La Seine-Saint-Denis, à deux pas de Paris

Les cités de Saint-Ouen, Saint-Denis et Aubervilliers grimpent sur le podium des villes " bâtisseuses ".

La Seine-Saint-Denis, à deux pas de Paris
La Seine-Saint-Denis, à deux pas de Paris

Saint-Ouen, Saint-Denis et Aubervilliers grimpent sur le podium des " bâtisseuses " 2012. Pour Saint-Denis, rien d’étonnant. La ville se reconstruit sur elle-même depuis quinze ans. Saint-Ouen, moins féconde en temps normal, redore sa moyenne avec l’écoquartier des Docks. En jeu : 4 000 logements, dont une partie en accession au prix maîtrisé de 4 500 €/m2. Aubervilliers devient prolifique depuis le changement de majorité municipale en 2008 (voir l’interview du maire Jacques Salvator). Pas moins de treize bulles de vente attendent de futurs Albertivillariens, dont celles de Cogedim dans le centre-ville et du Crédit Agricole Immobilier près du fort. Icade va poursuivre un programme à la porte d’Aubervilliers, dont la première tranche s’est écoulée en 24 heures. " Notre objectif est de mixer la ville par le haut, explique Jean-Yves Vannier, adjoint à l’urbanisme. Nous nous appuyons beaucoup sur la capacité de la promotion privée à aller chercher le foncier avec les dents dans le secteur diffus, car les opérations publiques sont longues à mettre en oeuvre. " En quantité importante, l’offre régule le marché à 4 100 €/m2 avec parking. L’essentiel des projets comporte une possible TVA à 7 %. Pour rééquilibrer le parc immobilier, en majorité locatif, la mairie favorise la résidence principale en imposant 70 % de 3-pièces et plus dans les programmes neufs, de même que 65 m2 de surface minimale. C’est un bon marché de report de la capitale, peut-être le plus abordable du moment...


 


Des logements neufs le long des berges


Voilà dix-huit ans que Corinne D. vit à Pantin. " J’ai vu la ville évoluer, reconnaît-elle. Ce n’est plus le Pantin communiste d’avant. La population s’est boboïsée. Beaucoup d’artistes et de musiciens vivent ici, comme le fils de Coluche. Ce sont des gens qui ont de l’argent, ça se sent. Malgré tout, Pantin maintient sa tradition sociale. " La gentrification pourrait s’amplifier dans le futur quartier du Port, sur les berges du canal de l’Ourcq entre les métros Église de Pantin et Raymond-Queneau. Un lieu culturel et animé promettant 600 logements et achevé vers 2017. De la même façon, des villes renoueront avec leurs berges du canal : Bobigny (Zac de l’écocité), Romainville (voir l’entretien avec le maire Corinne Valls), Noisy-le-Sec, Bondy. Aux Pavillons-sous-Bois, le quartier du canal a pris une longueur d’avance pour arriver à terme en 2015. Au programme, le long de la voie d’eau : 300 logements, dont 2/3 privés. Le projet de MDH Promotion aborde la fin de commercialisation ; les deux autres sont à mi-parcours (Bouygues Immobilier et Spirit). L’OPH 93 projette des maisons groupées, dont une trentaine en accession sociale. Le coût total de cette reconquête monte à 70 millions d’euros. " Nous n’aurions jamais eu la capacité financière de mener à bien cette opération sans l’aide de l’État, via l’Anru ", admet le sénateur-maire Philippe Dallier. Le financement ? Un problème crucial en Seine-Saint- Denis. Car les villes, comme leurs habitants, ne roulent pas sur l’or.

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