Nouvelle “carte” familiale

En 2008, les attentes en matière de logement n’ont plus rien à voir avec celles de nos aînés. Ainsi, ces vingt dernières années, l’explosion des divorces et du nombre de familles recomposées – ou familles “à géométrie variable” – a fortement modifié les besoins des acquéreurs. À l’horizon 2030, l’Insee prévoit que 43 % des mariages prononcés dans l’Hexagone se solderont par un divorce (contre 33 % aujourd’hui). C’est un phénomène sociologique qui influe naturellement sur la demande. “Nous avons eu de multiples réflexions à ce sujet”, confie Lionel Dunet, président du Conseil national de l’Ordre des architectes. Passer de trois à la maison en semaine, à cinq un week-end sur deux, ce n’est pas anodin.Cela nous a notamment conduits à concevoir plus de pièces modulables.”Pour que le logement s’adapte aux évolutions de la vie, et pas ses occupants. La modularité devient donc une notion essentielle. Non figé, cet habitat propose notamment des cloisons amovibles. Plus que celles d’hier, les familles d’aujourd’hui, avec des enfants issus de plusieurs unions, sont aussi en demande d’espaces d’intimité. “Un besoin d’autant plus fort que les enfants ne sont pas forcément de la même fratrie”, insiste Lionel Dunet. L’idée, c’est d’être ensemble sans être les uns sur les autres, pour que chacun puisse vivre à son rythme. Un sacré défi à relever, pour que le logement ne soit pas source d’insatisfaction, et que personne ne se sente à l’étroit dans sa maison. Le neuf s’adapte aisément à cette nouvelle donne, en proposant une réorganisation du territoire susceptible de convenir à chacun, petits et grands. “Il y a aussi ceux que j’appelle les “Tanguy”, c’està- dire les jeunes adultes qui restent longtemps chez leurs parents”. Les jeunes décohabitent plus tardivement en raison de l’allongement de leurs études, des difficultés d’emploi et de logement à un prix acceptable. Ces enfants “attardés” relèvent désormais du phénomène de société. Et les logements se sont une nouvelle fois mis au diapason. “On voit de plus en plus des chambres donnant directement sur l’entrée, confie Lionel Dunet. Cela offre à ces jeunes adultes une certaine autonomie, en les tenant un peu à l’écart du reste du logement, comme s’ils avaient leur propre studio.”

Nouvelle “carte” familiale
Nouvelle “carte” familiale

Les pièces font leur “révolution”


On l’a vu, les logements s’adaptent aux nouveaux modes de vie. “L’agencement des pièces est repensé de manière beaucoup plus pratique, explique ainsi Terry Moubayed Farah. Un exemple parmi d’autres : dans l’haussmannien, les cuisines étaient souvent reléguées à l’autre bout des logements. Désormais, elles sont souvent rapprochées des pièces à vivre,notamment du salon.”On assiste à ce propos à une remise en cause des standards traditionnels. La salle à manger perd sa fonction au profit de la cuisine, qui devient un véritable lieu de convivialité. “Jusqu’ici, la cuisine avait été réduite à sa portion congrue, affirme Dominique Duperret. Aujourd’hui, la tendance s’est inversée.En effet, les cuisines sont devenues de vraies pièces, un lieu de rencontre pour toute la famille. Elles ont repris leur place traditionnelle...avec une nouveauté. Car si autrefois cette pièce était fermée, obligeant les femmes à rester aux fourneaux sans pouvoir profiter des conversations avec leurs invités, désormais tout le monde peut mettre la main à la pâte et être autour de la maîtresse de maison.” Les cuisines se sont donc ouvertes sur l’espace à vivre, et la version “américaine” connaît un succès non démenti. Beaucoup d’évolutions aussi du côté de la salle de bains. D’abord espace purement hygiénique, elle est plus que jamais devenue une pièce à vivre. Spacieuse, elle intègre douche aux dimensions généreuses, balnéo et même vélo d’appartement… la tendance spa se confirme. En bref, on y soigne son corps dans tous les sens du terme. “La cuisine et la salle de bains sont les pièces qui ont connu le plus d’évolutions technologiques, affirme Terry Moubayed Farah. Par exemple, avec les robinets à infrarouge qui se déclenchent lorsque l’on passe les mains dessous.” En plus, c’est parfaitement dans l’air du temps écolo, puisque cela permet de faire des économies d’eau.


