La part des investisseurs vs les propriétaires accédants

I.B. : La part importante des investisseurs laisse à penser que, finalement, les locataires sont plus nombreux que les propriétaires accédants. Quel constat dressez-vous ?

La part des investisseurs vs les propriétaires accédants
La part des investisseurs vs les propriétaires accédants

Alain Ferrasse (Eiffage Immobilier) : Interrogeons-nous sur la question de la solvabilité et sur le poids de la crise économique. Nous réalisons, par exemple, des appartements à 2 300 €/m2 à Bruges, dans la CUB, et les jeunes qui démarrent dans la vie, sauf ceux aidés par leurs parents, ne peuvent pas y accéder. Je suis un fervent partisan de la construction en centre-ville, mais je suis obligé de dresser ce constat que les seuls jeunes présents en centre-ville sont des locataires de petits logements.


Isabelle Chevreau (Nexity George V) : Je voudrais mettre en évidence un paradoxe. Alors que l'on demande au locataire de plus en plus de garanties, des revenus importants, des cautions, il est plus aisé d'obtenir un prêt avec le rallongement des durées. Or, nous n'arrivons pas à capter cette clientèle d'accédants ! Au constat de la désolvabilisation, peut-être faudrait-il ajouter une définition du logement collectif qui n'est pas conforme à l'attente de familles qui souhaitent disposer d'un bout de jardin.


Jean-Louis Guy (Mazarin Investissement) : Cela ne me paraît pas moralement indigne que, dans un parcours de vie, il existe une période où il est plus raisonnable d'être locataire à loyer raisonnable que d'être surendetté pour avoir acheté un terrain éloigné de Bordeaux. En Gironde, ceux qui produisent des logements en dehors du secteur urbain louent l'ensemble de leur production. Si l'on proposait aux locataires, qui travaillent en général sur le territoire de la CUB, d'habiter à un quart d'heure de leur travail, ils seraient ravis. Or, entre le POS et le PLU, la diminution des droits à bâtir est de 30 % : où est la ville rêvée ? Les boulevards à Bordeaux seront demain, dans le cadre du PLU, limités à R+2 ou à R+3, contre R+6 aujourd'hui.


François Quirac (Bouygues Immobilier) : Nous nous tournons résolument vers le propriétaire accédant. La plupart de nos investisseurs sont des futurs propriétaires accédants qui achètent, grâce au dispositif Robien, leur résidence principale pour un retour dans le Sud-Ouest dans un proche avenir. En terme de tranches d'âge, nous sommes dans une fourchette de 35 à 45 ans, sur des 3-pièces entre 68 et 72 m2, avec, même, une demande de 4-pièces.


Denis Luthereau (Icade Capri) : En accession, nous essayons de réaliser des logements décents en terme de surface. Or, des investisseurs se positionnent sur des logements qui ne sont pas forcément compacts et des accédants, pour des raisons budgétaires, se retrouvent sur des logements initialement conçus pour des investisseurs. J'observe cette mixité au sein de nos opérations.


Isabelle Chevreau (Nexity George V) : L'investisseur, dont la tendance était plus à la recherche d'un produit purement financier et défiscalisant, accepte aujourd'hui de voir la rentabilité moins élevée, et revient vers un placement dans la pierre affichant une vraie valeur intrinsèque. De ce fait, il devient plus attentif à la qualité de son acquisition.


Service

Prenez rendez-vous avec un diagnostiqueur