Le neuf à plus de 8 000 €/m2

Sur le front du neuf, le paysage change radicalement. Les volumes sont ténus : seules 750 ventes se sont conclues l’an dernier, dont 60 % pour des surfaces moyennes (des 2 et 3-pièces). À titre de comparaison, 3 000 logements neufs se négociaient en 1999 à Paris. Du côté du chèque à signer, il faut prévoir un budget confortable : 8 333 €/m2 en moyenne, un montant en hausse de 17 % l’an dernier selon l’Adil 75 (Association départementale d’information sur le logement). Un tarif qui s’est envolé ces dernières années, puisque le mètre carré valait à peine dans les 5 000 € en 2000. Malgré son étroitesse, le marché du neuf demeure sain aux yeux des professionnels, et ce pour plusieurs raisons. “Paris reste Paris, c’est une ville unique, commente Sandrine Cassar, la directrice des ventes de Kaufman & Broad sur la capitale. La demande y est toujours forte, d’autant que la clientèle est consciente que les prix, en dessous de ceux de la majorité des capitales européennes comme Rome ou Londres, vont encore monter, même si la hausse s’avère plus mesurée.” En moyenne, le rythme d’écoulement d’un programme avoisine les trois à quatre ventes par mois, mais se montre encore plus vif dans l’hypercentre historique.

Le neuf à plus de 8 000 €/m2
Le neuf à plus de 8 000 €/m2

Ainsi, en un week-end, le promoteur a vendu 30 % d’un programme à 300 mètres de la Bastille en ne gardant disponible, au 15 mai, qu’un studio à la vente (l’ensemble du projet a été vendu à 9 500 €/m2, parking inclus). La clientèle escomptée de cet ultime bien serait soit parisienne dans une logique patrimoniale, soit étrangère – italienne ou anglo-saxonne en priorité – à la recherche d’un pied-à-terre dans un quartier festif. Kaufman & Broad s’est aussi lancé dans les arrondissements en devenir que sont les 19e et 20e. Près des Buttes Chaumont et des maisonnettes de la Mouzaïa, le programme Les Patios Parisiens a été cédé aux deux tiers en un an, à 7 000 €/m2. Une autre opération, Loft Square, face au square de Ménilmontant et comportant des hauteurs sous plafond atypiques, a été vendue pour moitié depuis février à 7 500 €/m2. Il est vrai que les bureaux de vente de l’Est parisien voient défiler une clientèle de bobos en augmentation régulière. C’est le reflet de la “gentrification” de la capitale, c’est-à-dire du remplacement des catégories populaires par une population plus favorisée financièrement, ou culturellement, ou les deux à la fois. Un phénomène qui touche la Bastille, dont le faubourg Saint-Antoine des ébénistes est devenu le paradis des lofts. Même topo dans le quartier Sainte-Marthe, dans le 10e. Amélie Poulain serait-elle vouée à disparaître au profit d’Octave, le héros matérialiste de “99 F” ?


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