Rhône-Alpes : les métropoles ont la côte du logement neuf

Sous l'effet d'aubaine du Scellier, les grandes métropoles rhônalpines ont considérablement réduit leurs stocks et les aides aux primo-accédants semblent porter leurs fruits.

Rhône-Alpes : les métropoles ont la côte du logement neuf
Rhône-Alpes : les métropoles ont la côte du logement neuf

En Rhône-Alpes, l'immobilier enregistre des résultats contrastés, tandis que Lyon maintient une forte demande avec la sortie de nouveaux programmes.


"En 30 ans de maison, je n'ai jamais vu ça", entonne Martine Audet, chargée d'affaires du promoteur Rhône Saône Habitat. Nous avons écoulé l'intégralité de notre programme de La Confluence, soit 26 lots en un seul mois". Cet immeuble architectural, en basse consommation (BBC) et cédé, Ô bonheur, à 2 700 €/m2 en accession sociale, le tarif maximal à la portée de la majorité des Lyonnais. Il est vrai aussi que l'aura de La Confluence, le futur hypercentre de Lyon, a joué à plein. Qu'une opération immobilière à prix modéré rencontre du succès dans ce quartier semble tout à fait dans la logique lyonnaise.



Nette embellie de Lyon Le marché de la région lyonnaise a la cote, propulsé par les bons retours de l'investissement Scellier et les diverses aides aux primo-accédants, dont la réduction de TVA à 5,5 % du pass-foncier et des zones en renouvellement urbain (voir l'entretien avec Jean-Jacques Mathias). Par tradition, la demande est forte et pas assez pourvue en produits à moins de 3 000 €/m2, voire à 2 700 €/m2. Cela explique l'engouement de ces dernières années pour l'Est lyonnais, où les appartements sont de cet ordre de prix.



En deux ans, les ventes de l'Est sont passées de 16 % à 24 %. Vaulx-en-Velin a ainsi longtemps battu tous les records de réservations.



Depuis les années 2000, la Porte des Alpes se développe aussi assez bien, bénéficiant de la présence du parc technologique, de l'aéroport de Bron et de l'université Lyon 2.



À suivre, par conséquent, des communes comme Bron, Chassieu et Saint-Priest. Dans cette dernière ville, d'ailleurs, l'offre abonde, notamment dans le centre-ville en pleine restructuration, donc assorti d'une baisse de la TVA. Cela étant, la ville centre a toujours ses inconditionnels et concentrait 34 % des réservations à la fin de septembre. Les arrondissements les plus demandés ont été les 3e, 7e et 8e, à l'origine à eux trois de 70 % des ventes. Villeurbanne, qualifié souvent de "10e arrondissement" lyonnais, garde aussi la cote (16 % des réservations). Une tendance qui devrait se confirmer à l'avenir étant donné que s'annonce le prolongement au nord du mythique Gratte-Ciel, avec création de la zone d'aménagement concerté en 2010.



L'année en cours verra aussi démarrer les programmes d'habitat du Carré de Soie, le vaste grand projet de Villeurbanne et de Vaulx-en-Velin. Rhône Saône Habitat prévoit le premier lancement du secteur au 1er semestre. Stationnement inclus, à la fin du mois de septembre, le prix de vente ressortait en moyenne à 3 836 €/m2 dans la villecentre et à 3 474 €/m2 à Villeurbanne (source : Cecim).



Deux poids, deux mesures


De la même façon, Grenoble, Annecy et Annemasse préparent de grands projets qui devraient doper leurs marchés neufs : vaste développement de la presqu'île scientifique grenobloise ; aménagement résidentiel du site des Trésums à l'emplacement de l'ancien hôpital d'Annecy ; restructuration du quartier Etoile-Gare d'Annemasse avec déploiement de l'habitat sur le périmètre voisin Chablais Parc. Tant les marchés du bassin grenoblois que des deux Savoie ont été récemment sollicités en petites surfaces, un mouvement très significatif aussi dans la métropole lyonnaise. Plus ternes se sont montrées les petites villes de Rhône-Alpes qui n'ont que leur calme, leur cachet et leurs tarifs mesurés pour séduire, faute du dispositif Scellier réservé aux agglomérations majeures.



Au 2e semestre, il fallait pourtant débourser une coquette somme pour devenir propriétaire dans l'une des métropoles : 3 225 €/m2 à Grenoble, 3 998 €/m2 à Annecy, 3 016 €/m2 à Chambéry... Le prix régional montait à 3 409 €/m2.


Au trimestre suivant, l'enquête sur la commercialisation des logements neufs du ministère dévoile que les réservations se sont correctement déroulées en Rhône-Alpes.


4 000 appartements ont été vendus à 3 387 €/m2 de moyenne. Le faible nombre de mises en vente (3 153 unités) explique en partie la baisse de l'encours à 13 000 unités.



En un an, la donne a considérablement évolué : au début de 2009, les stocks approchaient de 18 000 lots alors que les ventes s'avéraient atones... Le marché de l'habitat individuel a, quant à lui, enregistré 377 ventes au cours des trois mois à 253 900 € de moyenne et présente un encours de 1 490 lots. Notons une percée de la maison en basse consommation. Selon l'union des maisons françaises, une vingtaine de ces maisons vertes ont été construites en Rhône-Alpes. Parmi leurs constructeurs : Maisons Vivre Plus, Maisons d'En France et Chamois Constructeurs.



Et le marché de l'ancien ? Peut-il se targuer de performances satisfaisantes ? "Au cours de l'année écoulée, nous avons enregistré une baisse significative des volumes de l'ordre de 10 à 15 %," rétorque au contraire le président de l'Institut notarial de l'immobilier Pierre Bazaille, notaire dans le Grand Lyon.


En octobre, il semblerait que les volumes aient subi une inversion. De toute évidence, la fin de l'année s'est montrée plus dynamique que les premiers mois de 2009. En un an, en juin, les prix du collectif avaient baissé de 4,4 % dans la métropole lyonnaise.


Cependant, selon la récente base des notaires sur les avant-contrats, les mois de juillet et août ont vu se profiler une plus légère baisse des appartements, suivie par une stabilisation en septembre. À Annecy, également de juin à juin, les prix ont perdu 8,1%.



À Grenoble, le retrait s'est élevé à 7,3%. Les maisons ont baissé de 9,1% dans la région d'Annecy, de 7,1 % aux environs de Grenoble et de 4,4% en périphérie lyonnaise. "En 2010, les volumes, historiquement bas, devraient augmenter, anticipe le notaire. Les prix des produits d'excellence pourraient se stabiliser et ceux des biens médiocres encore légèrement baisser. En tout état de cause, Rhône-Alpes se comporte plutôt mieux que certaines régions. Ce territoire bénéficiera sans doute d'une reprise avant d'autres."


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