Les diamants de l'habitat neuf du grand Lyon

Fin octobre, en Rhône-Alpes, plus de 500 appartements neufs étaient labellisés BBC-Effi nergie et 10 000 demandes, en cours. Une récolte certes jeune, mais très prometteuse. Enquête sur un marché en pleine expansion.

Les diamants de l'habitat neuf du grand Lyon
Les diamants de l'habitat neuf du grand Lyon

La neige, tombée en décembre jusque dans le centre de Lyon, nous a rappelé combien l’hiver peut se montrer frisquet dans l’ancienne capitale des Gaules. Pour autant, à cette chute du mercure succèdent généralement des moyennes estivales proches de 40°. Et ces fortes amplitudes thermiques ne sont malheureusement pas tempérées par l’infl uence océanique, comme c’est le cas le long des côtes.


Mais le bon ensoleillement favorise un bâti intéressant, avec de bonnes expositions pour récupérer de la chaleur. Un besoin d’éviter les déperditions en hiver, une recherche de confort climatique en été : toutes les conditions sont réunies pour que l’habitat écologique, et donc basse consommation, puisse prospérer.



Rive droite, rive gauche


Le groupe Capelli, deuxième lotisseur national particulièrement actif en Rhône-Alpes, a lancé en juin dernier, dans le 5e arrondissement de Lyon ses premières Villas Duplex à basse consommation.


Un événement en soi pour deux raisons, au delà des performances énergétiques : d’abord, ce sont des constructions économes en foncier, à mi-chemin entre la maison et l’appartement en duplex ; ensuite, le jardin, si petit soit-il, est conservé. Cela permet de s’adresser à une clientèle familiale avec de jeunes enfants, à la recherche d’un environnement urbain. Le budget nécessaire demeure tout de même conséquent : 380 000 e, tout compris, pour une centaine de m2 habitables… mais c’est du Lyon intra-muros.


Ceci étant, la petite surface neuve à basse consommation demeure la plus recherchée à l’heure actuelle, car fi n prête pour la défi scalisation Scellier. Environ 60 % des acquéreurs lyonnais de biens neufs ont été des investisseurs l’an dernier, un courant appelé à perdurer en 2011. Bon à mémoriser, en zone B1 comme Lyon, ils euvent prétendre à des valeurs locatives dorénavant plafonnées à 13 e/m2 en Scellier classique et à 10,40 e/m2 en intermédiaire.



Une baisse sur l’an dernier.


Des projets BBC correctement placés viennent de sortir : à Monchat, le secteur des hôpitaux du 3e (Bouygues Immobilier), dans l’écoquartier de la Confluence du 2e (groupement Brémond/Vinci Immobilier) et dans le futur quartier durable du Bon Lait du 7e (Vinci Immobilier). Les tarifs tiennent compte du surcoût énergétique, et il faut s’attendre à des petites surfaces frôlant les 4 000 e/m2, comme dans la résidence D-Sign de Vinci sur le Bon Lait (3 676 e/m2 hors parking) ou encore Évolution, le nouveau programme du promoteur près de la place Jean-Macé (3 828 e/m2).



Pour un petit appartement d’une pièce, le ticket d’entrée revient dans les 120 000-130 000 e. Le 8e, l’arrondissement de la maison de la Danse et de l’Institut Lumière, va reprendre des couleurs du fait de la restructuration de l’avenue Mermoz et de la démolition de l’autopont, à l’entrée de Bron. Le neuf présente des opportunités à basse consommation, comme Huit de Coeur de Bouygues Immobilier, qui comportait une vingtaine de lots disponibles au début du mois dernier. Dans le “bon 8e”, comptez 150 000 e pour une petite surface BBC (4 700 e/m2). Selon le site Internet Drimki, le marché ancien de l’arrondissement est plutôt acheteur, bien orienté et en hausse de 0,50 % en décembre par rapport au mois précédent. Le prix moyen reste nettement en retrait du neuf, à2 559 e/m2, mais le bâti est souvent loin d’être de qualité.



