Paris Open : faire des logements neufs avec de vieux bureaux

Trois ans de travaux et plusieurs dizaines de millions d’euros auront été nécessaires pour réaliser cette opération de transformation titanesque. Découverte.

Paris Open : faire des logements neufs avec de vieux bureaux
Paris Open : faire des logements neufs avec de vieux bureaux

Depuis quelques semaines, les logements de l’ancien immeuble de bureaux, le Palatino, sont en cours de livraison. Ce bâtiment de 18 étages, situé dans le quartier Masséna au cœur du 13ème arrondissement de Paris, accueille désormais une résidence étudiante de 342 places et 201 appartements en accession à la propriété. Le prix au m² pour ces derniers avoisine les 9 500 € en moyenne, soit des studios à 309 000 € ou des T2 à 430 000 €.


Une restructuration de grande ampleur, pour une tour chargée d’histoire. Bâtie en 1971, le building a toujours fait figure d’ovni dans le quartier parisien.





Le 13ème regorge aujourd’hui d’immeubles d’habitations, tous plus ou moins élevés. Le Palatino, du haut de ses 63 mètres, était la seule construction de grande envergure consacrée aux bureaux. À l’époque, c’est l’architecte Jean Sebag qui s’était chargé du design de l’édifice.


Seconde peau pour la tour

Sur le plan architectural, peu de modifications ont été apportées à la structure d’origine. On reste sur une forme horizontale, mais cette fois, recouverte d’une sorte de seconde peau : "Les écailles de la façade, composées de facettes inclinées, reflètent le soleil au gré des heures et des saisons et confèrent au bâtiment son aspect singulier", précise Eric Chabeur, architecte sur cette rénovation.

Les logements répondent tous au label BBC effinergie rénovation et possèdent les mêmes qualités énergétiques que des appartements neufs. Les appartements sont vastes. Les studios s’étendent sur une trentaine de m² et les T2 sur près de 50 m².

Un chantier complexe

Si aujourd’hui tous se félicitent de cette transformation, les travaux en amont n’ont pas été faciles pour l’équipe d’Eiffage, en charge du programme. Le promoteur acquiert le permis de construire à partir de décembre 2011 pour 38 millions d’euros. Mais durant la construction, les taxes pleuvent : "Le ministère de l’Économie et des Finances nous a réclamé, durant les trois années de travaux, de lui payer une taxe sur les bureaux, alors que nous étions en train d’en faire des logements", nous confiait il y peu Philippe Plaza, directeur général d’Eiffage Immobilier.

Sans compter les 10 millions d’euros dépensés dans le désamiantage des lieux : "La règlementation sur le désamiantage n’arrête pas d’évoluer et est de plus en plus contraignante. Une nouvelle norme est entrée en vigueur à partir du mois de juin. Je dois vous avouer que si nous avions dû nous y soumettre, nous n’aurions jamais pu réaliser cette transformation", précise Philippe Plaza.

Toutefois, ces opérations semblent encore intéresser le constructeur. Eiffage immobilier travaille actuellement sur la transformation d’un bien partiellement classé, à Marseille : le site historique de la SNCM. L’objectif est de produire du logement haut-de-gamme, avec des prix de sortie avoisinant les 4 000 € à 9 000 € le m². Chantier à suivre.

Crédit photo Eiffage immobilier

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