Construction neuve : une reprise encore sous conditions

Si le secteur reprend des couleurs c’est essentiellement grâce aux dispositifs mis en place par le gouvernement. De nombreuses menaces planent encore, faisant craindre un retour en arrière.

Construction neuve : une reprise encore sous conditions
Construction neuve : une reprise encore sous conditions

Sortie de crise pour le secteur de la construction ? La question mérite d’être posée. En huit ans, comme le rapporte la Fédération française du bâtiment (FFB), la branche a connu l’une de ses plus terribles récessions depuis… la Seconde Guerre mondiale. Mais l’amorce d’une reprise semble poindre, à en croire les chiffres de l’immobilier neuf.


Dès 2015, l’accélération de la production de crédits immobiliers aux ménages, hors renégociations, annonçait déjà la couleur. + 27 % pour l’ensemble des emprunts et + 35 % pour le seul segment du neuf. "Les ventes de logements ont connu une vive accélération en 2015 et sur le début 2016. Du côté des constructeurs de maisons individuelles, elles augmentent de 13 % en glissement annuel sur 12 mois à fin janvier 2016. Pour les promoteurs, elles progressent de 18 %", précise la FFB.


Les volumes de logements autorisés et commencés, en glissement annuel sur les trois derniers mois (décembre 2015 à fin février 2016) croissent respectivement de 31 % et 9 %. "Pour le collectif, à la fin février 2016, on relève qu’en termes de mises en chantier, les glissements annuels sur trois, six, neuf et douze mois affichent des hausses de 6 %. Quant aux permis autorisés, ils connaissent une nette accélération, passant de + 11 % en glissement annuel sur douze mois à + 28 % sur trois mois", ajoute la FFB. Mais la tendance est toute autre dans l’individuel. Les mises en chantier, sur la même période, reculent de 2 % et les permis délivrés ne progressent que de 3 %.


Un secteur au crochet des aides de l’État


Ce début de reprise est intimement lié à la mise en place des différents dispositifs d’aides à la construction du gouvernement, du propre aveu de la fédération. "Il importe surtout de ne pas casser ce qui marche. Qu’il s’agisse du dispositif "Pinel", du PTZ renouvelé de 2016, de l’éco-prêt à taux zéro ou du Crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), ainsi que la possibilité de les cumuler, ou bien encore du programme "Habiter mieux", ces mesures participent toutes, et parfois fortement pour le logement neuf, à l’amélioration relevée."


Qui plus est, si le neuf retrouve de la vigueur, le secteur de l’amélioration-entretien ne parvient toujours pas à se relever. "Le recul s’observe notamment sur le marché du locatif privé. La logique de l’investissement voudrait que des travaux soient régulièrement engagés, au moins pour maintenir la valeur du capital. Force est cependant de constater que la part de relocations après travaux a fortement reculé en 2014 et 2015, pour atteindre son plus bas historique depuis la fin des années 1990", souligne la FFB.



Une reprise "sous conditions"


La relance de la construction n’est toujours pas de nature à s’installer dans le temps. Outre la crainte de la fin prochaine de certaines aides comme le Pinel cette année ou encore le prêt à taux zéro, fin 2017, un autre facteur inquiète le secteur. Il s’agit des préconisations du Comité de Bâle, chargé de superviser le contrôle bancaire à l’échelle européenne. Parmi ses recommandations, l’organisme souhaite l’instauration en France de taux variables à la place des taux fixes, faisant ainsi porter l’essentiel du risque, en cas d’emprunt, sur le particulier et non plus sur la banque.







La FFB en appel donc à réunir l’ensemble des acteurs de la construction pour soutenir cette amorce de reprise : "L’une des conditions de cette reprise réside donc bien dans la mobilisation de toute la filière : sans prise de risque plus importante des banquiers, des assureurs-crédits, mais aussi des fournisseurs, elle pourrait se trouver contrecarrée par l’absence de solution de préfinancement des chantiers." Reste à savoir si elle sera entendue.

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