Interview de Xavier Bohl - Architecte de cohérence de la Cité-jardins

Les clés de la réussite : tradition, originalité, brassage. L'opération de la Cité-jardins du Plessis- Robinson s'inscrit dans la continuité du Cœur de ville, redessiné par François Spoerry à partir de 1989. À l'époque,Xavier Bohl était dans son équipe. À la mort de ce dernier, il a créé son propre atelier et conservé la confiance du Plessis. Également urbaniste, Xavier Bohl est l'architecte de cohérence de l'opération. Entretien.

Interview de Xavier Bohl - Architecte de cohérence de la Cité-jardins
Interview de Xavier Bohl - Architecte de cohérence de la Cité-jardins

I.B. : À l'heure où les architectes cherchent à marquer les grandes opérations de leur patte, vous avez opté pour une architecture classique et traditionnelle. Pourquoi ce choix ?


Xavier Bohl : Nous sommes attachés par principe à une architecture régionaliste. Nous construisons libanais à Beyrouth et nous avons refusé la proposition d'un village toscan à Dubaï, tout comme de redessiner Port-Grimaud au Japon. Pour Le Plessis, nous avons cherché ce qui représente la banlieue de la façon la plus remarquable. Concrètement, ce sont des toitures à fortes pentes, des revêtements en ardoise, en tuile, avec de temps en temps des mansardes. Ce sont des façades irrégulières, des fenêtres plus hautes que larges. On retrouve aussi des matériaux différents, de la pierre de taille, des pieux en moellons surtout dans les jardins. Et parfois de la meulière. Au final, chaque immeuble a sa propre personnalité. Chaque habitant peut trouver ce qu'il recherche et s'y identifier.


I.B. : Le nom "cité-jardin" a été repris pour cette nouvelle opération. Cette appellation garantie certains critères ?


X.B. : La Cité-jardins n'a pas de valeur normative. Mais c'est le nom historique de l'endroit. C'était à l'époque un concept du jardin-ouvrier. On n'en retrouve que certains éléments aujourd'hui. Mais le nom reste néanmoins adéquat, avec la rue, l'immeuble puis le jardin et un grand parc public au milieu, avec une petite rivière qui traverse l'ensemble. On obtient une grande surface d'espaces verts avec une emprise au sol des bâtiments limitée et des petites hauteurs, surtout côté jardin. Et le choix de l'emplacement du parc : il ne se trouve pas dans un îlot urbain traditionnel. Il est visible de nombreux endroits et n'est pas clos de grilles.


I.B. : Pensez-vous que ce parc, les 1 200 logements et leurs nouveaux habitants s'intégreront rapidement dans le reste de la ville ?


X.B. : L'architecture s'inscrit dans la tradition. Même si l'opération est moins dense, il n'y a pas de rupture avec le Cœur de ville, qui a connu un vrai succès. Les lots HLM déjà existants de la rue du Loup-Pendu sont intégrés au nouveau projet. Avec la reconstruction du Grand marché et le parc, c'est la garantie d'un brassage social et commercial, d'une circulation entre la cité-jardins et la ville.


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