Interview de Hélène Mandroux, Maire de Montpellier

I.B. : Densifier l'habitat à Montpellier ou accompagner l'étalement urbain hors de la commune. Où se situe votre politique en matière d'habitat ?

Interview de Hélène Mandroux, Maire de Montpellier
Interview de Hélène Mandroux, Maire de Montpellier

Hélène Mandroux : Montpellier est une ville qui connaît une importante croissance démographique, de l'ordre de 4 000 habitants par an. Sur l'agglomération, cet apport est de 8 000 habitants par an. Nous avons donc une prévision très forte en matière de logements, qui est une priorité pour la ville. De quels moyens disposons-nous ? Par le biais de la Serm, nous avons inscrit dans nos Zac, avec le Plan Local d'Urbanisme, une volonté de réaliser un tiers de logements publics, un tiers d'accession à la propriété et un tiers de logements privés. Le pourcentage d'accession à la propriété a été porté de 25 à 30 % et sera peut-être même porté à 40 % du total des logements. Nous tenons, depuis des années, à garder cette mixité sociale et urbaine à travers cette politique des Zac. A côté de la politique de Zac, menée sur des terrains vierges, nous menons une politique de réhabilitation de l'habitant existant. En matière de logements sociaux, sur la seule ville de Montpellier, nous allons passer d'une production de 600/700 logements par an à 1 200/1 400, au sein d'une production totale de 4 000 logements pour l'agglomération. Ensuite, n'oublions pas les projets de Grand Coeur, de rénovation, de réhabilitation et de restructuration de l'habitat dans l'Ecusson. Le centre-ville ne doit pas être un centre vide. Nous aidons les propriétaires-bailleurs à réhabiliter leurs logements en contrepartie d'un plafonnement des loyers pour favoriser une meilleure accessibilité des appartements de centre-ville.


I.B. : Chaque collectivité essaie de trouver des réponses adaptées aux primo-accédants. Quelle est celle de Montpellier ?


H.M. : Chaque collectivité est consciente des problèmes que rencontrent les primo-accédants mais aussi les étudiants. A Montpellier, les étudiants ont du mal à trouver des appartements et quand c'est le cas, les loyers ne sont pas raisonnables. Nous avons une politique, au sein de l'agglomération, de construction d'appartements pour les étudiants. C'est pourtant clairement une compétence d'Etat. Nous devons, via les outils à notre disposition, nous substituer à l'absence d'efforts nécessaires de l'Etat. Les étudiants veulent venir à Montpellier : encore faut-il qu'ils puissent se loger dans l'agglomération ! Pour les primo-accédants, la Serm a pour mission de rendre possible, sous conditions, l'accès aux Zac, à des prix plus faibles que ceux du marché libre.


I.B. : La flambée du foncier est en partie responsable de la hausse des prix de l'immobilier. On entend même dire que le coût du foncier dans les Zac serait trop élevé...


H.M. : Si nous n'avions pas cette politique de Zac, je ne sais pas où nous en serions aujourd'hui ! Dans un contexte de hausse des prix du foncier, Montpellier s'est dotée d'une politique volontaire pour maîtriser cette pression foncière à travers les différentes Zac aménagées par la Serm. C'est cette volonté qui fait que la communauté d'agglomération aujourd'hui acquiert des terrains, crée des réserves foncières pour réaliser les futures crèches, haltes-garderies, gymnases, écoles... Si l'on n'agissait pas ainsi, il ne serait même pas question de logement social, encore moins de logements destinés aux primo-accédants. Dans ce contexte, le département mais aussi la région vont aussi constituer des réserves foncières. Cette démarche et notre politique de répartition des logements sur les Zac sont, de surcroît, très bien comprises par les promoteurs- constructeurs.


I.B. : Jusqu'à quand Montpellier va-t-elle se développer ainsi ?


H.M. : Montpellier dispose encore de réserves foncières conséquentes. Compte-tenu de sa superficie, la ville devrait être terminée, au rythme actuel, vers 2020/2030. La volonté qui est clairement affichée est de conserver une ville agréable, composée d'espaces verts dans tous les quartiers, de chemins piétonniers, de parcs. Nous avons la volonté de préserver l'espace et de maîtriser la croissance démographique de la ville, en évitant, bien évidemment, que les autres communes de l'agglomération ne deviennent le lieu du "tout béton"


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