TROIS QUESTIONS À BÉATRICE GRISEL Directrice commerciale de Credixia

“Certaines banques acceptent encore de prêter à 100, voire 110 %”

TROIS QUESTIONS À BÉATRICE GRISEL Directrice commerciale de Credixia
TROIS QUESTIONS À BÉATRICE GRISEL Directrice commerciale de Credixia

Indicateur Bertrand : Comment les banques se comportentelles vis-à-vis des candidats à l’emprunt ?


Béatrice Grisel : Leurs conditions d’obtention de crédits immobiliers se sont durcies ; elles sont plus regardantes sur des détails auxquels elles ne prêtaient pas attention auparavant. Ainsi, lorsque les deux conjoints travaillent dans la même entreprise ou lorsque la société qui emploie l’emprunteur est cotée en bourse, la banque va regarder ses résultats. Si ces derniers sont mauvais, l’entreprise cotée met ses salariés en danger, car ils ne peuvent plus acheter. Par ailleurs, lorsque les primoaccédants bénéficient d’autres prêts et notamment du prêt à taux zéro, les banques les obligent désormais à souscrire un prêt complémentaire lissé, ce qui leur coûte plus cher. Au lieu de calculer l’endettement actuel, elles étudient l’endettement sur toute la durée du crédit. À titre d’exemple, si l’emprunteur dispose de plusieurs crédits de durées différentes pour financer son projet, on lui propose un prêt lissé ou à paliers, à taux fixe et échéances constantes uniquement. Ses remboursements s’établiront sur une mensualité constante, tous crédits confondus, sur la durée du prêt lissé, qui est en général celle du prêt le plus long. Le principe du lissage permet de garder un endettement fixe par rapport à des prêts qui se chevauchent.


I. B. : Notez-vous une diminution de la demande de crédits ?


B. G. : En ce qui nous concerne, nous ne le ressentons pas. Nous recevons toujours autant de demandes et, si le financement s’avère plus difficile, nous nous efforçons de trouver les solutions. Après tout, c’est notre rôle...


I. B. : Quelles sont les solutions préconisées pour les jeunes et les ménages modestes ?


B. G. : Pour l’acquéreur qui pense revendre dans les 5 ou 10 ans, le prêt à taux fixe pendant 10 ans et variable ensuite est une bonne solution. Sur 30 ans, il obtiendrait un taux de 5,45 % ; or, avec ce type de formule, il part sur un taux de 4,95 % pendant dix ans, et sur un taux qui variera les vingt années suivantes. Nous expliquons aux emprunteurs que la partie variable n’est pas très intéressante, ce qui compte c’est de revendre avant de passer au variable. Nous arrivons toujours à proposer des prêts sur 30 ans, car nous avons des partenaires qui proposent encore cette offre, tels Le Crédit Foncier, Cetelem, BNP Paribas. Ce sont également des banques qui continuent de pratiquer le 100 ou 110 %, dès lors que le taux d’endettement reste raisonnable. Mais il faut évidemment que le dossier soit irréprochable.


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