L’impact des transports sur l’immobilier

TGV, LGV, tramway, métro… Dans toutes les grandes métropoles, les transports en commun influencent le développement urbain et le marché. État des lieux.

L’impact des transports sur l’immobilier
L’impact des transports sur l’immobilier

Que ce soit par la route ou le rail, la France se tisse, depuis une trentaine d’années, un système de communications de plus en plus dense et performant. Et le temps est loin où l’Île-de- France concentrait l’essentiel des infrastructures. Certes, la région continue de s’équiper, inaugurant, ici et là, des prolongations de métro, de nouvelles lignes de tramway… Avec en locomotive le Grand Paris Express dans les prochaines années. Reste que Paris et la région parisienne ne sont pas la France. Développement durable aidant, les grandes métropoles s’équipent, elles aussi, densifiant leur maillage pour se rendre plus attractives.


Un effet TGV sur les prix


Pour un certain nombre d’entre elles, le TGV a été un formidable tremplin.Tout d’abord à Lyon avec la mise en service, en 1981, de la première ligne à grande vitesse, puis à Nantes (1989), Lille (1993), Marseille (2001) et Strasbourg (2007). Ce ne sont évidemment pas les seules agglomérations à avoir bénéficié des effets du TGV. Des villes comme Le Mans, Angers, Tours, Rennes ou Bordeaux à l’ouest, Reims, Metz et Nancy à l’est ou encore Avignon, Nîmes, Montpellier ou Perpignan au sud, ont vu leur cote immobilière perceptiblement grimper, les candidats à l’acquisition n’hésitant plus à s’éloigner. Vendôme, une des villes à avoir eu un grand succès au moment de l’arrivée du TGV, propose par exemple, des prix très attractifs par rapport à la région parisienne. Même encore aujourd’hui. Un 3-pièces neuf de 70 m2 peut y être acquis pour 131 000 € alors qu’en Île-de-France, il faut tabler sur un budget de 250 000 €. Ce n’est évidemment pas le seul exemple. Toutes les villes à une heure de Paris ont suivi le mouvement. Idem dans les grandes métropoles régionales où la montée des prix immobiliers de la dernière décennie a créé le même mouvement centrifuge, les habitants cherchant à quitter le centre-ville pour trouver moins cher en périphérie. D’où, à l’échelle locale, la nécessité de développer les transports en commun.


Le tramway retrouve sa superbe


Abandonné peu à peu au cours du siècle dernier, le tramway a ainsi retrouvé ses lettres de noblesse et tient la vedette un peu partout en région. Plus économique que le métro, propre, il a été choisi dans des villes comme Nantes, Strasbourg, Bordeaux, Grenoble, Lyon, Marseille, Toulouse, Nice, Saint-Étienne… Paris et la région parisienne ne sont pas en reste. Dans la capitale, le retour du tramway s’est concrétisé par l’ouverture successive des premiers tronçons de la ligne du T3 qui emprunte les boulevards des Maréchaux de Pont du Garigliano à la Porte de la Chapelle. Demain, il poursuivra sa route jusqu’à la porte d’Asnières. Les communes de la périphérie font de même avec des projets en cours ou achevés qui améliorent les déplacements des Franciliens. Mais, ce qui a changé par rapport aux décennies passées, c’est que les transports sont désormais pensés en fonction d’un schéma d’urbanisation futur des quartiers, et non plus construits après coup pour pallier les excès de l’étalement urbain. Indicateur Bertrand, l’ancêtre d’Explorimmoneuf, a été un précurseur de cette approche « transports et immobilier » avec son indicateur des chemins de fer. La SNCF se met elle aussi à l’heure de l’immobilier, en créant une structure immobilière. « C’est un marché sur lequel nous sommes présents depuis très longtemps : les premières compagnies ferroviaires françaises, ancêtres de SNCF, ont toujours associé à leurs projets de développement des projets urbains », indique Sophie Boissard, directrice générale en charge de la préfiguration de la SNCF Immobilier.


La SNCF valorise l'immobilier


Le groupe s’apprête ainsi, outre ses activités ferroviaires, à regrouper sous une même entité l’ensemble de ses savoir-faire en matière de gestion et de valorisation immobilière, d’aménagement urbain et d’opérateur de logements. La SNCF s’organisera autour de sept directions territoriales capables de dialoguer avec les villes et les acteurs de l’aménagement urbain et de nouer des partenariats durables. Ce n’est d’ailleurs pas une nouveauté pour la société. « Nous avons déjà une bonne expérience en la matière : prenez les grandes opérations urbaines en cours à Paris, pratiquement toutes se font déjà en collaboration avec SNCF et RFF, sur du foncier progressivement gagné sur les emprises ferroviaires historiques, poursuit Sophie Boissard. C’est cette logique que nous voulons développer et démultiplier à l’échelle des territoires. »


 

Métro et tramway : nombre de rames en France
2012/2013
  Métro Tramway
Île-de-France
1071/1071
108/150
Lille
143/143
24/24
Lyon
73/73
78/81
Toulouse
105/116
24/24
Marseille
36/36
26/26
Rennes
30/30
-/-
Strasbourg
-/- 94/94
Nantes
-/- 79/91
Grenoble
-/- 89/89
Montpellier
-/- 57/83
Bordeaux
-/- 74/74
Mulhouse
-/- 39/39
Saint-Etienne
-/- 35/35
Dijon
-/- -/33
Nice
-/- 28/28
Rouen
-/- 28/26
Le Mans
-/- 26/26
Caen
-/- 24/24
Clermont-Ferrand
-/- 25/23
Le Havre
-/- -/22
Nancy
-/- 21/21
Valenciennes
-/- 21/21
Brest
-/- -/20
Reims
-/- 18/18
Angers
-/- 17/17

Source : Ministère de L'Ecologie, du développement durable et de l'énergie

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