Les besoins des actifs locaux

I. B. : Pour répondre aux besoins des actifs locaux, la politique de logements à prix maîtrisés est-elle une solution efficace ?

Les besoins des actifs locaux
Les besoins des actifs locaux

Dominique Guérin : La solution des logements à prix maîtrisés proposée par la Serm est intéressante, mais la demande en primoaccession et en accession intermédiaire ne peut pas être uniquement satisfaite ainsi. La hausse des taux d'intérêt, qui ont augmenté de 25 % en 2007, a eu un effet mécanique sur la solvabilité des acquéreurs potentiels et nous sommes arrivés à la limite des durées d'emprunt, d'autant que les banques font respecter les règles et les critères d'engagement. Au regard d'autres grandes villes, les prix sont compétitifs à Montpellier, mais ils ne sont pas toujours adaptés aux revenus de la population.


Cyrill Meynadier :Quand nous parlons de prix de logements en primoaccession, nous sommes à 2 400 e/m2 et à 2 700 e/m2 en accession intermédiaire. Il y a cinq ans à peine, ces prix étaient ceux du haut de gamme ! Il faut bien admettre que nous ne répondons pas à la demande solvable des jeunes ménages qui sont, la plupart du temps, dans l'incapacité de mobiliser entre 10 et 15 % d'apport personnel. Si les logements à prix maîtrisés représentent un gros effort de la Serm, à Montpellier, néanmoins, une part importante de ces primo-accédants ne peut pas acheter. En tout cas, mécaniquement, nos bilans ne nous permettent pas d'atteindre naturellement ces prix.


Philippe Ribouet : Qui achète aujourd'hui sur le marché montpelliérain ? Il existe d'une part un marché jeunes ménages en primo-accession qui a été artificiellement maintenu grâce à l'effort conjoint de la ville, de la Serm et des promoteurs et, d'autre part, un segment que je qualifierais de classique, constitué d'actifs âgés de plus de 45 ans et cherchant des appartements en centre-ville. Sur l'une de nos opérations, Rive Droite, à 3 500 e/m2moyen, nous avons compté 41 % d'acquéreurs en résidence principale. Les primo-accédants classiques, que l'on finançait auparavant en 15 ans poussent la durée à 25 ans, voire 30 ans.


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