Interview de Paul Serres, Maire de Mions

"Un habitat pour répondre aux seniors et aux jeunes actifs"

Interview de Paul Serres, Maire de Mions
Interview de Paul Serres, Maire de Mions

I.B. : Maire d'une commune de la périphérie lyonnaise, comment appréhendez-vous l'arrivée régulière de nouveaux habitants ?


Paul Serres : À ma venue sur la commune en 1974, Mions, située à 19 km au sud-est de Lyon, comptait 3 000 habitants. Aujourd'hui, on en dénombre environ 12 000 ! La commune a grandi très vite avec un essor de maisons individuelles au début des années 80, tandis que nous conservions un caractère de ruralité dauphinoise tout en étant en limite de la Communauté Urbaine. A l'époque, face à une forte demande, les propriétaires fonciers ont vendu de nombreux terrains et un amoncellement de lotissements a vu le jour, avec une quasi-exclusivité pour la maison individuelle. Or, nous nous sommes aperçu que la gestion de la commune nécessitait de prendre en compte une nouvelle situation, et ce dès le milieu des années 90. Ces couples de 30/35 ans, avec deux enfants en moyenne, qui s'étaient installés, devenaient vingt ans plus tard des pré-retraités ou des retraités avec leurs enfants, jeunes adultes actifs.


I.B. : Face à cette nouvelle donne, quelles étaient les orientations nécessaires pour s'adapter ?


P.S. : Nous avons compris qu'il y avait nécessité d'un rééquilibrage de l'habitat pour répondre à la fois aux seniors rebutés par les contraintes de la maison individuelle et aussi aux jeunes actifs qui constituent la richesse de notre commune. Cette jeunesse est d'autant plus importante que Mions est très attaché à sa culture associative. Ce constat est intervenu au moment de la création de la rocade et où nous avons accueilli de nouvelles entreprises dont bon nombre de salariés souhaiter loger à proximité. Cependant, l'offre foncière étant inférieure à la demande, la flambée des prix était mécanique. Nous avons donc établi un projet qui redynamise le tissu commercial de la commune et rééquilibre l'offre en matière d'habitat.


I.B. : Concrètement, qu'avez-vous entrepris ?


P.S. : En 1997, nous avons lancé une réflexion sur un projet de Zac, baptisée "Centralité", sise en cœur de ville. Cette opération communautaire, évidemment en partenariat avec notre commune, totalise une superficie de 40 ha. Les travaux ont démarré en 2005 et devraient s'étaler jusqu'en 2010, année où la Zac sera terminée. Le PLU donnant la possibilité de construire jusqu'en R+3, nous réaliserons 400 logements au total dans un esprit de ville à la campagne : des maisons de ville accolées à de petits jardins, des bâtiments avec beaucoup d'espaces verts, des petits parcs, le tout dimensionné de façon à ne pas faire perdre son âme à la commune. La première tranche qui a démarré, à proximité de l'église et de la mairie, comprend 1 500 m2 de Shon commercial et deux niveaux d'habitat, totalisant 30 à 32 logements. Bien que nous n'ayons aucune maîtrise sur le profil des acheteurs, nous avons souhaité que 80 % des logements soient réalisés pour l'accession à la propriété et 20 % à des fins locatives.


I.B. : A terme, quelle configuration aura votre commune ?


P.S. : Quand la Zac sera terminée, nous aurons atteint 13 500 à 14 000 habitants. Comme les réserves de foncier sont peu importantes, nous ne dépasserons pas 15 000 habitants à terme. Dès lors, nous mettrons un sérieux coup de frein à cette progression démographique. Pour l'instant, nous essayons de maîtriser le développement de nos équipements, en optimisant le fonctionnement des crèches par exemple et en créant un relais assistante maternelle. Nous essayons d'échelonner la production de logements pour ne pas être contraints de construire un groupe scolaire supplémentaire dans l'immédiat. Ceci ne nous empêche pas de réaliser, hors Zac, une médiathèque qui remplacera la bibliothèque d'ici un an. Notre rôle consiste à anticiper l'avenir plutôt que le subir.


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