Jean-Yves Mano - Adjoint au Maire de Paris, chargé du logement

Avec la flambée des prix, Paris intra-muros est devenu quasiment inaccessible aux classes moyennes. L’aménagement de Paris Nord-Est, Paris Rive Gauche et demain des Batignolles, annonce une respiration. Eclairage.
Indicateur Bertrand : Le nombre d’appartements neufs mis sur le marché ne cesse de diminuer. En 2005, il dépassait à peine 700 unités. Cette situation va-t-elle perdurer ?
Jean-Yves Mano : Effectivement ce rythme va se maintenir. Les Parisiens veulent, et c’est bien légitime, une ville dans laquelle se loger confortablement mais aussi d’avantage d’équipements publics, plus d’espaces verts et de meilleures infrastructures. Et cela sans densification. Les politiques sont là pour gérer les contradictions. Le potentiel de terrains aménageables à Paris représente 12 000 logements. La situation avait été temporairement figée lors de la candidature de Paris au Jeux Olympiques. Maintenant l’avenir est dégagé. Les 400 hectares de terrains libérés sur Paris Nord-Est seront exploités d’ici 2008. Une fois toutes les Zac développées, dans une ville déjà construite de 105 km2 et ceinturée, il n’y aura plus d’autre choix que de reconstruire la ville sur la ville. Bertrand Delanoë a bien l’intention de faire avancer le débat sur la construction de tours à Paris (ndlr : selon une enquête Ipsos/Mairie de Paris de septembre 2005, 62 % des Parisiens y sont opposés).
I.B. : Les classes moyennes n’ont plus accès au marché parisien…
J.-Y.M. : Quand je vois l’argent prêt à être investi sur Paris je trouve cela affolant ! C’est le signe que le marché ne va pas se retourner mais c’est aussi l’indication, hélas, qu’il n’est pas à son plafond. D’autant que la demande étrangère atteint jusqu’à 30 % dans certains quartiers de la capitale (28,2 % dans le quartier de Notre-Dame ; 27,4 % sur les Champs-Elysées en 2005, selon la Chambre des Notaires de Paris). Nous n’avons qu’une marge de manoeuvre limitée concernant les prix des biens neufs en accession privée. En aval, nous n’essayons pas d’intervenir pour mettre à la disposition des promoteurs des terrains à un prix inférieur à celui du marché, car cela représente un coût important pour la ville, répercutable sur les impôts des Parisiens. En revanche, nous agissons pour ouvrir ce marché à une population plus large. Je pense notamment au Prêt Paris Logement. Cumulable avec le Prêt à 0 % (PTZ), ses conditions d’attribution vont être améliorées, car avec l’augmentation des prix, ce dispositif commençait à stagner et à perdre de son efficacité. Actuellement, nous permettons à 1 000/1 300 familles de devenir propriétaires et notre objectif est d’atteindre 2 000 familles par an. Nous avons une politique volontariste en ce qui concerne le logement social locatif. Sur le papier, 70 % des Parisiens remplissent les conditions d’accès pour un logement social. Légèrement plus de 100 000 demandes sont en attente. Les principaux organismes s’accordent sur une estimation de 3 500 logements à construire par an pour rattraper le retard. C’est une évaluation basse, à mon avis inférieure aux besoins réels. A population constante, le besoin de logements augmente : quand un immeuble est réhabilité, le nombre de logements qu’il peut contenir diminue avec leur mise aux normes. De plus, les nouveaux modes de vie impliquent plus de logements. Notez par exemple qu’une demande de logement social sur quatre se fait consécutivement à un divorce.

Jean-Yves Mano - Adjoint au Maire de Paris, chargé du logement
Jean-Yves Mano - Adjoint au Maire de Paris, chargé du logement

Avec la flambée des prix, Paris intra-muros est devenu quasiment inaccessible aux classes moyennes. L’aménagement de Paris Nord-Est, Paris Rive Gauche et demain des Batignolles, annonce une respiration. Eclairage.


Indicateur Bertrand : Le nombre d’appartements neufs mis sur le marché ne cesse de diminuer. En 2005, il dépassait à peine 700 unités. Cette situation va-t-elle perdurer ?


Jean-Yves Mano : Effectivement ce rythme va se maintenir. Les Parisiens veulent, et c’est bien légitime, une ville dans laquelle se loger confortablement mais aussi d’avantage d’équipements publics, plus d’espaces verts et de meilleures infrastructures. Et cela sans densification. Les politiques sont là pour gérer les contradictions. Le potentiel de terrains aménageables à Paris représente 12 000 logements. La situation avait été temporairement figée lors de la candidature de Paris au Jeux Olympiques. Maintenant l’avenir est dégagé. Les 400 hectares de terrains libérés sur Paris Nord-Est seront exploités d’ici 2008. Une fois toutes les Zac développées, dans une ville déjà construite de 105 km2 et ceinturée, il n’y aura plus d’autre choix que de reconstruire la ville sur la ville. Bertrand Delanoë a bien l’intention de faire avancer le débat sur la construction de tours à Paris (ndlr : selon une enquête Ipsos/Mairie de Paris de septembre 2005, 62 % des Parisiens y sont opposés).


I.B. : Les classes moyennes n’ont plus accès au marché parisien…


J.-Y.M. : Quand je vois l’argent prêt à être investi sur Paris je trouve cela affolant ! C’est le signe que le marché ne va pas se retourner mais c’est aussi l’indication, hélas, qu’il n’est pas à son plafond. D’autant que la demande étrangère atteint jusqu’à 30 % dans certains quartiers de la capitale (28,2 % dans le quartier de Notre-Dame ; 27,4 % sur les Champs-Elysées en 2005, selon la Chambre des Notaires de Paris). Nous n’avons qu’une marge de manoeuvre limitée concernant les prix des biens neufs en accession privée. En aval, nous n’essayons pas d’intervenir pour mettre à la disposition des promoteurs des terrains à un prix inférieur à celui du marché, car cela représente un coût important pour la ville, répercutable sur les impôts des Parisiens. En revanche, nous agissons pour ouvrir ce marché à une population plus large. Je pense notamment au Prêt Paris Logement. Cumulable avec le Prêt à 0 % (PTZ), ses conditions d’attribution vont être améliorées, car avec l’augmentation des prix, ce dispositif commençait à stagner et à perdre de son efficacité. Actuellement, nous permettons à 1 000/1 300 familles de devenir propriétaires et notre objectif est d’atteindre 2 000 familles par an. Nous avons une politique volontariste en ce qui concerne le logement social locatif. Sur le papier, 70 % des Parisiens remplissent les conditions d’accès pour un logement social. Légèrement plus de 100 000 demandes sont en attente. Les principaux organismes s’accordent sur une estimation de 3 500 logements à construire par an pour rattraper le retard. C’est une évaluation basse, à mon avis inférieure aux besoins réels. A population constante, le besoin de logements augmente : quand un immeuble est réhabilité, le nombre de logements qu’il peut contenir diminue avec leur mise aux normes. De plus, les nouveaux modes de vie impliquent plus de logements. Notez par exemple qu’une demande de logement social sur quatre se fait consécutivement à un divorce.


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