Le contexte redevient favorable

Évolution des prix, mesures du plan de relance, intentions d'achat... Le président-directeur général de Nexity nous expose sa vision du marché

Le contexte redevient favorable
Le contexte redevient favorable

Indicateur Bertrand : Quelle est votre analyse de la situation du marché de l'immobilier en France ?


>Alain Dinin : L'année dernière, nous avons connu un retournement brutal de tendance, car le crédit immobilier – ou plutôt, le système de financement d'une manière générale, s'est bloqué. L'immobilier n'est pas en crise. Il n'y a pas de surproduction.


Face au ralentissement des ventes, les opérateurs ont immédiatement baissé de moitié leur production. Si bien qu'à la fin 2008, il n'y a en France que 4 000 logements achevés à vendre. Pour Nexity, nous n'avons que 173 logements achevés en stock. La demande reste forte ; au pire, elle est différée faute de financement, mais les Français ont besoin de se loger, et la crise actuelle n'a pas effacé la pénurie de logements.


I.B.:Quel pronostic faites-vous sur l'évolution du marché de l'immobilier en France ?


>A.D. : Aujourd'hui, plusieurs facteurs positifs s'additionnent pour laisser espérer une inflexion de tendance avant la fin de l'année.


Outre les mesures gouvernementales, les conditions de crédit devraient continuer de s'améliorer avec la baisse des taux et resolvabiliser nos clients.


Les prix se sont déjà réajustés dans le neuf. Rappelons que les prix dans l'ancien ont augmenté de 149 % sur les dix dernières années, et de 75 % dans le neuf.


Un réajustement est inévitable.


C'est pourquoi les prix devraient continuer de baisser dans l'ancien et se stabiliser dans le neuf dans les prochains mois. Les Français ont compris que le contexte redevenait favorable, et ceux qui n'ont pas de crainte quant à la pérennité de leur emploi se tournent à nouveau vers l'immobilier. Tout comme ceux, de plus en plus nombreux, qui ont compris que l'investissement immobilier est moins volatile que les placements boursiers.


Le gouvernement encourage d'ailleurs les ménages à investir dans l'immobilier, le nouveau dispositif d'investissement locatif Scellier est très incitatif en terme de réduction d'impôts.


L'ensemble de ces éléments, conjugué à une demande qui reste forte, devrait ouvrir la voie à une reprise. Les intentions d'achat des Français dans le neuf se sont nettement redressées, pour retrouver le niveau du début de l'année dernière.


I. B.: Le plan de relance du gouvernement en faveur du logement aura-t-il, selon vous, un impact suffisant sur votre secteur en 2009 ? Quelles sont les priorités à mettre en oeuvre ?


>A.D. : Face au retournement conjoncturel, le gouvernement a pris des mesures d'urgence pour relancer l'investissement et soutenir le secteur du BTP, et les nombreux emplois qu'il représente.


Pour le seul marché immobilier, il a mis en place le doublement du Prêt à taux zéro, de nouvelles mesures d'investissement locatif, l'acquisition d'opérations en bloc par les opérateurs sociaux, l'extension du Pass foncier au collectif ou encore un soutien de 200 millions d'euros à l'Anru. Ce sont des mesures indispensables qui vont permettre de relancer l'accession et de faire revenir les investisseurs sur le marché du logement. Jamais un gouvernement n'a autant fait en aussi peu de temps. Mais en matière d'immobilier, rien ne produit des effets immédiats. C'est pourquoi, la dynamique doit être impulsée immédiatement pour permettre une reprise du secteur dès 2010. Si nous n'agissons pas aujourd'hui, la pénurie de logement que nous connaissons déjà va s'aggraver demain.

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