Taux fixes aussi

Les taux des prêts à long terme ne sont pas directement liés à la politique monétaire européenne. Car ils s'appuient sur les taux des marchés à long terme et notamment sur l'OAT 10 ans. Pourtant, eux aussi, ont amorcé une remontée depuis le mois d'octobre dernier. "Les taux enregistrent des progressions comprises entre 0,05 et 0,15 % qui sont le résultat d'un mouvement généralisé (...)" note Empruntis, toujours dans son baromètre des taux, qui poursuit "près de trois banques sur quatre ont appliqué des relèvements de leurs barèmes dans le courant du mois de décembre, tandis que le quart restant les a maintenus inchangés". D'après ce courtier, ce sont les durées les plus longues qui enregistrent les plus fortes augmentations (0,25 % sur 30 ans). De fait, de 3,40 % en octobre dernier, le taux fixe moyen pratiqué aujourd'hui est passé à 3,55 % sur 15 ans. Sur le terrain, les barèmes se situent dans une fourchette large : entre 3,10 et 4,85 %. Parmi les taux les plus attractifs, ceux de LCL (Crédit Lyonnais) qui démarrent à 3,10 %, suivi de près par GE Money Bank (3,20 %) et CaixaBank (3,30 %). Puis, viennent la Société Générale (3,45 %) et le Crédit du Nord (3,50 %). Même modéré, ce mouvement marque, semble-t-il une inversion de la tendance qui prévalait en 2005. Pour autant, les acquéreurs bénéficient encore de conditions favorables. "Il est important de nuancer les effets de cette tendance haussière car les taux sont toujours à des niveaux extrêmement favorables. A titre de comparaison, le taux du marché à 15 ans au mois de janvier 2005 se situait à 3,95 %. Il est aujourd'hui à 3,55 %, soit une baisse de 0,40 % en 12 mois.Un différentiel qui permet à l'emprunteur, pour un crédit de 200 000 € sur 15 ans, d'économiser sur le coût du crédit hors assurance plus de 7 000 € !", constate Empruntis. #rPoursuite de la hausse ?

Taux fixes aussi
Taux fixes aussi

Difficile de parier sur un retour à la baisse. D'autant que tous les acteurs du crédit ne cessaient de marteler, ces derniers temps, que les taux ne pouvaient plus continuer à baisser. Quant à augmenter à nouveau, il n'y a qu'un pas que d'aucuns franchissent aisément. Même si les pronostics ne se révèlent pas toujours très fiables comme l'ont démontré les deux dernières années. Il n'empêche que la tendance est bel et bien à la hausse. "Les fondamentaux économiques qui semblent indiquer une amélioration de la situation plaident en faveur d'une augmentation progressive des taux", analyse Empruntis. Pour ce qui concerne les taux révisables, il y a fort à parier, en effet, que la BCE, toujours dans le souci de modérer l'inflation, penche en faveur de nouvelles hausses de son principal taux directeur. Certains analystes tablent sur une à deux augmentations sur la base d'un quart de point, durant 2006, ce qui porterait alors la hausse à 0,50 % sur toute l'année. Si l'on y ajoute celle pratiquée en décembre, on atteindrait tout de même 0,75 % de plus en un an, ce qui n'est pas insurmontable mais devient tout de même significatif. Côté taux longs, le contexte n'est pas meilleur pour les emprunteurs. La hausse semble d'actualité aussi. Elle devrait cependant rester modérée. Selon Meilleurtaux, autre courtier en ligne, "il est très improbable qu'une hausse des taux d'intérêt de 1 % ait lieu d'ici la fin de l'année 2006. Compte-tenu de la situation actuelle des marchés financiers, du faible niveau d'inflation prévu et du montant très élevé des liquidités existantes, la très grande majorité des spécialistes ne prévoit pas de hausse supérieure à 0,50 %". Ce courtier pronostique même que les taux d'intérêt à long terme vont rester extrêmement compétitifs durant toute l'année 2006 et plafonner en deçà de 4 %. Pas de panique donc. Car l'impact de telles hausses reste peu important.


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