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Philippe Pelletier, Président du plan bâtiment du Grenelle de l'Environnement

Le président du plan bâtiment Grenelle fait le point sur les nouvelles règles de la construction. Selon lui, l'efficacité énergétique des logements aura un impact très important sur le marché dès 2011.

Philippe Pelletier, Président du plan bâtiment du Grenelle de l'Environnement
Philippe Pelletier, Président du plan bâtiment du Grenelle de l'Environnement

La notion de valeur verte de l'habitat va s'amplifier



Le Club Immo : Qu'est-ce qui va changer concrètement dans nos logements ?


>Philippe Pelletier : C'est une révolution que nous sommes en train de mener. À l'horizon 2013, nos logements seront construits basse consommation, c'est-à-dire avec une isolation de telle qualité que le chauffage sera simplement un appoint. Et à l'horizon 2021, nous franchirons une étape supplémentaire en construisant des bâtiments à énergie positive, c'est-à-dire qui produisent plus d'énergie qu'ils n'en consomment. Vous voyez donc l'extraordinaire chemin qui nous attend !



C. I. : Quels sont les critères qui font un bon Bâtiment basse consommation (BBC) ?


>P. P. : Le BBC vise une performance énergétique autour de 50kWh/m2/an, variable suivant la typologie des constructions et la situation géographique des biens. Dans le Nord ou dans le Sud, il ne répondra pas aux mêmes critères. Dès l'an prochain, les investissements lo catifs de type Scellier devront répondre à ce critère de basse consommation.


Puis, tous les Français qui voudront faire construire, seront concernés à partir du 1er janvier 2013. Il leur faudra déposer une demande de permis de construire conforme aux exigences de la basse con somation, déterminées par la règlementation thermique (la RT 2012) qui subit actuellement l'examen des autorités européennes. Un décret définira prochainement les règles du jeu.



C. I. : Où en est l'écorénovation ?


P. P. : Parallèlement à la construction, c'est le principal sujet de préoccupation du plan bâtiment du Grenelle. La rénovation des bâtiments existants recèle un gisement d'économie d'énergie considérable. Nous ne sommes pas dans une logique d'obligation de travaux, mais plutôt d'incitation, de recherche d'adhésion, d'exemplarité. Plus de 250 000 logements ont déjà entrepris ce type d'action entre l'été 2009 et l'été 2010. L'éco-rénovation permet de recourir, principalement dans le domaine du logement, à un outil facile d'accès : l'éco-prêt à taux zéro. Il permet à chaque ménage, quel que soit son niveau de ressources, d'emprunter une somme d'argent plafonnée à 20 000 ou 30 000 €, suivant que celui-ci réalise deux ou trois actions d'économie d'énergie.


Il suffit d'en faire la demande auprès de sa banque. À ce jour 140 000 écoprêts à taux zéro ont déjà été accordés. Ce type de prêt se rembourse en général sur dix ans et, comme son nom l'indique, est sans intérêts.



C. I. : La valeur verte d'un bien va-t-elle devenir incontournable ?


P. P. : À partir du 1er janvier, à chaque fois qu'un particulier va chercher à acquérir un bien, le "score énergétique" de celui-ci sera précisé sur l'annonce, le panneau publicitaire ou le descriptif sur internet. Cette information capitale va changer la donne. On ne prendra plus connaissance du diagnostic de performance énergétique à laveille de la signature de la promesse de vente, mais dès le stade de la négociation. Et on ne va pas accepter de payer le même prix pour un bien économe que pour un bien très énergivore, qui nécessitera des travaux de mise aux normes.


Cet élément va introduire la notion de "valeur verte". À terme, un bien économe en énergie vaudra donc un peu plus qu'un bien énergivore. Ce processus va s'amplifier avec le temps en conduisant chacun de nous, à la fois pour les maisons et les appartements dont nous sommes propriétaires ou que nous occupons en copropriété, à décider d'engager des travaux d'économies d'énergie.

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