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Jean-Luc Laurent, Vice-président du conseil régional d’Ile-de-France, président de l’Établissement public foncier d’Ile-de-France

“Notre région ne manque pas de foncier, mais de foncier utilisable”

Jean-Luc Laurent, Vice-président du conseil régional d’Ile-de-France, président de l’Établissement public foncier d’Ile-de-France
Jean-Luc Laurent, Vice-président du conseil régional d’Ile-de-France, président de l’Établissement public foncier d’Ile-de-France

Indicateur Bertrand : Face à une offre immobilière insuffisante et des prix élevés, quelle est votre priorité en matière de logement ?


Jean-Luc Laurent : Le logement en Ile-de-France connaît une longue crise, due à une offre insuffisante et souvent inadaptée aux réalités sociales. Pour en sortir, la priorité du conseil régional est le logement locatif social. Avec 165 millions d’euros de budget annuel, nous finançons des logements sociaux en veillant à leur bonne répartition sur le territoire, conformément aux obligations de la loi SRU. Ces logements s’adressent aux 300 000 demandeurs, mais aussi à l’ensemble des Franciliens. Sans ces constructions, le marché serait encore plus tendu. Il faut arrêter de croire qu’il y a d’un côté le parc social et de l’autre, le marché : les deux sont liés. En investissant dans le logement social, qui relève de leur responsabilité, les acteurs publics contribuent à dynamiser la construction en général. Collectivement, nous ne savons pas gérer la crise. Il faut faire plus et mieux, mais je constate avec regret que l’État s’est désengagé et qu’il a désorganisé le secteur avec l’acte II de la décentralisation. Communes, intercommunalités, départements, région : tous agissent, mais sans coordination. Nous proposons la création d’une autorité organisatrice francilienne qui associerait l’ensemble des acteurs publics et superviserait le logement en Ile-de-France. Pour sortir de la crise, il faut des moyens, une doctrine et de la coordination.


I. B. : Afin de pallier le manque de terrains à construire, vous avez lancé l’établissement public foncier d’Ile-de-France. Quelles sont les avancées concrètes de cet outil ?


J.-L.L. : En 2007, L’EPFIF a signé pour 200 millions d’euros d’engagements, et a acheté des terrains (24 millions d’euros). Le premier d’entre eux sera revendu à Dourdan (91), pour un programme mixte de logements (sociaux et accession). L’EPFIF est présent dans des secteurs stratégiques dont il faut accélérer la mutation, comme le long de la N7 dans l’Essonne ou en Seine-Saint- Denis sur les rives du Canal de l’Ourcq. L’EPFIF offre aux collectivités locales l’outil idéal pour débloquer le foncier. Notre région ne manque pas de foncier, mais de foncier utilisable. Avec son ingénierie et sa force de frappe financière, l’EPFIF débloque les terrains qui dorment et permet aussi de peser sur les prix, par la négociation et par la création de référentiel foncier. La hausse massive est sans doute derrière nous, mais je pense que les prix vont rester durablement élevés et l’EPFIF contribuera à détendre les marchés fonciers locaux, sans gêner les opportunités de baisse. Sur les terrains activés, nous développons des projets de logement pour faire avancer la mise en oeuvre de la loi SRU, en anticipant sur le prochain schéma directeur qui fixe à 30% le nombre de logements sociaux en Ile-de- France. Nous ne perdons pas de vue le développement économique, indispensable au rééquilibrage du territoire francilien.


I. B. : Des familles de Grigny, Viry-Châtillon,Villejuif et Paris pourront bientôt se chauffer grâce à une eau à 55°C puisée sous terre. De quoi s’agit-il ?


J.-L.L. : Dans la construction comme la réhabilitation, nous soutenons à fond les projets HQE® (Haute Qualité Environnementale), pour une meilleure gestion de l’eau et de l’énergie, ce qui réduit la facture pour les habitants. Certaines villes lancent ou étendent déjà des programmes de géothermie, un procédé qui consiste à puiser la chaleur dans des nappes souterraines et s’avère très intéressant en raison de la crise énergétique. Les demandes vont sans doute se multiplier avec le soutien de la région Ile-de-France. Notre objectif en matière d’énergie est triple : économie, durabilité, diversité. En partenariat avec l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), la Région consacre 22 millions d’euros à la géothermie, sur la période 2008-2013. Pour les projets d’urbanisation prévus dans le schéma directeur, elle réfléchit à de nouveaux quartiers dont la conception tendra vers le mieux-vivre et le développement durable.


I. B. : La TVA à 5,5 % incite à la production de logements neufs, afin de favoriser l'accession à la propriété dans les quartiers populaires. Qu’en pensez-vous ?


J.-L.L. : En 2007, le conseil régional a choisi de s’inscrire dans le programme national de rénovation urbaine mené par l’ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine). Dans ces quartiers, il peut être intéressant de diversifier l’habitat par des opérations privées pour favoriser la mixité sociale. Mais il faut un juste dosage, pas une politique de peuplement où les “bons” habitants (riches) chassent les “mauvais” (pauvres). La Région veille à ce que les logements sociaux démolis soient reconstruits à proximité, à l’intérieur du bassin d’habitat. En revanche, j’émets des réserves sur l’accession dite sociale à la propriété qui me semble une fausse bonne idée, coûteuse et dangereuse. Les crédits publics sont rares, et il y a une priorité : la relance du logement locatif social. Je préfère que les crédits publics financent cela plutôt qu’un programme comme la “France des propriétaires”, qui n’est accessible qu’aux plus riches.



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