Taux d'intérêt : ils remontent

Ce n'est pas un scoop, les taux remontent. Et de façon assez vigoureuse. Quelles en sont les raisons ? La hausse va-t-elle se poursuivre ? Quelles conséquences sur le crédit immobilier ? Décryptage.

Taux d'intérêt : ils remontent
Taux d'intérêt : ils remontent

Mauvaise nouvelle pour les emprunteurs. Après une longue période de stabilité, les taux remontent. Depuis décembre dernier, la Banque centrale européenne (BCE), soucieuse de maîtriser la menace d'inflation dans les pays de la zone euro, a relevé son taux directeur à cinq reprises, le faisant passer de 2 à 3,25 %. Et ce n'est certainement pas terminé. Car, d'ores et déjà, le gouverneur de la BCE, Jean- Claude Trichet, a laissé entendre que ce ne serait sans doute pas la dernière. Selon les spécialistes, il y a en effet fort à parier qu'une nouvelle hausse de 0,25 point interviendra d'ici à la fin de l'année. Les plus pessimistes vont même jusqu'à en pronostiquer une autre au cours du 1er trimestre 2007 si la reprise se confirme et si les risques d'inflation ne sont toujours pas écartés. Du côté des banquiers, on se veut toutefois rassurant. "Il y a tendance à la hausse mais nous ne croyons pas à une remontée brutale des taux, martèle Jean-Pierre Bourgeois, directeur commercial de l'UCB, la hausse devrait rester lente et progressive jusqu'à la fin de l'année." De 2 % en novembre 2005, le taux directeur de la zone euro est donc passé à 3,25 % à l'heure où nous écrivons. Et il est fort probable qu'il atteindra 3,50 % fin 2006, voire 3,75 % début 2007. Une évolution qui retentit sur les taux courts servant de référence aux prêts immobiliers à taux révisable. Et par ricochet sur les taux longs qui, eux, font office d'indice pour les prêts à taux fixe. Les taux à long terme remontent cependant moins vite que les taux courts. D'où un écart entre taux fixe et taux révisable qui se réduit. "On assiste à un aplatissement de la courbe des taux reflété par une augmentation moins importante des taux à long terme, le taux d'intérêt à 10 ans (OAT), qui sert de référence aux prêts immobiliers, est passé de 3,28 % en début d'année 2006 à 3,71 % actuellement, soit une hausse de 0,41 %", constate Meilleurtaux, dans sa dernière analyse de conjoncture. Mais les taux longs risquent-ils de s'emballer comme les taux révisables ? Pour l'heure, ce n'est pas le cas. Ils ont même tendance à baisser. "Les taux à long terme sont en baisse sensible depuis début juillet 2006, poursuit Meilleurtaux, ils sont passés de 4,08 au 6 juillet à 3,71 % actuellement, soit une baisse de 0,35 %." Une décroissance qu'il faut cependant relativiser. Car c'est bien souvent sur les taux les plus bas que de légères baisses ont été enregistrées. Autrement dit, sur les taux réservés aux meilleurs profils. "S'il convient de dire que les taux des crédits immobiliers se sont stabilisés en septembre, il ne serait pas pour autant pertinent de voir dans la baisse des taux minima l'annonce d'un retour à la baisse des taux, explique Empruntis dans son dernier baromètre des taux. Certaines banques ont souhaité lancer une politique commerciale agressive sur certains dossiers uniquement : les taux minima restent le plus souvent réservés aux plus gros revenus."


 

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