Jeunes : les formules à long terme s’imposent

Vous n'avez pas un sou en poche ? Qu'à cela ne tienne. Vous pouvez sans doute bénéficier d'un prêt à 0 % et peut-être d'un prêt 1 % logement. Quant au prêt principal dont vous aurez aussi besoin pour compléter votre plan de financement, si vos revenus sont réguliers et que vous avez de bonnes perspectives d'évolution de carrière, les banques vous prêteront peut-être 100 ou 110 % du prix d'achat de votre bien. Attention toutefois, cela n'est pas systématique. Aujourd'hui, les banques y regardent à deux fois. Et pour rembourser en douceur sans vous priver, un prêt de très longue durée peut s'avérer judicieux.

Jeunes : les formules à long terme s’imposent
Jeunes : les formules à long terme s’imposent

Des prêts sur 25 ou 30 ans


Aujourd'hui, les prêts sur 25 ans sont devenus très courants. Ils représentent le tiers de la production des banques. Et sur 30 ans, cette production monte également en puissance. Certains établissements vont même jusqu'à offrir des prêts sur 40 et 50 ans, ce qui reste cependant très peu utilisé pour le moment. Une façon de contrer la hausse des prix de l'immobilier et de rendre solvable les acquéreurs modestes. Mais attention, cette option vous coûtera beaucoup plus cher. Ainsi, si vous empruntez 200 000 e sur 20 ans, vous rembourserez 1 290 e par mois et le coût de votre crédit s'établira à 108 900 e ; sur 25 ans, votre mensualité chutera à 1 150 e mais le coût de votre prêt passera à 143 800 e. Et sur 30 ans, c'est encore pire : vous paierez chaque mois 1 075 e et rembourserez au final 186 500 e ! Mais comme vous le diront les banquiers, un prêt à très long terme n'a pas vocation à durer longtemps. Raison pour laquelle la formule prévoit généralement le remboursement anticipé sans frais. Il est vrai que, dans la plupart des cas, les acquéreurs revendent au bout de 8 à 10 ans. Encore faut-il qu'après ces quelques années, vous puissiez rembourser votre emprunt et réaliser une petite plus value qui constituera un apport pour l'achat suivant. Alors que le marché immobilier ralentit et qu'il est fort probable que les prix stagnent, voire baissent dans les mois qui viennent, la question vaut d'être posée.


Attention aux taux révisables.


Il faut savoir que les formules à très long terme ne sont proposées qu'à taux fixe. Certains établissements, en particulier les banques spécialisées les assortissent d'un taux révisable. Or, ces formules sont aujourd'hui mises à mal par la remontée des taux. "Les taux révisables ne se justifient plus car il n'y a plus d'écart entre les taux courts et les taux longs, explique Cafpi, en août 2007 l'Euribor 1 an a même dépassé l'OAT pour la première fois : 4,67 % contre 4,65 %".Rappelons en effet que l'Euribor est le taux du marché monétaire européen et qu'il sert de référence aux prêts à taux révisable. L'OAT 10, pour sa part, est l'indice de référence des prêts à taux fixe. Aujourd'hui, un certain nombre d'emprunteurs, qui ont fait le choix d'un taux révisable il y a quelques années, se voient pé- nalisés par la remontée des taux dans la mesure où leur prêt n'apporte pas de réelle sécurité. Dans la plupart des formules, les évolutions de taux sont répercutées sur la durée du prêt et non sur la mensualité. Mais, certains ont eu la mauvaise surprise de voir tout de même leur mensualité grimper. A cela une raison simple : "L'allongement de la durée est souvent limitée à 5 années, si ce mécanisme ne suffit pas pour faire face à la hausse des taux d'intérêt, il faut ensuite s'attaquer à la mensualité", explique Geoffroy Bragadir, le fondateur d'Empruntis.com, "néanmoins, cette deuxième disposition figure obligatoirement dans les termes du contrat pour être applicable".Autant dire que si vous faites le choix d'un taux révisable, vous avez intérêt à bien lire votre contrat. Malgré tout, un taux révisable n'est pas forcément à exclure, "ils présentent certains avantages, précise encore Geoffroy Bragadir, ils permettent notamment d'intervenir dans la construction de produits de financement plus complexes qui aboutissent à faire baisser le coût total du crédit.N'oublions pas que ces solutions ont permis à certains, notamment les jeunes primo accédants, de devenir propriétaires en bénéficiant de taux exceptionnellement bas et que pour la plupart d'entre eux, leurs revenus ont évolué à la hausse entre le moment de la signature et maintenant".


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