Paris : du neuf à tout prix

Tandis que le marché de l’ancien tourne au ralenti, 1 200 appartements neufs sont actuellement disponibles dans la capitale. Mais si la gamme de prix est large, elle peut atteindre des records dans les quartiers convoités.

Paris : du neuf à tout prix
Paris : du neuf à tout prix

Étrange période ! Les Français qui disposent de quelques moyens financiers se demandent à quelle sauce fiscale ils vont être mangés. Les taux d’intérêt inquiètent : resteront-ils aussi bas alors que l’Europe du Sud peine à rembourser ses dettes ? Ce climat d’incertitude pèse sur l’immobilier. Même dans la capitale, réputée pour ses placements tranquilles de père de famille, le marché fait preuve de volatilité. La moindre étincelle le ranime et une goutte d’eau suffirait à l’éteindre.


 


Les acquéreurs reprennent la main


La récente promesse du président de la République François Hollande, d’alléger la taxe sur les plus-values a produit le contraire de l’effet escompté. " Le blocage du marché s’est amplifié, observe Thierry Delesalle, notaire à Paris. Le notariat, qui avait revendiqué cette mesure, ne peut pas la critiquer. " En l’occurrence, des propriétaires ont retiré leurs biens de la vente dans l’attente du nouveau barème. Au final, la réforme du régime des plus-values sera effective au 1er septembre. En attendant, l’offre n’est pas pléthorique et peine à satisfaire la demande. Ce qui se vend bien ? Les petites surfaces, les studios et les 2 pièces qui représentent plus de la moitié du parc immobilier. En revanche, les grands appartements familiaux sont à la peine depuis une année. Dans l’ensemble, les prix restent stables, malgré un léger repli de 1,4 % sur un an. Cette tendance se confirmait récemment dans les avant-contrats signés dans les études des notaires : 8 250 €/m2 de moyenne en perspective, à la fin de l’été. Le marché ancien parisien demeure le poids lourd régional. À lui seul, il concentre un gros tiers des ventes franciliennes, soit 6 200 unités entre les mois de février et avril. Au premier semestre, dans le réseau des agences Century 21 par exemple, les prix ont reculé de 3 % et les volumes de 5 %. En moyenne, une transaction s’élève aujourd’hui à 400 000 € et ne dépasse guère les 50 m2. Le délai de vente atteint deux mois, et est donc en hausse d’une petite semaine. Fini le temps où les acquéreurs se battaient à coup de surenchères. Désormais, ils ont la main, se montrent exigeants et veulent négocier. Un écart de près de 5 % s’établit en général entre le prix affiché et le prix auquel la vente se réalise.


 


L'hypercentre, secteur convoité


D’après l’Adil 75, l’agence départementale d’information sur le logement, 270 appartements sur plans ont été lancés lors du premier trimestre 2013. C’est peu en comparaison du volume des transactions de seconde main. Construire dans cette ville dense n’est pas facile, particulièrement dans l’hypercentre, le secteur le plus convoité. Pour autant, l’idée chère à l’écologie de rapprocher l’habitant de son emploi suit son chemin. La solution serait de surélever le bâti. Encore faut-il qu’elle soit agréée par les architectes des bâtiments de France qui possèdent un droit de regard aux abords des monuments historiques.

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