Maisons : quoi de neuf ?

La maison reste l'habitat idéal d'une grande majorité de Français. Et ce sont de jeunes ménages avec enfants, aux revenus moyens, voire modestes, qui se lancent dans l'aventure. Où en est ce marché aujourd'hui ?

Maisons : quoi de neuf ?
Maisons : quoi de neuf ?

Depuis 2000, plus de 60 % des logements construits sont des maisons individuelles, de constructeurs ou de promoteurs, contre environ 50 % au début des années 90. Et l'année 2005 a confirmé l'engouement des Français, avec 228 892 maisons, qui représentent une augmentation de 5,8 % par rapport à 2004. La tendance pour 2006 confirme cette bonne santé. Selon les chiffres publiés par le Ministère de l'Equipement, à la fin du mois de mai dernier, l'ensemble des maisons individuelles autorisées à la construction - en diffus et groupé - cumulait à 274 984, ce qui représente une variation de 8,4 % sur 12 mois. Malgré des prix élevés qui continuent d'augmenter - bien que les différents secteurs du marché, neuf et ancien, enregistrent une décélération de la hausse - le marché de la maison neuve reste donc bien orienté. Le fait que les taux d'intérêt se soient maintenant stabilisés, enregistrant même une légère remontée, est compensé par des durées de prêt plus longues, qui permettent encore aux ménages d'accéder à la propriété. La conjoncture n'est donc pas devenue défavorable. Pour autant, les professionnels savent que si la demande reste forte et saine dans le secteur de la maison individuelle, elle risque d'être freinée par l'incapacité des acquéreurs à suivre financièrement. "Nous devons rester attentifs à la solvabilité et donc à la maîtrise des coûts de construction" estime ainsi Dominique Duperret, secrétaire général de l'UNCMI (Union Nationale des Constructeurs de Maisons Individuelles).


Havre familial


"Plus de 80 % des aspirants à la propriété plébiscitent la maison individuelle et mettent en avant la notion d'espace pour justifier ce choix. Ce qui compte aux yeux des ménages, c'est à la fois l'espace dans la maison, qui doit également comporter des espaces personnels bien délimités, tout en étant relationnelle mais aussi le fait de profiter d'un jardin. On s'aperçoit d'ailleurs que les familles préfèrent s'éloigner des centres-villes pour conserver cet espace" explique Dominique Duperret. Le profil des acheteurs de maisons individuelles reste marqué par la jeunesse des acquéreurs : selon l'étude de Caron Marketing la plus récente, 94 % des acheteurs sont des couples relativement jeunes, avec un ou deux enfants et plus du tiers se situe dans la tranche des 30-40 ans. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il s'agit de ménages relativement modestes, dont les deux membres travaillent. Leurs revenus moyens, prestations familiales comprises, tournent autour de 2 300 à 2 400 € par mois et 70 % d'entre eux sont des primo-accédants. L'UNCMI observe cependant que le nombre d'acheteurs qui revendent un premier logement pour acheter leur maison est en progression. Une tendance qui reflète la hausse des prix et met l'accent sur le problème de la solvabilité des ménages. La question est donc de savoir s'ils vont pouvoir continuer à financer leur maison. Les chiffres de croissance démographique des communes de moins de 2 000 habitants - en forte progression - illustrent une autre tendance actuelle : les ménages s'éloignent des cœurs d'agglomération. "Il y a, là encore, un phénomène de contrainte budgétaire, car les prix sont plus abordables dans ces petites communes plus éloignées. Cela dit, cet éloignement illustre également un véritable choix de la part des acquéreurs, qui ont tendance à fuir la ville et ses désagréments, quitte à s'en imposer d'autres" analyse Dominique Duperret.


L'avis de DOMINIQUE DUPERRET - Secrétaire de l' UNCMI*


Indicateur Bertrand : Comment évolue la maison individuelle ?


Dominique Duperret : Nos clients souhaitent aujourd'hui des maisons qui évoluent avec leur famille et ses besoins, par exemple des chambres qui soient aussi espace multimédia. Les constructeurs doivent aujourd'hui faire face à de nombreux défis, notamment celui du respect de l'environnement. Cet aspect touche nos clients, d'autant qu'il a un impact matériel, notamment au niveau des économies d'énergie réalisables. Le confort d'été par exemple, doit être assuré tout en proscrivant la climatisation, grande consommatrice d'énergie. Il faut donc travailler sur la qualité de la ventilation naturelle. En même temps, nous travaillons sur les modes d'énergie durable, comme le solaire ou les pompes à chaleur.


I. B. : Que dire du marché en 2006 ?


D. P. : Nous sentons un petit ralentissement. Il n'est pas dû à une demande moins importante, mais au fait qu'il devient de plus en plus difficile de réaliser des maisons abordables, étant donné l'augmentation des coûts. Les taux d'intérêt se sont stabilisés et ont même légèrement remonté. Même si l'augmentation des durées de prêt compense un peu, il n'y a plus beaucoup de marge de manœuvre. Or, une grande partie de notre clientèle est constituée de ménages aux revenus modestes ou intermédiaires. Pour autant, nous ne sommes pas dans un scénario de retournement du marché. Ce n'est pas un marché spéculatif et les besoins demeurent élevés. * Union Nationale des Constructeurs de Maisons Individuelles


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