Interview de Jean-Claude Gaudin, Sénateur-Maire de Marseille

"Marseille doit permettre à chacun de trouver un logement"

Interview de Jean-Claude Gaudin, Sénateur-Maire de Marseille
Interview de Jean-Claude Gaudin, Sénateur-Maire de Marseille

I.B. : Selon l'observatoire immobilier de Provence, les ventes de logements du secteur "libre" sur la ville de Marseille sont passées de 1 276 à 2 849 entre 2000 et 2003. L'année 2004 a cependant enregistré un fléchissement à 2 328 logements. Bien qu'ayant progressé régulièrement, le nombre de logements offerts à Marseille est jugé insuffisant au regard de la demande. Dressez-vous le même constat ?


Jean-Claude Gaudin : La demande de logements est effectivement forte et s'explique par plusieurs facteurs : les phénomènes de décohabitations, l'allongement de la durée de vie et la nouvelle attractivité de Marseille. Bien que nous ayons multiplié par trois la production de logements par rapport à 95, nous devrons dans les années à venir intensifier cette production. D'autant que l'on prévoit une augmentation de la population marseillaise de 40 000 personnes d'ici 10 ans. C'est pourquoi, pour la première fois en France, nous avons engagé une large réflexion aux côtés des professionnels, le 28 avril dernier, en organisant une convention habitat/logement qui a réuni plus de 300 acteurs du secteur de l'immobilier (aménageurs, promoteurs privés, constructeurs, bailleurs sociaux, urbanistes, architectes, financeurs, administrateurs, agents immobiliers, entreprises du bâtiment). Ce travail transversal doit nous permettre de trouver les moyens, aux côtés des professionnels, de produire plus de logements (près de 5 000 par an), et d'offrir une palette de logements plus diversifiée, tout en maintenant une qualité de vie satisfaisante pour les habitants. D'ici la fin de l'année, des engagements bi-latéraux seront mis en place sous la forme de contrats de coopération entre les professionnels et la municipalité pour répondre à cette problématique du logement.


I.B. : Durant plusieurs années, on a parlé de "rattrapage" des prix en matière d'immobilier. Aujourd'hui, les opérations mises en vente se situent pour la plupart entre 3 000 et 3 300 €/m2 habitable. Ces prix peuvent-ils empêcher l'accession à la propriété de nouveaux arrivants ou d'actifs ? Vers quoi vous orientez-vous pour permettre aux accédants - et primo-accédants - de résider à Marseille ?


J-C.G. : Marseille, pour rester compétitive et conserver son dynamisme et son attractivité, doit permettre à chaque habitant de trouver, en fonction de son âge, et de l'endroit où il veut vivre, un logement correspondant à ses vœux et à ses moyens financiers. Les jeunes actifs sont les premiers concernés par les mesures en faveur de l'accession. Pour le logement intermédiaire, nous allons mettre en oeuvre de la location ou de l'accession sociale à 2 000 €/m2 habitable. Nous souhaitons également généraliser l'accession à prix maîtrisé inférieur à 2 400 €/m2. La ville est déterminée à agir, en concertation avec les professionnels, sur tous les facteurs locaux qui favorisent la hausse des coûts de production. Ce défi nous ne pourrons le relever qu'en amplifiant les dispositifs d'aides à la production des logements, qu'ils soient locatifs ou en accession à prix maîtrisé. Ces dispositifs d'aides nous permettront de mieux maîtriser les prix et nous définirons, dans les prochains mois, leurs modalités précises d'applications.


I.B. : A ce jour, qu'ont permis la mise en place ou le lancement de projets tels que le PDU, l'axe littoral, le boulevard urbain Sud, le métro ou le tramway ? Quel sont vos objectifs en terme de cadre de vie des Marseillais ?


J-C.G. : Les grands projets d'aménagement que nous mettons en oeuvre vont dans le sens d'une meilleure qualité de vie. Le partage de l'espace urbain est bien sûr une priorité dans une ville où la circulation automobile est intense. C'est l'objectif que nous poursuivons à travers la création des deux lignes de tramway, la construction de tunnels pour évacuer le flux automobile du centre-ville, la réorganisation du stationnement ou encore le développement des pistes cyclables. Mais la qualité de vie passe également par l'aménagement d'espaces verts, comme nous l'avons fait avec le Parc du 26e centenaire, par la réalisation d'équipements publics et la création de grands projets structurants tel que l'Alcazar, la nouvelle grande bibliothèque de Marseille, et bientôt le Silo d'Arenc transformé en salle de spectacle. Le développement de l'ensemble de ces projets se fait bien entendu en parallèle de la production de logements.


I.B. : Face à la croissance démographique, phénomène récent pour la métropole marseillaise, quels sont les enjeux auxquels vous devez faire face ?


J-C.G. : L'essentiel pour nous est tout d'abord de maintenir l'emploi et le dynamisme de nos entreprises. L'attractivité de Marseille va de pair avec le développement économique. Cela passe aussi par des aménagements publics dans les zones résidentielles : grands équipements mais aussi crèches, écoles... qui sont indispensables pour conserver une population jeune et active. De nombreuses Zac actuellement en chantier sur Marseille nous permettent de réaliser ces équipements en concertation avec les besoins de la population. Enfin, Marseille n'oublie pas la nature mixte de sa population et doit la conserver pour respecter son identité.


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