Maison rêvée

Selon les statistiques du ministère de l'équipement, 401 994 maisons ont été commencées en 2006. Les maisons en village des promoteurs y occupent une place relativement modeste, avec 49 280 maisons construites, soit 12,25 % du nombre total, tandis que les maisons "en diffus" représentent plus de 45,15 % du total. L'an dernier, la maison individuelle représentait 57 % des nouveaux logements mis sur le marché, mais 71 % de la surface résidentielle construite. Un chiffre qui illustre à la fois la qualité principale et le problème majeur de la maison individuelle : elle est plébiscitée par les Français qui rêvent d'espace, pour ses surfaces généreuses et son jardin… Mais elle est du coup, bien plus "gourmande" en foncier que les appartements !

Maison rêvée
Maison rêvée

Maison rare. D'où une polémique : la maison, qui favorise l'étalement urbain, engendre des coûts supplémentaires en matière d'infrastructures et de déplacements, avec le cortège d'impacts négatifs sur l'environnement que chacun imagine. D'où, en tout cas, un vrai problème de foncier, en particulier en Ile-de-France, où la pénurie de terrains atteint des sommets. Le dernier tableau de conjoncture de la FPC le confirme : "A la fin mars 2007, le nombre de maisons individuelles autorisées est inférieur de 1,4 % à celui de la même période en 2006". Il faut cependant remarquer que ce chiffre de 68 174 unités est supérieur à celui qui avait été constaté en 2005 et qui signifiait un recul notable des programmes de maisons groupées, avec 62 640 unités. Et la FPC de préciser : "Au 1er trimestre 2007,la maison individuelle enregistre une baisse en matière d'autorisations de construire, qui est imputable à l'individuel pur (- 6 % au 1er trimestre 2007,par rapport au 1er trimestre 2006),alors que l'individuel groupé est en hausse". Bref, s'il n'est évidemment pas facile de trouver des terrains compatibles avec de grands domaines de maisons individuelles, des programmes sortent tout de même, quitte à faire preuve d'inventivité pour utiliser au mieux le peu d'espace disponible. Ainsi, les programmes de maisons de ville, de maisons jumelées, proposent des logements plus petits, avec des maisons sous la barre des 100 m2 et parfois même nettement en dessous puisqu'on en trouve aux alentours de 70 m2…


Chacun cherche son toit. Des petites maisons moins dévoreuses de foncier… et moins chères ! "Nous avons commercialisé en janvier un programme de maisons de ville à Coulommiers, en Seine-et-Marne. 150 m2 de jardin, 80 m2 habitables, le tout pour un prix moyen de 230 000 r. C'est une maison au prix d'un appartement et nous avons vu arriver de nombreux primo-accédants, mais aussi des gens habitant le secteur et désirant y effectuer un investissement locatif" raconte Jean-Philippe Dercourt, directeur général de Nexity Domaines. Des programmes à "petits prix" qui permettent aux primo-accédants d'accéder à la maison et qui constituent, aux dires même des professionnels, l'une des voies de développement de la maison individuelle. "Nous devons développer l'offre en maisons de ville car elle correspond aux attentes des catégories socioprofessionnelles attirées par cette forme d'habitat", juge l'UNCMI. Le jeune couple de salariés aux revenus moyens, avec un ou deux enfants, reste en effet la cible privilégiée du marché de la maison individuelle et il faut pouvoir répondre à sa demande. Or, l'étude effectuée par Caron Marketing pour le compte de l'UNCMI a mis en lumière la désolvabilisation des ménages face à l'inflation du prix des terrains."La primo-accession, qui représentait jusqu'en 2004 les 2/3 des ventes de maisons individuelles, n'en représente plus en 2006 qu'une moitié", constate l'étude. C'est pourquoi les promoteurs ont diversifié leur gamme de maisons en domaine et proposent tous des typologies de maisons plus petites, compatibles avec leur budget.


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