La stratégie de l’Île-de-France pour relancer l’accession

CARTE INTERACTIVE. Libérer davantage de foncier pour construire plus et faire baisser le coût des logements neufs. C’est le cercle vertueux immobilier que va mettre en place la région Île-de-France. Explications.

La stratégie de l’Île-de-France pour relancer l’accession
La stratégie de l’Île-de-France pour relancer l’accession

Acheter en Île-de-France est-il à la portée de tous ? La question mérite d’être posée lorsqu’on lit ce constat de l’Agence départementale d’information sur le logement (Adil75) : "Malgré des taux de crédit encore très attractifs, des prix qui tendent à diminuer et plus généralement une conjoncture immobilière favorable, l’accession à la propriété en Île-de-France, ou le contexte en matière de logement et d’habitat reste particulièrement tendu, demeure encore une gageure".


A ce jour, moins d’un Francilien sur deux est propriétaire de son logement (47 %). La faute, bien souvent, aux prix trop élevés (voir carte). Contre cette fatalité, Valérie Pécresse, présidente de la région et de l’Etablissement public foncier d’Île-de-France (EPFIF), vient d’annoncer un large plan de mobilisation de terrain pour construire du logement privé. "Cela ne freine en rien nos opérations en matière de logement social", s’empresse d’ajouter Geoffroy Didier, vice-président du conseil régional en charge du logement. "Nous continuons à faire des habitations à loyers modérés de toutes sortes, mais il faut rééquilibrer l’offre du parc privé abordable, dans le but de renforcer la mixité sociale."







Près de 12 000 nouveaux logements par an


Pour ce faire, l’administration Pécresse via l’EPFIF compte puiser dans son stock de 12 millions de m², constitué en vue des grands aménagements du territoire sur le moyen terme, et les céder à prix coutant aux promoteurs, sans aucune marge. "Auparavant, lors des cessions, il y avait toujours une plus-value. Là, ce ne sera plus le cas. En vendant moins chers, nous sommes persuadés que les promoteurs qui achèteront ces terrains pourront construire des maisons ou appartements de qualité qu’ils vendront à moindre coût", suppose Geoffroy Didier. A la clé : 12 000 logements supplémentaires tous les ans d'ici 2020 contre 7 000 auparavant. De quoi aider à relancer l’accession si les promoteurs jouent le jeu de la baisse des prix, ce qui n’est pas gagné.


En juillet 2016, Thierry Repentin, délégué interministériel à la mixité dans l'habitat, spécialisé dans la cession de terrains publics à bas coût pour construire des opérations mixtes, se plaignait de certains professionnels : "J’ai dû rappeler à l’ordre la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) ", s’irritait-il. "Les promoteurs doivent comprendre que c’est dans leur intérêt de sortir, sur ce type d’opération, des logements neufs moins chers."


Près de 1,8 milliard d’euros d’investissement


Pour compléter l’opération "construction", l’EPFIF prévoit de dépenser sur 5 ans près d’1,8 milliard d’euros dans le but de booster de 50 % les acquisitions de nouveau terrain qu’elle vendra par la suite. Une réserve de foncier constructible sera conservée dans le cadre des grands projets d’aménagement du Grand Paris Express ou de grands événements culturels comme les Jeux Olympiques de 2024 si la France les obtient.


Outre ces initiatives, la région va également retirer les textes obligeant certains maires à dépasser les standards de la loi SRU, en construisant jusqu’à 50 % de logements sociaux sur leur territoire. Des règles adoptées au moment de la fusion des certains établissements publics fonciers. Désormais, seul le respect exact de la loi SRU prévaudra, c’est-à-dire posséder sur son territoire 25 % de hlm à l’échelle de commune et 30 % pour les villes carencées.


Reste la question du Prêt à taux zéro en Île-de-France ? "Il arrive. Nous sommes en train de travailler dessus, mais c’est une promesse de campagne et nous la respecterons", affirme Geoffroy Didier. La montre tourne.



Source : chiffres notaires et adil75

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