L’AVIS DE PHILIPPE PAILHÈS

Chargé de l’immobilier à la chambre des notaires de Haute-Garonne

L’AVIS DE PHILIPPE PAILHÈS
L’AVIS DE PHILIPPE PAILHÈS

Indicateur Bertrand : Que pensez-vous de l’état du marché immobilier toulousain ?


Philippe Pailhès : Le marché du logement neuf semble en difficulté, en raison de l’euphorie des années passées, tant avec l’envolée des volumes de production que de l’inflation des prix. Il est clair qu’un étalement plus raisonnable du développement des Zac est à l’ordre du jour. Parler de récession est excessif, mais le marché traverse ce que l’on pourrait appeler une conjoncture tendue chronique. Les stocks s’écoulent plus lentement que ce ne fut le cas au cours des cinq dernières années et les prix ne peuvent pas actuellement baisser, car le seul levier sur les opérations actuellement commercialisées réside dans la marge des sociétés de promotion. Si, comme nous l’observons, les entreprises du Bâtiment baissent leur coût de construction et les prix de foncier s’apaisent, la baisse deviendra alors réelle. Pour l’instant, les prix du neuf se situent à 3 300€ le m2, alors que le vrai marché se situe entre 2 600 et 2 700€ le m2. Il est d’autant plus important d’atteindre ces prix que les taux d'intérêt ont désolvabilisé une grande partie des ménages. Dans cette situation, le secteur de la revente présente à la fois une gamme plus diversifiée de biens et des niveaux de prix plus abordables, malgré leur progression au premier semestre 2008. Bien que le volume des échanges ait ralenti, les prix se maintiennent car les propriétaires vendeurs préfèrent conserver leur bien. Dans un contexte où les vendeurs sont attentistes, où les acquéreurs espèrent une baisse des taux et où les banquiers hésitent à financer les opérations des promoteurs qui, en outre, rechignent à s’engager, on ne peut qu’être inquiets. Tous les ingrédients d’une crise sont réunis pour 2009.


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