Bon cru à l’est


Villeurbanne séduit les investisseurs du fait de son université, de ses infrastructures de transport (métro et tramway) et de ses prix légèrement plus doux qu’à Lyon.


Une petite moisson de projets certifi és, ou en passe de l’être, est à cueillir (Promogim, SLC Pitance, Médicis Patrimoine…). Fontanel, un promoteur local, a mis sur le marché une résidence BBC pour étudiants, à 500 mètres du pôle universitaire de la Doua, dont la studette de 18 m2 revient de 91 900 à 96 100 e. À envisager pour un primo-investissement qui, en vertu de son petit prix, permettra peut-être un deuxième investissement pour ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier.


Bron a la cote, en raison de sa frontière avec la ville-centre, mais aussi de l’importante rénovation urbaine de ses deux quartiers en diffi culté, Parilly et Terraillon. La ville bénéfi cie aussi d’une manne d’emplois, particulièrement dans le secteur médical, et de la proximité de l’université Lyon II. Bouygues Immobilier va y construire, en basse consommation, le Centrium et 6e Sens le Bella Vita. Dans ce second projet, le une-pièce démarre à 91 000 e.


Belle performance de Bouygues Immobilier dans le sud-est, à Saint-Fons. Le promoteur est parvenu à lancer un programme écologique au tarif exceptionnel de 1 990 e/m2 (sous conditions de ressources, dans le cas d’un bénéfi ciaire de la TVA à 5,5%).


Le quartier est “entièrement refait à neuf”, situé à environ “un quart d’heure de la place Bellecour en voiture”, ajoute le promoteur dans sa documentation. Vaulx, Vénissieux, Saint-Priest, Décines ont aussi une petite collection d’appartements BBC à saisir. La commercialisation de la deuxième tranche du Nouveau Monde, le projet de Nexity à Saint-Priest, touche à sa fi n. Un appartement en basse consommation revient dans les 3 000 e/m2, tarif rare et extrêmement recherché dans la région lyonnaise. Jusqu’à présent, le programme a surtout séduit des primo-accédants à la recherche d’un site calme et au vert, mais tout de même proche de la zone d’emplois de la porte des Alpes.



Vert comme l’ouest


Malgré son caractère cossu et ses vallons verdoyants, l’ouest est souvent moins bien loti en bâti ancien peu gourmand en énergie que l’est, aux projets plus récents.


Mais des petites communes huppées ont actuellement une off re en basse consommation en voie de certifi cation, comme Collonges (voir l’interview du maire, Michel Reppelin, page précédente), la Tour-de-Salvagny et Écully. Dans la première, on trouve un projet de Promogim, dont le 2-pièces débute à 163 000 e (4 400 e/m2) et le 3-pièces à 275 000 e (3 870 e/ m2). Dans la seconde, située entre


Monts d’Or et Monts du lyonnais, le groupe Brémond a implanté un programme avec jardins privatifs allant jusqu’à 300 m2. Dans la troisième, chemin du Chancelier, un projet de Cogedim ne comportait déjà plus, au début de l’année, que deux lots disponibles.


Les autres ont tous trouvé preneur, la basse consommation et les économies d’énergie ayant décidément le vent en poupe dans la région lyonnaise…


En tout état de cause, les Grand-Lyonnais ont la main verte. En avril, la communauté urbaine a été lauréate du prix Énergies citoyennes pour sa vision stratégique, trophée décerné par des associations d’élus et des organismes environnementaux, comme l’association HQE®. Les quartiers durables commencent aussi à prendre leur envol, comme la Confluence, primée dans le concours des écoquartiers du ministère de l’Écologie (à ce sujet, voir l’article sur “La percée des quartiers durables du Grand Lyon”, paru dans l’Indicateur Bertrand de novembre 2010 et archivé sur le site Explorimmoneuf).



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