Aquitaine-Limousin-Poitou- Charentes, terre d’attraction

Rassemblant 3 régions et 12 départements, c’est un véritable poids lourd de l’économie nationale. Malgré quelques disparités, le territoire devrait être dopé par d’importants projets ferroviaires dès 2017. Un bon point pour les investisseurs.

Aquitaine-Limousin-Poitou- Charentes, terre d’attraction
Aquitaine-Limousin-Poitou- Charentes, terre d’attraction

Avec 5,8 millions d’habitants, soit 13 % de la population française, la nouvelle région se place désormais en 4e position des régions les plus peuplées. Mais, en termes de croissance démographique, elle ne se place qu’en 7e position (+13 % entre 1990 et 2014). Et avec l’industrie agroalimentaire, la production viticole, le tourisme et les services, la région offre un tissu économique très diversifié. Elle mise aussi sur l’économie de la connaissance. « Ces leviers innovants de création de valeur – transports, laser, aéronautique… – devraient permettre de renforcer une croissance inférieure à la croissance nationale, puisqu’elle est de 1 % entre 2007 et 2012 contre 1,8 % au niveau national », indique l’étude réalisée par le Crédit foncier sur les nouvelles régions françaises. Quoi qu’il en soit, son PIB de 158 milliards d’euros lui permet d’accéder à la 3e place après l’Île-de-France et la région Auvergne-Rhône- Alpes. Mais ce PIB s’établit à 27 200 € par habitant, ce qui relègue la région en 7e position.


La LGV prévue pour 2017


Autre point fort de l’Aquitaine-Limousin-Poitou- Charentes : son taux de chômage de 9,6 %, alors qu’il est de 10,4 % pour l’ensemble de la France. Sur ce territoire élargi, l’industrie, la construction et l’agriculture monopolisent 24 % des emplois. Dans l’ensemble, l’emploi a progressé de 0,2 % par an entre 2008 et 2013 et ce, grâce au dynamisme de la métropole bordelaise. La ligne à grande vitesse prévue pour 2017 dope la métropole bordelaise. Et ce n’est pas tout. Alain Vidalies, le secrétaire d’État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, a en effet annoncé fi n 2015 la relance par la France et l’Espagne du projet d’autoroute ferroviaire Atlantique, une liaison essentielle pour le développement durable des échanges de marchandises et le report modal de la route vers le rail. Un projet qui concernera pleinement la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes.


Bordeaux attire les investisseurs


Sur le plan immobilier, un sondage de l’institut CSA pour le réseau Guy Hoquet, place Bordeaux en tête des villes où il fait bon s’installer (35 %), devant Toulouse et Aix-en-Provence (27 %), Montpellier (26 %) et Nantes (21 %). Pas étonnant que les investisseurs s’y bousculent. « Bordeaux a réellement le vent en poupe et on a beaucoup de demandes d’investisseurs locaux mais aussi de Parisiens, attirés par ses facilités d’accès », observe Thomas Lenternier, directeur commercial de Tagerim Promotion. Résultat, entre le 3e trimestre 2014 et le 3e trimestre 2015, la part des investisseurs est passée de 56 à 71 %. Cette bonne tenue des transactions ne doit toutefois pas masquer un repli des ventes totales sur un an (- 11 %) dans Bordeaux Métropole. Selon la FPI (Fédération des promoteurs immobiliers), ce repli est encore plus marqué dans le sud de l’Aquitaine (- 16 %).


Métropole : des prix en retrait dans le neuf


En revanche, dans le bassin d’Arcachon, les réservations ont augmenté de + 8 % sur un an au 3e trimestre. Cette situation est la conséquence de la frilosité des accédants à la propriété, avec des ventes qui chutent de 41 % sur un an. Cette situation n’encourage évidemment pas les promoteurs à lancer de nouvelles opérations et les stocks de logement ne représentent plus que 8,6 mois de commercialisation. Pour autant, les prix n’augmentent plus et sont même en retrait (- 1,2 %) sur la métropole bordelaise, à 3 462 /m2 en moyenne, et de - 5,2 % dans le bassin d’Arcachon. En revanche, ils sont toujours en hausse dans le sud de l’Aquitaine, à 3 904 /m2 (+ 5,6 %). Quelques exemples de programme ? Aux Bassins à flots, à Bordeaux, CA Immobilier propose des appartements de deux à quatre pièces vendus entre 174 700 et 396 000 . Avec un deux-pièces, un investisseur peut tabler sur un rendement de 3,2 %. En revanche, les petits budgets ont intérêt à s’éloigner du centre ; au nord de la ville, ils trouveront par exemple une petite résidence signée Eiffage, dont les trois-pièces de 64 m2 s’affichent à 162 000 .


Poitiers : des accès facilités


Dans l’ex-région Poitou-Charentes, Poitiers, avec ses 87 900 habitants (254 000 pour l’aire urbaine), se prépare à l’arrivée de la LGV. Dès 2017, elle lui permettra de gagner de précieuses minutes sur les trajets vers Paris ou Bordeaux. Pour accompagner cette amélioration, Poitiers a fait de gros efforts pour faciliter les accès à sa gare (notamment avec l’aménagement d’une passerelle). Pour le maire de la commune, la LGV est une opportunité qu’il faut saisir, ne serait-ce que pour attirer de nouvelles entreprises. Il faut dire que Poitiers souffre d’un taux de chômage élevé (17 % intramuros et 11 % pour l’aire urbaine). Heureusement, la ville profite d’un pôle universitaire important (23 000 étudiants dont 4 000 étrangers). Pour autant, les programmes neufs y sont rares. Le promoteur Pierreval propose toutefois deux programmes avec des deux-pièces à partir de 116 000 € et 124 000 €.


Limoges : des résultats contrastés


Autre agglomération d’importance de la nouvelle région : Limoges. Elle compte 137 800 habitants – une population stable intra-muros, mais plus dynamique dans l’aire urbaine. Économiquement, Limoges manque de souffle et affiche un taux de chômage élevé – de l’ordre de 17 % à l’échelle de la ville (12 % dans l’aire urbaine). Résultat : le marché immobilier y est atone, avec très peu de programmes neufs à la vente. Selon le bilan 2014 de l’observatoire de l’immobilier publié par la chambre de commerce et d’industrie, aucun programme de logement neuf n’a été lancé cette année-là et la vingtaine de ventes réalisées concernait des programmes achevés (alors que 100 ventes avaient été recensées en 2013, et 160 en 2012). L’année 2015 ne s’annonce pas meilleure. Si bien que les professionnels se demandent si le manque de demande provient d’une absence d’offre ou l’inverse. Pourtant, les investisseurs semblent friands du dispositif Pinel. Lorsque l’offre existe, les ventes sont à 50 % le fait d’investisseurs. Alors, comment expliquer ce marasme ? Les prix ne peuvent en tout cas pas être mis en cause, le coût moyen au mètre carré étant, selon la CCI, de 2 750 €…

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