Philippe Cayol : "Il faudrait ouvrir un droit à l'innovation"

Explorimmoneuf interroge le Directeur général de Nacarat.

Philippe Cayol : "Il faudrait ouvrir un droit à l'innovation"
Philippe Cayol : "Il faudrait ouvrir un droit à l'innovation"

Explorimmoneuf : Comment se porte le marché de l’immobilier neuf ?


Philippe Cayol : En termes de volume de ventes et selon la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), le recul de l’activité est de l’ordre de 25 % sur un an. Cela se traduit par un grand attentisme des acquéreurs potentiels qui ont du mal à se projeter dans l’avenir. Parmi les principales raisons : l’environnement fiscal qui ne cesse d’évoluer et les incertitudes économiques pesantes.


 


Quelles seraient, selon vous, les mesures prioritaires pour relancer votre secteur ?


Il faudrait sécuriser l’environnement juridique de notre profession. Tout d’abord, en réduisant les délais pour les recours sur les permis de construire. Ensuite, le maire ou le président de l’agglomération reste en charge de rédiger les PLU, mais la délivrance des permis de construire serait de la compétence de l’administration, le libérant de la pression quotidienne. Il faudrait par ailleurs, définir un code fiscal pérenne pour les accédants comme pour les investisseurs. Et abaisser nos coûts de construction afin de faire baisser les prix des logements. Enfin, je souhaiterais que l’on ouvre un droit à l’innovation pour expérimenter de nouveaux modes constructifs ou types de logements. Nous avons encore trop de contraintes techniques. Il faudrait que nous puissions innover davantage.


 


Comment faire pour aider les jeunes à accéder à la propriété ?


Dans le neuf, en élargissant le PTZ + avec un système de différé de remboursement et ce, dans les zones tendues. Et en " dopant " le parcours résidentiel. Il est difficile aujourd’hui pour un jeune d’acquérir un studio, première marche de ce parcours. Il faudrait notamment imposer de construire davantage de petites surfaces dans les villes, et pas seulement à destination des investisseurs, et ensuite permettre la revente d’un bien en franchise fiscale à condition de réinvestir dans l’immobilier.


 


Le dispositif d’investissement locatif Duflot est-il avantageux ? Si oui, où faut-il investir ?


Lorsque l’on achète un bien neuf pour le louer durant 9 ans, ce dispositif offre un avantage fiscal de 18 % jusqu’à 54 000 €. Les niveaux de rentabilité ne sont pas négligeables et atteignent 3 à 3,5 %. Il faut investir dans les centres-villes, les centres-bourgs. À titre d’exemple à Lille, Nantes, Bordeaux, Toulon... Il faut privilégier les secteurs attractifs où la demande en logements est forte et où les prix du neuf sont autour de 3 500 €/m2. Il y a également les villes de la périphérie parisienne, en seconde couronne, bien desservies par les transports en commun comme Pontoise, Saint-Ouen l’Aumône, Saint-Michel-sur-Orge, Brétigny et Marne-la-Vallée notamment.


 


Comment vont évoluer les prix du neuf en 2014 ? Est-ce le moment d’acheter ?


Les prix vont rester stables. Il y aura cependant des opportunités sur des fins d’opérations. Pour les nouvelles, elles seront au bon prix. À l’heure où les taux sont toujours très bas, c’est le bon moment pour acheter.


 


Quels sont vos principaux projets résidentiels ?


J’en citerai trois emblématiques. Le premier, l’immeuble K, situé à Lyon sur La Confluence. C’est un programme novateur avec un bâtiment qui bénéficie d’une superposition de commerces, bureaux et logements. Ensuite le City’Zen à Lille, dans le nouveau quartier Euralille, porte de Valenciennes. Enfin, le TendanCiel à Saint-Ouen-l’Aumône, qui offre 80 logements en coeur de ville, à moins de 200 mètres des berges de l’Oise. Ce sont trois réalisations dont nous sommes particulièrement fiers.


 


Nacarat en bref :

  • Société de promotion immobilière originaire du nord de la France, (groupe Rabot Dutilleul et Caisse régionale Nord du Crédit Agricole).
  • Présente dans la plupart des grandes villes du Nord, ainsi qu’en Belgique et en Pologne.
  • Réalise chaque année environ 2 000 logements et 50 000 mÇ de bureaux et commerces.

Service

Prenez rendez-vous avec un diagnostiqueur