Promoteur : un métier en mutation

I.B. : Qu'est-ce qui a fondamentalement changé dans votre métier ou dans son environnement, en quelques années ?

Promoteur : un métier en mutation
Promoteur : un métier en mutation

Isabelle Chevreau (Nexity George V) : Le prix, qui prend la part la plus importante dans le budget des acquéreurs. C'est lui qui fait reporter les acquisitions en dehors de la ville, alors même que ce n'est pas le choix premier du candidat à l'accession. Aujourd'hui, il faut le plus souvent proposer une solution de financement pour rassurer les acquéreurs.


Denis Luthereau (Icade Capri) : Jusqu'à encore peu, les professionnels construisaient tout en proposant conseils et compétences auprès des collectivités. Or, ces dernières (villes centres et agglomérations) se sont entourées de plus en plus de compétences, avec de plus en plus d'intervenants et d'exigences quelques fois contradictoires... de telle sorte que le process de production de logements au cœur des agglos et des centres-villes, là où le développement durable doit nous conduire, devient de plus en plus compliqué et de plus en plus long. Cette notion de temps de montage et de réalisation est une des raisons pour laquelle certains opérateurs "gâchettes" construisent de plus en plus loin pour faire vite et simple.


Philippe Caris (FPC) : Le métier de promoteur, qui n'existait pas réellement au début du siècle, a été rendu nécessaire par la complexité réglementaire ou financière. Par ailleurs, nous ne soulignerons jamais assez l'énorme modification qu'a entraînée la décentralisation. Le jour où les maires sont devenus les patrons des permis de construire, ils se sont entourés de personnes qui ont chacune donné leur avis, sans parler d'associations qui se sont souvenues que les maires étaient avant tout des élus.


François Quirac (Bouygues Immobilier) : Il est appréciable qu'une opération puisse être soumise à l'avis d'un certain nombre d'intervenants. Le problème de fond, c'est que le rôle de chacun n'est pas défini. Laisser des associations intervenir sur le fond est louable, mais il importe d'en fixer les limites car les délais en amont ne sont plus en concordance avec la réactivité qui doit être la nôtre sur ce secteur. Nous devons garder la maîtrise de la commercialisation. Jusqu'à présent, nous avons bénéficié d'un certain nombre de leviers (augmentation des durées de prêt, baisse des taux d'intérêt...), dont nous avons peut-être atteint la limite. Il faut se montrer désormais très prudents.


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