L'AVIS DE MAÎTRE HUMBERT, Président de la Chambre des notaires de Paris

Maître Humbert : Le doublement du prêt à 0% est une excellente mesure. Mais, il ne semble pas qu'il faille distinguer le neuf de l'ancien. Économiquement et financièrement, on comprend bien la logique qui a présidé à ce choix. Sur le plan financier, le prêt à 0% coûte très cher. Sur le plan économique, le neuf paraît créer davantage d'emplois. Pour autant, il est évident que les primo-accédants se dirigent naturellement et massivement vers l'ancien parce qu'il est plus accessible en termes de prix.

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Ils prévoient généralement des travaux dans la foulée, ce qui génère de l'activité et de l'emploi dans le bâtiment. Il faut avoir à l'esprit que l'emploi dans le bâtiment est lié pour 50 % à la construction et pour 50 % à la rénovation.


Il n'est donc pas juste de réserver le prêt à 0% au neuf sous prétexte qu'il génère plus d'emplois. À mon sens, il aurait fallu généraliser le doublement et adapter la mesure en fonction de l'évolution de la situation de l'acquéreur.


Si ses revenus évoluent, pourquoi ne pas revenir à un prêt à des conditions classiques ?


Le prêt à 0% se justifie lorsque les revenus sont faibles mais pas lorsque la situation s'améliore.


Il conviendrait donc peut-être de prévoir que le prêt à 0% puisse être remis en cause en cas de progression des revenus. Les crédits économisés pourraient être réaffectés au bénéfice des accédants qui en ont réellement besoin. De toute manière, il y a de fortes chances pour que l'impact du prêt à 0% soit moins élevé au cours des prochaines années compte tenu de la baisse prévisible des taux longs.

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