INTERVIEW JEAN-CLAUDE ANTONINI, Maire d'Angers

Indicateur Bertrand : Votre projet de ville met en avant le développement durable. Comment cette exigence se traduit-elle concrètement ?

INTERVIEW JEAN-CLAUDE ANTONINI, Maire d'Angers
INTERVIEW JEAN-CLAUDE ANTONINI, Maire d'Angers

Jean-Claude Antonini : Le développement durable à Angers, c'est une histoire ancienne et c'est avant tout une démarche concrète. Nous avons évité je crois, le risque de la conceptualisation ou de la théorisation excessive pour entrer dès 1998 dans le vif du sujet, avec le plan d'actions "Angers Ville Durable". Nous avons deux traditions à Angers : l'expérimentation et l'innovation. C'est donc par ces deux entrées que nous sommes arrivés sur le chemin du développement durable. Nous avons testé, nous nous sommes donnés le droit à l'erreur. Le développement durable est un concept tellement englobant et si protéiforme qu'on est parfois tenté de baisser les bras, ne sachant pas par quel bout l'aborder. Petite pierre après petite pierre, action après action, nous avons fini par mettre en place une réelle politique de développement durable, ancrée dans le concret. Les exemples de réalisations à Angers sont nombreux : écoles haute qualité environnementale, pédibus, conseils consultatifs de quartier, chaufferie bois, comité des usagers du centre communal d'action sociale, achats éco responsables, véhicules électriques ou GPL, vélocité... La masse d'actions entreprises nous permet ainsi de partager un savoir-faire et d'envisager l'écriture d'un agenda 21 intercommunal pour janvier 2006.


I.B. : Quelle est votre politique en matière d'habitat ? Les projets de nouveaux logements, sur les plateaux de la Mayenne et des Capucins et l'îlot Desjardins sont-ils déjà en phase de réalisation ?


J-C.A. : Le logement est indéniablement la première des préoccupations des Français et Angers n'échappe pas à cette règle. La situation à laquelle nous faisons face aujourd'hui sanctionne une fois de plus les ménages les plus modestes qui peinent à se loger à Angers intra muros, malgré nos 32 % de logement sociaux. Nous cherchons donc à lutter contre un étalement urbain mal maîtrisé, à améliorer la qualité de l'habitat existant, à développer de nouveaux quartiers, à conquérir de nouveaux espaces urbains. Avec les opérations de renouvellement urbain, c'est ainsi plus de 280 millions d'Euros qui vont être investis en 5 ans dans des opérations traitant énormément de logement. Avec les nouveaux quartiers des Capucins et du Plateau de la Mayenne, ce sont 10 000 logements programmés. Enfin, nous avons mené une étude sur le foncier libre ou pouvant changer de destination dans la ville pour conquérir de nouveaux espaces urbains. En deux ans, nous allons ainsi construire 1 600 logements neufs, dont 20 % de logements sociaux comme dans toutes nos opérations. La ville, dans le cadre d'un contrat avec le promoteur, s'engage à vendre le terrain sous les prix du marché à la condition sine qua non d'un prix de vente par logement lui aussi inférieur aux prix du marché. Des contrats de vente spécifiques aux particuliers devraient voir le jour pour éviter toute spéculation sur le dos de la collectivité.


I.B. : Quels sont les aménagements prévus pour les quartiers faisant l'objet d'opérations de rénovation ?


J-C.A. : Les opérations de renouvellement urbain sont sans conteste les plus importantes pour les quartiers d'Angers depuis la Libération. Nous sommes en train de revisiter en profondeur cinq quartiers tant en ce qui concerne l'habitat, les espaces et les équipements publics. Nous voulons faire en sorte qu'aucun quartier à Angers ne décroche durablement. Il faut leur réinsuffler de la vie grâce à des équipements qui favorisent les échanges entre les habitants et les quartiers. Mais surtout, les ORU vont nous permettre de réhabiliter près de 4 000 logements, d'en détruire 892 pour en reconstruire autant. Au final, ce sont 60 000 Angevins qui sont concernés, soit 40 % de la population.


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