Génération “Net”


De son côté, la chambre s’est transformée en espace polyvalent. Certes, on y dort toujours, mais elle est aussi devenue un espace de travail, de détente, de récréation et de convivialité, où les enfants peuvent recevoir leurs amis. Télévision, chaîne hi-fi, console de jeux et ordinateurs ont ainsi pris place à côté du bureau, de la bibliothèque et du placards à vêtements.“L’une des évolutions les plus notables dans le neuf, c’est l’apparition de l’espace multimédia,note Dominique Duperret. Internet,cinéma...Le logement doit désormais être relié au monde.”Et cela passe par le précâblage, qui permet d’anticiper les besoins futurs. “L’ordinateur est aujourd’hui installé dans toutes les pièces,insiste Terry Moubayed Farah. Pendant que votre mari regarde un match de foot, vous écoutez dans votre chambre vos morceaux de musique préférés,votre fils aîné joue en réseau à un jeu vidéo et votre cadet se prépare des plats préprogrammés dans la cuisine. Tout étant relié au même réseau, la maison s’adapte plus facilement aux besoins individuels de chacun de ses occupants.Plusieurs individus qui vivent ensemble,c’est une notion mieux intégrée dans le neuf que dans l’ancien.C’est pourquoi la domotique y tient une place si importante aujourd’hui.” Petit rappel : dans un habitat “domotisé”, tous vos équipements communiquent, “dialoguent” entre eux. Et pour les mettre en réseau, tout est une question de câblages. “L’habitat devient plus évolutif dans le temps que jamais,poursuit TerryMoubayed Farah. Tout est prévu pour qu’un célibataire qui se transforme en couple, puis en famille, puis en personne âgée, puisse rester dans le même logement, puisque ce dernier s’adapte à lui.Ainsi, il devient plus facile de scénariser sa vie.D’autant que si le précâblage du logement est complet, cela laisse place à plein de scénarios possibles pour demain !” Dominique Duperret est lui aussi convaincu que “les automatismes de la maison vont se développer.D’abord, pour plus de sécurité.” Exemple : au moment de partir travailler, tous les accès à votre logement (portes, fenêtres...) se ferment désormais automatiquement. “Le potentiel d’économies d’énergie est également énorme, ne serait-ce qu’avec une simple programmation du chauffage. Le système vérifie aussi pour vous qu’aucune lumière n’est restée allumée.Les choses ont évolué et vont encore évoluer.C’est un autre atout du neuf, car dès la conception, on peut prévoir les besoins actuels, et anticiper ceux de demain.” En revanche, c’est plus compliqué – et beaucoup plus cher – à mettre en oeuvre lorsqu’on rénove de l’ancien.


Logement durable


“Il y a une vraie demande d’espaces extérieurs, relève Lionel Dunet. Le balcon a quasiment disparu, au profit des terrasses.” Les Français font preuve d’un goût de plus en plus prononcé pour la nature. Pour ceux qui n’ont pas “la chance” de vivre à la campagne en maison individuelle avec jardin, le besoin de nature se traduit en appartement par une demande d’espace végétalisé. Notre société, confrontée à la pénurie annoncée des énergies fossiles, est face à un énorme défi. Cette demande de “durabilité” ne permet plus de concevoir des ouvrages comme par le passé. Ainsi, la construction durable commence très en amont, et seul le neuf a toutes les cartes en main pour relever ce défi. “En tant qu’architecte, je constate que tous mes clients,ou presque, sont en forte attente de développement durable, indique Lionel Dunet. Ils veulent des maisons en bois, des capteurs solaires...” La protection de l’environnement est devenue une valeur dominante ; le retour du bois s’inscrit dans cette évolution. Les appareils les moins gourmands en énergie (chauffage, climatisation, ventilation, éclairage…) sont plébiscités.


Tout pour les seniors


Un autre constat s’impose : le vieillissement de la population est désormais mieux pris en compte. Difficile de faire autrement : en 2000, notre pays comptait plus de 12 millions de personnes de plus de 60 ans, qui passeront à 17 millions en 2020 et à 24 millions en 2050, soit environ le tiers de la population. En outre, les seniors tiennent à garder leur indépendance et à s’installer au contact des autres. Un souhait très fort, comme le montrent toutes les enquêtes. Dans leur immense majorité, les personnes âgées vivent hors institution, dans ce que l’on appelle des “logements ordinaires”. Aujourd’hui, 90 % des personnes âgées de plus de 80 ans vivent chez elles. Pour que ce maintien à domicile puisse se réaliser dans de bonnes conditions, les logements doivent être adaptés. Et le neuf le permet. Élargissement des portes, remplacement de la baignoire par une douche avec siphon encastré dans le sol, cuisine équipée et volets roulants automatisés sont autant de détails facilitant la vie quotidienne. “L’idée, c’est de prévoir dès la conception des appartements adaptables en cas de pépin, note Jacques Schmitt, délégué général de l’association Cap consommateurs habitants. Il y a eu de très gros progrès sur le suivi des personnes âgées chez elles. On peut désormais, à distance, recueillir une foule d’informations sur la santé de l’occupant d’un logement. On peu par exemple suivre son poids, sa tension, la prise de médicaments, détecter une chute, savoir si la personne boit de l’eau, etc. En complément des aides ménagères classiques, et sans que ces équipements ne remplacent les contacts humains.” L’espace peut aussi être mieux organisé : un plain-pied correspondant à la zone de vie, un séjour de plus de 40 m2 pour recevoir les petits-enfants, etc. D’autres éléments sont de nature à conforter cette autonomie, comme les différents équipements de surveillance à distance et de mise en relation avec les établissements de santé, que la domotique permet d’ores et déjà.


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