TROIS QUESTIONS À JEAN-JACQUES MATHIAS Président du Cecim

“Un rééquilibrage s’opère, avec une offre plus abondante”

TROIS QUESTIONS À JEAN-JACQUES MATHIAS Président du Cecim
TROIS QUESTIONS À JEAN-JACQUES MATHIAS Président du Cecim

Indicateur Bertrand : Le marché de la région lyonnaise résiste bien, semble-t-il ?


Jean-Jacques Mathias : Fin avril, les ventes de logements collectifs ont en effet progressé de 3 % par rapport à la même période de l’année passée. Par contre, tous les dossiers n’ont pas abouti et le taux d’annulation s’est montré plus élevé, parce que les promoteurs ont commercialisé davantage de produits à TVA à 5,5 % ouvrant la voie aux primo-accédants. Or, ce type de clientèle a la volonté d’acquérir un bien, mais reste plus limitée sur le plan financier. Étant donné qu’elle doit réunir toutes les possibilités de financement pour être en mesure d’acheter, le moindre incident suffit pour que le dossier ne soit pas bouclé. Par exemple, la simple nonobtention d’un prêt employeur. Le marché est porté par les accédants utilisateurs, les investisseurs étant plus sensibles à la mise en place de nouveaux dispositifs.


I. B. : Et les prix ? Comment se comportent-ils ?


J.-J. M. : Le prix moyen global ne grimpe plus et diminue même, tous types de logements confondus. C’est une bonne nouvelle ! Cela s’explique par la structure des ventes au sein de laquelle les programmes avec TVA à 5,5%, donc moins chers, comptent pour 17 %. Mais l’évolution modérée des prix avec TVA classique, de 4 à 5 %, témoigne aussi de l’énorme effort de tout le monde pour faire baisser les tarifs.


I. B. : À un moment, les appartements à 4 000 €/m2 ont rencontré davantage de difficultés pour se vendre. Est-ce encore le cas ?


J.-J. M. : Compte tenu de la capacité d’absorption du marché lyonnais, on a peut-être trop lancé de programmes à ce tarif à un moment. C’était à cause de la pénurie. Il était difficile de produire moins cher en fonction des zones constructibles en jeu. Maintenant, un rééquilibrage s’opère : l’offre est plus abondante, et le coût des charges foncières s’est diversifié. Les produits à moins de 3 000€/m2 s’écoulent toujours plus vite que les autres, bien sûr. Pour les programmes haut de gamme, tout dépend de l’environnement et de l’emplacement. Ceci étant, il ne faut pas rêver. Fabriquer moins cher demeure très difficile, car de plus en plus de contraintes pèsent sur le logement. Entre le coût des matières premières, les exigences réglementaires et les lois à venir dans deux-trois ans, tout concourt à la hausse des prix.





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