Le Grand Paris remonte en scène

Le gouvernement Ayrault vient de présenter sa version d’une métropole mondiale passant par la construction de logements desservis par un " supermétro " francilien.

Le Grand Paris remonte en scène
Le Grand Paris remonte en scène

Une levée de boucliers ! Tel fut l’effet produit par le report éventuel d’une partie du métro du Grand Paris. Aussitôt, en janvier et février, des pétitions ont circulé à Massy, à Villejuif, pour le Grand Roissy… Des élus n’ont pas ménagé leurs prises de parole devant la presse. Des habitants ont manifesté devant des mairies, pancartes à bout de bras, demandant " un métro pour maintenant ! " Mais qu’est-ce donc que ce Grand Paris qui se fait tant désirer en périphérie ? Sûrement plus qu’un métro. Pour autant, sera-t-il, comme certains l’ont prédit, la plus grande révolution d’urbanisme depuis les percements de Paris par Haussmann ?


 


200 kilomètres de métro


Qu’on le souhaite ou non, le XXIe siècle est planétaire. Paris (2 millions d’habitants) lutte contre des mégapoles : le Grand Londres, créé en 1965 (8 millions d’habitants administrés par une collectivité locale depuis 2000), Tokyo (12 millions d’habitants), Shanghai (18 millions)… Pour la capitale, le moment est venu de sortir de son historique périphérique. Devenir une grosse métropole de 12 millions de Franciliens n’est pas impossible, mais titanesque tant les clivages persistent, cicatrices de mille ans de centralisation. À commencer par les transports en commun : 70 % des Parisiens les utilisent, contre seulement 30 % des habitants de la proche couronne, faute d’infrastructures. Lignes saturées, matériel à bout de souffle, aéroports mal desservis sont le quotidien de la région la plus riche de France. De ce constat sans équivoque est né le projet d’un métro de " banlieue à banlieue ", zone où les déplacements ont augmenté de 50 % en vingt-cinq ans. Un métro de pointe, automatique, à la fréquence plus élevée que celle d’un tramway, et connecté aux aéroports. Le tracé comporte de nouvelles lignes (15, 16, 17 et 18) qui s’entremêlent en rocade près de la capitale. S’y ajoutent des extensions (lignes 14, 12, 11 et 4) et des modernisations du RER. Au final, cette grosse toile d’araignée permettra de se rendre en moins d’une demi-heure de La Défense à Roissy ou de Champigny à Boulogne. Voilà ce qu’est le métro du Grand Paris. Ou plutôt ce qu’il s’apprêtait à devenir jusqu’au jour de décembre où Pascal Auzannet, ancien directeur des RER à la RATP, a remis au gouvernement son rapport sur le sujet. Conclusion : le métro coûterait 10 milliards de plus que prévu, soit au total 30 milliards. En cause, entre autres : les gares, les connexions et les extensions supplémentaires demandées par les élus locaux. Les finances publiques n’étant pas au mieux de leur forme, l’opération ne serait pas réalisée en 2025, au pas de course comme convenu. Le phasage serait séquencé jusqu’en 2040, en accordant la priorité à certaines lignes. Autrement dit, on procéderait par " tronçons ". Comme pour l’A86 qui, démarrée en 1968, fut achevée… en 2011 !


 


Des gares " sensuelles "


Un million d’arbres seront plantés dans le cadre du Grand Paris. Et 72 gares construites ou réhabilitées avec extension. Chaque nouvelle gare aura son architecte – généralement une pointure –, dont le travail sera coordonné par Jacques Ferrier Architectures (JFA). L’agence est connue pour ses recherches sur le développement durable et la réalisation du pavillon français de l’Exposition universelle de Shanghai. Des sociologues et des chercheurs du MIT (Massachussets Institute of Technology) l’épaulent pour le Grand Paris. Le plan-guide de Jacques Ferrier envisage des gares très visibles. Sans commune mesure avec les discrètes stations parisiennes, rares à rester surmontées  des  édicules  d’Hector Guimard.  " Contextuelles ", les gares du Grand Paris s’ancrent dans le " génie des lieux ", précise l’architecte. " Sensuelles ", elles flattent l’ouïe et l’oeil : les bancs diffusent de la musique, la lumière naturelle s’infiltre… En fait les gares deviennent de grandes places marchandes, autour desquelles se construisent des logements, des bureaux et des équipements sur le modèle des centres-villes, c’est-à-dire à courte distance. Plus largement, elles se connectent sur la région et sur le monde via le réseau existant. Une petite dizaine de pôles intermodaux majeurs devrait se structurer : à La6Défense, Versailles-Chantiers, Massy, Saint-Denis Pleyel, et sur les axes du Bourget, de Roissy Charles-de-Gaulle et de Rungis-Orly.


 

  • Le métro du Grand Paris va faciliter les déplacements de banlieue à banlieue.
  • La réalisation des gares créera un important développement immobilier.
  • Presque toute la région est concernée par les contrats de développement territorial qui devraient doubler la construction.

 


Pour plus d'infos :

  • www.mon-grandparis.fr : le site gouvernemental.
  • www.societedugrandparis.fr : le site de la Société du Grand Paris, l’aménageur public des nouvelles gares et d’une grande partie des lignes. On trouve notamment la localisation précise de futures gares.
  • www.stif.info.fr : le site du Syndicat des transports d’Île-de-France, qui est devenu responsable des lignes du Grand Paris.

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