Strasbourg, "l'Europtimist"

Deuxième place diplomatique française, Strasbourg est une ville touchée par la crise. Le prochain maire devra relever des challenges dont le logement est l’un des leviers.

Strasbourg, "l'Europtimist"
Strasbourg, "l'Europtimist"

Ville d’art, de traditions et de bien vivre, Strasbourg (475 600 habitants dans la communauté urbaine et 276 400 dans la ville) jouit d’une situation idéale au carrefour de l’Europe. Paris, Amsterdam, Prague et Milan ne sont qu’à 500 km à vol d’oiseau, tandis que le Rhin relie, plus qu’il ne sépare, l’ouest et l’est du vieux continent. D’ailleurs, le maire actuel, Roland Ries, espère faire de la capitale alsacienne, une métropole très internationale, s’appuyant sur une forte coopération avec la ville de Kehl qui n’est séparée de Strasbourg que par un pont enjambant le Rhin. Bref, si Strasbourg est déjà une des " places fortes " de l’Union européenne, et qu’elle s’est dotée de la marque " Strasbourg the Europtimist " pour symboliser cette vocation, la ville ne compte pas s’en tenir là. Pour autant, ses ambitions ont été quelque peu contrariées par la crise. Destruction d’emplois oblige, son taux de chômage atteint plus de 10 %. " Strasbourg Éco 2020 ", qui devrait venir corriger le tir, comporte plusieurs opérations d’envergure : un quartier d’affaires international (Wacken Europe), un grand projet transfrontalier, un campus des technologies médicales (Medtech Campus), une pépinière franco-allemande, un dispositif d’accompagnement à la création d’entreprise, un développement à l’international de son parc d’innovation dédié à la recherche, à l’enseignement supérieur scientifique et aux activités de hautes technologies... Un dé& que devra relever le prochain maire. Autre dossier qui devrait être sur la table : la faible croissance démographique. Selon une note de l’Adeus, l’Agence d’urbanisme de Strasbourg, en 1999 et 2009, la CUS n’a gagné que 16 000 habitants (+0,3 % par an) alors que, dans le même temps, Toulouse Métropole en captait 120 000, Nantes 28 000, Rennes 29 000, Montpellier 46 000 et Bordeaux 49 000.


 


Construire pour enrayer l'étalement urbain


Ici, les plus fortes croissances sont désormais observées dans les petites communes périurbaines de moins de 3 500 habitants (60 % de cette croissance). Une tendance qui n’est pas sans poser problème du point de vue de l’aménagement du territoire. " Il y a aussi la dimension environnementale et climatique : surconsommation du foncier agricole, déconnexion entre lieu de travail et lieu de résidence, déplacements plus longs à partir de territoires non pourvus de transports en commun performants,  analyse l’Adeus. En outre, les petites communes ne sont pas armées pour répondre aux besoins de nouvelles populations ayant des exigences en termes d’équipements et de services de proximité. Ce mouvement spécialise ces communes dans le résidentiel, alors que les emplois et les services sont de plus en plus situés dans les communes urbaines (...). "  Pour enrayer l’hémorragie, de nombreux projets d’urbanisme devraient ramener des habitants en centre-ville. Parmi ceux-ci, citons le très ambitieux projet aménagement des " Deux Rives " (Danube, Heyritz, Étoile, Presqu’île Malraux, Lombardie, Port du Rhin...). Sur plus de 250 ha, 9 000 logements et de nombreuses activités y verront le jour avec à la clé 8 500 salariés et 20 000 habitants supplémentaires.


C.S.

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