Paris, pas d'avis de tempête sur l'immobilier neuf

Même s’il est toujours difficile de devenir propriétaire à Paris, l’écart entre l’ancien et le neuf se resserre, incitant des acquéreurs à investir dans les quelques biens neufs disponibles sur le marché.

Paris, pas d'avis de tempête sur l'immobilier neuf
Paris, pas d'avis de tempête sur l'immobilier neuf

La capitale serait-elle en train de devenir un ghetto de riches ? On imagine volontiers des milliardaires qataris mettre la main sur un hôtel particulier de plusieurs millions d’euros. Ou des artistes s’offrir un loft avec piscine au cœur du Marais, voire des seigneurs du ballon rond s’emparer d’un dernier étage-terrasse avec vue sur l’Etoile. Si cette image de carte postale n’est pas fausse, elle ne correspond qu’à un très petit nombre de privilégiés. En réalité, seul un Parisien sur trois parvient à devenir propriétaire, et l’achat le plus courant reste le 2-pièces ancien de 45 m2. Un classique qui vaut tout de même 380 000 euros, Paris restant Paris !


L’EFFET « REVENTE »


L’Adil 75, association d’information sur le logement destinée au grand public, passe régulièrement au crible le marché immobilier neuf parisien. D’après son analyse sur 2011, le prix moyen de l’appartement neuf a été porté à 10 492 €/m2 au 4e trimestre, en hausse de 8,5 % en un an. En volume, l’année 2011 restera dans les annales, avec 845 ventes (+ 28 %) et 1 160 mises en vente (+ 69 %). Un record par rapport aux années creuses de 2008 et 2009, durant lesquelles entre 300 et 350 mises sur le marché seulement eurent lieu.
Cependant, entre le neuf et l’ancien, le rapport de forces rappelle le combat de David et Goliath. Le marché neuf est petit, mais assez réactif pour être au bon prix. En comparaison, le nombre de trans- actions sur le marché de seconde main est énorme : 31 000 en 2011. Libre, laissé à l’arbitraire des vendeurs, le prix moyen a encore gonflé de 14,7 % en 2011, à 8 390 €/m2 en moyenne. Cette valorisation est tout bénéfice pour le neuf. Nombreux sont les propriétaires qui tirent parti d’une revente dans l’ancien pour s’offrir un appartement neuf sans travaux à prévoir avant longtemps, avec une très bonne étiquette énergétique et doté d’un parking au pied de l’immeuble. Le plus souvent, il s’agit d’une clientèle de quartier.


LE RÉVEIL DU NORD


La Mairie de Paris s’est engagée dans une politique de grands projets, à commencer par la requalification de la couronne. A la pointe des XVIIIe et XIXe arrondissements, a démarré l’opération baptisée « Paris Nord-Est », qui couvre 200 hectares entre les portes de la Villette et de la Chapelle, soit 10 % de la ville. Cette restructuration à grande échelle est menée de concert avec la mutation de la Plaine Saint-Denis et d’Aubervilliers, les deux voisines de l’autre côté du périphérique. Dans le XVII , l’aménagement de Clichy-Batignolles tient la vedette au croisement de secteurs aussi hétérogènes que Courcelles et Batignolles. Les acquéreurs du premier programme immobilier du site ont fait une bonne affaire, à 8 000-9 000 €/m2.


Les projets s’affichent désormais entre 10 000 et 12 000 euros/m2. Ce sont deux programmes de Vinci Immobilier : Pereire 17, cédé pour moitié en quatre mois entre 11 000 et 12 000 euros/m2, et Cardinet 17, lancé en février, et dont le tiers a été réservé en quinze jours entre 10 000 et 11 000 €/m2. Les architectures prévoient de grandes terrasses et de larges balcons, denrées rares dans la capitale.

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