Une révolution en marche

"Le secteur du bâtiment est responsable de 25 % des émissions de CO2 et de 42 % de la consommation d'énergie finale en France" constate Michèle Pappalardo, présidente de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). Pourtant, les réglementations thermiques successives ont permis de diviser par 2, voire 2,5, la consommation par mètre carré des logements neufs… De véritables progrès qui n'ont pas empêché la consommation totale du secteur du bâtiment d'augmenter de 30 %. Ce résultat, qui paraît contradictoire, est dû en fait à l'accroissement du parc de logements, mais également à l'élévation du niveau de confort, avec la multiplication d'appareils électroménagers qu'il entraîne et l'apparition de nouveaux besoins, comme par exemple la climatisation, grande consommatrice d'énergie.

Une révolution en marche
Une révolution en marche

Un arsenal réglementaire et législatif.


Et Michèle Pappalardo d'en conclure : "Pour lutter contre le réchauffement climatique, sécuriser les approvisionnements en énergies fossiles et limiter les effets des hausses de prix, l'ensemble des acteurs du bâtiment doit modifier son comportement". Une exhortation confirmée par les dispositions prises au niveau national comme européen. La RT 2005 (réglementation thermique) affirme par exemple l'objectif d'améliorer d'au moins 15 % la performance énergétique des bâtiments neufs. Aux consommations déjà prises en compte auparavant (sur le chauffage, la ventilation et l'eau chaude sanitaire), s'ajoutent désormais le refroidissement et l'éclairage pour tous les bâtiments. Une limite maximale de consommation est également définie, en fonction de la typologie du bâtiment, des zones climatiques et de l'énergie utilisée pour le chauffage. L'accent est mis sur la réduction des déperditions de ventilation et côté chauffage, la référence devient la chaudière basse température, de même que les panneaux rayonnants en matière de chauffage électrique. Le gouvernement français a pour sa part adopté la mise en place à partir du 1er novembre, de diagnostics énergétiques pour les ventes de logement. Et dès juillet 2007, ils deviendront également obligatoires pour les locations. Une façon de faire entrer la dimension énergétique - et donc environnementale - dans les critères de choix et de décision des futurs acquéreurs et locataires.


Une volonté des professionnels.


Mais toutes les incitations gouvernementales ne sont rien si les professionnels ne suivent pas. Or la majorité a désormais conscience que le problème environnemental ne peut plus être ignoré et qu'il faut se poser le problème de construire autrement. Chez tous les grands promoteurs et constructeurs, la réflexion "verte" est intense ! Les directions techniques planchent non seulement sur l'intégration d'énergies renouvelables - principalement solaire - dans les programmes neufs, mais aussi sur les moyens de récupérer les eaux pluviales, l'utilisation de matériaux économes en énergie, etc. Comme le résume Marc Gilli, directeur technique chez Bouwfonds Marignan : "Le problème de la qualité environnementale ne se traduit pas simplement par l'emploi de matériaux et de technologies. La réflexion en amont est primordiale : la situation actuelle exige un raisonnement sérieux sur l'utilisation des différentes énergies et les qualités thermiques et énergétiques d'un bâtiment".


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