction digitale. Du 6 au 7 avril 2016 se tiendra le BIM World, la grande messe de la modélisation numérique internationale, en partenariat avec Explorimmo. Pour la première fois, la rencontre abordera la question des services qui se structurent autour des maquettes virtuelles décrivant les ouvrages. Le Bim (building information modeling), plus qu’un phénomène de mode est une innovation majeure pour le secteur du bâtiment. Il met en relation tous les acteurs d’un projet immobilier autour d’un modèle 3D, enrichi à partir des données échangées entre professionnels. Le président de cette seconde édition, Richard Ferrer, nous en dit plus sur cette technologie censée révolutionner l’immobilier.


Explorimmoneuf : En quoi cette seconde édition du BIM World sera-t-elle différente de la précédente ?

Richard Ferrer : Tout d’abord, nous gagnons en place. Nous passons d’une surface d’exposition de 2 000 m² l’an dernier à 6 500 m². Près de 110 sociétés présenteront leurs innovations et il y aura beaucoup plus de conférences que l’an passé, pour explorer les applications du BIM pour tous les professionnels mais aussi les sujets liés comme le smart building, la smart city, la réalité virtuelle et augmentée ou encore les serious games.


Explorimmoneuf : On entend dire que le BIM pourrait révolutionner notre façon de construire des logements. En quoi ?

Richard Ferrer : Tout va dépendre de ce que l’on met dans cet acronyme. Oui, il s’agit d’une maquette virtuelle qui sert principalement aux acteurs en charge de la construction d’un bâtiment. Mais on sait maintenant que cette maquette 3D très documentée va suivre l’immeuble, tout au long de sa vie. Beaucoup parle déjà de "Building information management" ; on parle aussi de maquette dynamique et connectée qui va vivre le bâtiment car à terme, c’est l’appartement que l’on pourra contrôler grâce à cette technologie, ou les objets connectés à l’intérieur. Sans parler de la gestion énergétique de l’ensemble d’un parc immobilier. Il y a également la dimension économique.

Aujourd’hui, sur un chantier, lorsque vous montez un escalier à l’envers, il faut tout refaire. Avec le BIM, l’erreur est détectée en amont, et corrigée de suite. Cela impactera les frais d’assurances dans la construction mais créera aussi une «survaleur numérique » une fois que tous les promoteurs utiliseront cet outil. Que l’on aura défini les normes qui encadrent l’usage par les professionnels. A terme, il devrait également avoir une économie sur les coûts de construction et de fonctionnement ; Reste à savoir si les promoteurs reporteront les économies réalisées sur le prix des logements...

Explorimmoneuf : Les textes prévoient déjà que la construction en BIM puisse être rendue obligatoire pour les marchés publics dès 2017. Une extension à l’ensemble des constructeurs dans les années à venir vous paraît envisageable ?

Richard Ferrer : Je pense que les promoteurs privés iront plus vite que la législation. Mais je comprends les inquiétudes de certains. Car avant de réaliser des économies, il va falloir dépenser de l’argent, que ce soit en formation ou pour acquérir ladite technologie. C’est tout un mode d’organisation qu’il faut repenser. Il est également à craindre que certains emplois disparaissent. Mais je reste persuadé que le BIM est un nouvel eldorado et qu’il représentera, à l’avenir, un vivier de nouveaux postes qui restent à imaginer.

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