Bruno Fortier

Après Paris Rive Gauche, l'urbaniste Bruno Fortier est désigné pour coordonner Ivry Confluence.

Bruno Fortier
Bruno Fortier

Expert de l'habitat durable rhônalpin, l'architecte Thierry Roche gagne du terrain dans l'Hexagone.



Aux aurores chaque matin et durant le week-end, vous avez toutes les chances de trouver Bruno Fortier dans son agence, en train de mûrir le futur tracé d'une ville. “Je n'ai pas le choix”, justifie cet architecteurbaniste, dont le planning s'avère très chargé : réaménagement de l'île Feydeau du centre de Nantes, du plateau des Capucins à Brest, des jardins Albert 1er de Nice, de l'un des quartiers Airbus de Toulouse…


À Paris, il coordonne l'urbanisme de l'un des secteurs de Paris Rive Gauche et assure l'architecture de la fameuse rue Watt, qui inspira une chanson à Boris Vian. Une petite rue de 500 mètres de long, sous la gare d'Austerlitz, d'où sortiront du sol une quarantaine de colonnes du designer Sylvain Dubuisson, rappelant les anciennes colonnes doriques du site. Bruno Fortier a fondé son agence voilà près de vingt ans, après avoir passé quelques années à l'Institut français d'architecture, puis dans l'enseignement. Aucune tradition familiale derrière lui puisque son père, réalisateur à France Culture, ne s'enthousiasmait guère pour l'architecture. Ce fut la ville de Nantes qui scella son destin, en lui confiant l'aménagement du cours des Cinquante-Otages. Un coup d'envoi surprenant, qui permit de lancer une agence de dix collaborateurs, installés dans le Marais et dont l'activité phare demeure l'urbanisme.


Selon Bruno Fortier, les mutations urbaines s'opèrent hélas à deux vitesses. D'une part, en haut de l'échelle, une “urbanisation sophistiquée” préserve l'existant des centres-villes.


Parallèlement, des “extensions trop vite faites” sont réservées aux populations plus modestes de périphérie. “On ne réfléchit pas assez sur ces grands territoires périphériques, dont les lotissements restent très médiocres, déplore-t-il. La ville du futur se bâtira en reconstruisant la ville sur la ville, mais aussi en l'étendant”.


Un principe que le maître d'oeuvre mettra en pratique dans la restructuration du quartier Gambetta d'Ivry, rebaptisé Confluence. “Nous essaierons de créer un quartier aussi subtil queMasséna Nord”, anticipe-t-il.


L'un des paris du Grand Paris.



REPÈRES


1946 : Naissance à Paris 16e


1971 : Obtient son diplôme d'architecte DPLG des Beaux-Arts de Paris


1991 : Fonde son agence (associé à l'ingénieur Thierry Bloch)


2002 : Lauréat du grand prix de l'urbanisme (cours des Cinquante-Otages et île Feydeau, recomposition des bassins du Havre et du littoral de Menton)


2006 : Remporte l'étude de définition du plateau des Capucins, au-dessus de la rade de Brest : requalification des bâtiments de l'Arsenal (aussi vastes que le centre Georges-Pompidou, à Paris), et création d'un quartier d'environ 800 logements


2008 : Mention spéciale des Trophées de l'aménagement urbain (place Masséna, livrée en 2007 à Nice)


En cours : Coordination de Masséna-Chevaleret (Paris Rive Gauche, 13e)

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