TROIS QUESTIONS À JEAN DENAIS, Maire de Thonon-les-Bains

“Nous maintenons une relative mixité sociale, malgré la flambée des prix”

TROIS QUESTIONS À JEAN DENAIS, Maire de Thonon-les-Bains
TROIS QUESTIONS À JEAN DENAIS, Maire de Thonon-les-Bains

Indicateur Bertrand: Votre ville a beaucoup construit ces derniers temps...


Jean Denais: Effectivement. En 2007, 452 logements ont été commencés sur la commune de Thonon-les-Bains. La ville est un gros propriétaire immobilier, mais elle ne possède pas beaucoup de foncier constructible. Elle ne dispose donc pas d’une importante maîtrise foncière. Le seul régulateur dont nous bénéficions est notre plan local d’urbanisme. Il y a dix ans, nous manquions de logements. L’embellie de la construction sur les dernières années a permis de rééquilibrer l’offre et la demande. Aujourd’hui, il y a un volant correct qui permet d’assurer une offre diversifiée, d’autant plus que les prix ont baissé sur certains biens. Pour notre commune, l’effet Robien a été plutôt positif: les programmes financés par ce dispositif ont été construits sur des friches commerciales. Ils ont résolu des problèmes de manque d’accès au logement, tout en apportant des solutions à la question de reconversion de ces friches. Les appartements produits ont été proposés à un niveau de loyers qui a offert une solution intermédiaire entre le logement aidé et l’accession libre.


I. B.: La question de l’accès au logement est-elle préoccupante sur votre commune?


J. D.: Nous possédons plus de 20 % de logements sociaux. Dans le parc libre, une relative mixité sociale a été maintenue malgré la flambée des prix, notamment grâce à la construction, qui a diversifié le marché. Les nouveaux habitants sont, pour l’essentiel, des jeunes couples travaillant ici ou en Haute- Savoie, mais aussi à Genève et à Lausanne. Nous recevons aussi des retraités qui reviennent au pays ou qui se rapprochent du centre, dans un appartement situé à proximité de tout. Les grosses opérations en cours en centre-ville s’adressent à la fois à ces deux publics, même si, en fin de compte, on observe que certains immeubles neufs sont habités presque exclusivement par des retraités, et d’autres par des familles avec enfants.


I. B.: Ressentez-vous un ralentissement des prix sur Thonon-les-Bains ?


J. D.: On a observé un rattrapage des prix. Mais nous restons beaucoup plus accessibles que des communes comme Ferney- Voltaire ou Annecy. On sent une pause sur le marché de la maison, mais les projets en cours en collectif continuent de se vendre, bien que le marché ralentisse sur les locations. Les grandes surfaces partent bien. C’est surtout les petites surfaces qui perdent du terrain, à cause du retrait des investisseurs. Je pense que nous sommes dans une période de “digestion”. Les mauvais projets ne vont pas sortir, mais ils étaient mauvais dès leur conception, mal situés ou sur un terrain acheté trop cher. Notre ville conserve beaucoup d’atouts comme ses infrastructures de qualité, équivalentes à celles d’une ville de 80000 habitants (Thonon-les-Bains en compte 30000, NDLR). Cela s’explique par les efforts des municipalités successives pour renforcer le phénomène de ville-centre.






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