Immobilier : le stade du Ray jouera-t-il les prolongations ?

PHOTOS. Le stade niçois devrait faire place à un important complexe immobilier vert. Une réalisation où la nature est reine, signée Edouard François, mais qui ne semble pas plaire à tout le monde.

Immobilier : le stade du Ray jouera-t-il les prolongations ?
Immobilier : le stade du Ray jouera-t-il les prolongations ?

Après avoir fait vibrer Niçois et Niçoises amateurs de football, le stade du Ray va tirer sa révérence. 4 ans après le dernier match opposant Montpellier à l’équipe de Nice, la requalification du terrain de football paraît imminente. Ce dernier devrait se muer, dans les années à venir, en un écoquartier d’une grande ampleur, avec un parc paysager, quelques 6 000 m² de commerces et 350 logements, dont une part d’habitation à loyers modérés. "Nous allons rendre cet espace à la ville et à ses habitants", nous confie, enthousiaste, Edouard François, en charge de l’aménagement du site avec l’équipe d’ABC Architecte pour Vinci immobilier, Logirem et ADIM.


Car le projet est ambitieux. Créer un nouveau poumon vert, inspiré de la topographie du paysage niçois où la végétation propre au climat méditerranéen reprend ses droits. Les immeubles seront recouverts de plantes grimpantes florifères, choisies pour leur vigueur et leurs senteurs. "Des végétaux qui poussent en 4 à 5 mois", souligne Edouard François. "Les habitants verront très vite les résultats. Nos détracteurs prétendent que notre projet est infaisable et nous comptons bien leur prouver le contraire".


Il faudra toutefois être patient pour voir le site au summum de sa beauté : "Les arbres n’arriveront à maturité que dans une dizaine d’années. Mais vous voyez, c’est ce qui est bien avec la nature. Tout se bonifie avec le temps." Loin d’une simple prouesse visuelle, la prolifération de la flore permettra de créer un micro climat avec des zones d’ombres durant l’été.


Des appartements spacieux et modulaires


Les premiers coups de pioches, si aucun recours n’est déposé, devrait démarrer dès 2017 pour une livraison de l’ensemble en 2019. Les logements seront "dans les prix de ce qui se fait à Nice", assure l’architecte, avec une spécificité pour certains d’entre eux : la flexibilité. "La ville est connue pour avoir des appartements chers et peu spacieux. Nous voulons miser sur la modularité des logements. Faire en sorte qu’il soit possible d’agrandir demain son habitat", indique Edouard François.


Une place importante sera également donnée aux balcons car, "à Nice, on vit aussi sur sa terrasse", s’amuse-t-il. "Une construction en intérieur d’ilot sera soulevée et mise sur pilotis pour élargir et étendre la présence de la nature. Les espaces libérés en-dessous de cet objet de jardin seront accessibles, ouverts au public, pour de nouvelles activités domestiques et ludiques", ajoute-t-il. Sans oublier des zones réservées à l’agriculture urbaine.


Un passé toujours présent


Mais le projet, aussi impressionnant soit-il, ne fait pas l’unanimité chez les habitants. Sur Change.org, une pétition appelle à "préserver la mémoire du stade du Ray". Pour certains riverains, le projet d’Edouard François "occulte" la mémoire du stade et l’OGC Nice : "Nous refusons cet oubli. L’âme sportive du Ray doit être préservée et valorisée. Le Ray fait partie du patrimoine immatériel des Niçois et des Niçoises." D’autres, sur Facebook, jouent la carte de l’ironie comme dans ce message laissé sur la page "Avenir du Ray" : "Ecoquartier. Traduction, ils ont mis les murs végétalisés. La grande mode. Des espaces verts sur dalles on s'en doutait, mais verticaux, en plus c'est pratique. Surtout pour les fraises."


Pourtant, le cabinet d’Edouard François se refuse à faire table rase du passé footballistique : "Tout d’abord la pelouse d’origine sera conservée. Ensuite, nous cherchons à élaborer des clins d’œil. Peut-être planter des arbres à la manière des joueurs durant l’un des matches les plus mythiques qui se soit déroulé dans le stade. Les grandes figures sportives comme les événements marquants de son histoire pourront faire l’objet d’interventions d’artistes - images, sculptures ou installations…"


Lorsque nous abordons la menace du recours, l’architecte se dit confiant : "Il s’agit d’un grand ensemble, avec des commerces et de places de parking. Si une personne veut déposer un recours, c’est contre tous les éléments du programme qu’elle doit le déposer." La balle est désormais dans le camp adverse.



Crédit photo : Edouard François

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