Interview d'André Santini, Député-Maire d'Issy-les-Moulineaux

Indicateur Bertrand : Votre ville est en train de reconquérir la Seine pour une nouvelle requalification urbaine où logements et sièges sociaux vont continuer à venir s'implanter sur près de 2 km. Comment en êtes-vous arrivé là ?

Interview d'André Santini, Député-Maire d'Issy-les-Moulineaux
Interview d'André Santini, Député-Maire d'Issy-les-Moulineaux

André Santini : Quand j'ai été élu en 1980, la ville était à l'état de friche industrielle. Il y avait 42 hectares de friches sur 100 hectares avec de vieilles usines et des cheminées polluantes. C'était vraiment la banlieue dépotoir. Comment reconvertir une ville sinistrée ? Dès le début, mon pressentiment a été de miser sur les secteurs d'avenir : le tertiaire voire le quaternaire. Nous avons donc commencé par faire venir les entreprises de presse écrite, ensuite ce fut le tour des télévisions puis toutes les sociétés liées aux télécommunications. A nos côtés, architectes et urbanistes nous ont aidés à convaincre et à avancer. A chaque fois, les sièges sociaux ont suscité le bonheur des yeux. Dans le combat économique à mener, les architectes contribuent à cet essor en donnant envie aux entreprises et aux salariés de venir s'implanter à Issy. Et puis, il s'agissait pour la ville, d'exclure une autoroute en bord de Seine. C'est fait ! Le boulevard urbain sera rythmé par des placettes, des traversées piétonnes, il sera le lieu des expressions architecturales les plus émouvantes.


I.B. : Et c'est aux plus grands architectes que vous avez demandé de faire des propositions pour aménager quelque 30 hectares de friches en bord de Seine.


A.S. : Exactement. Pour décoller, il fallait un booster terrible et faire venir les grands noms de l'architecture qui en drainent d'autres comme Jean Nouvel, Christian de Portzamparc, etc. Aujourd'hui nous avons une véritable concentration de matière grise au service du développement de la cité. C'est le défi majeur des bords de Seine. Et comme j'ai coutume de le dire, un bon architecte est moins cher qu'un mauvais. Le futur quartier d'affaires accueillera le siège de Bouygues Télécom, avec la tour EDF désamiantée, démolie puis reconstruite, à côté le siège de Bouygues Immobilier, plus loin EOS Immeuble Generali et puis nous allons refaire deux immeubles au Pont d'Issy. Au total, 5 tours qui vont générer 17 000 emplois supplémentaires. Les tours sont l'occasion d'appliquer une véritable démarche pour la "très" Haute qualité environnementale. Par ailleurs, nous aménageons la Zac du Quai des Chartreux, avec des équipements publics, des centres de loisirs, d'animations, et bien sûr des logements.


I.B. : Quelle est votre politique en matière de logement ?


A.S. : Je suis pour la mixité. Aujourd'hui, nous construisons autant de bureaux que de logements sociaux, mais on ne les voit pas car ils sont très beaux. En matière de logements, sachez que nous sommes la ville qui a le plus progressé depuis le recensement de 99 en Ile-de-France. En 15 ans, le parc de logements s'est accru de 6 000 logements supplémentaires et de 1 200 logements sociaux. Nos équipements publics sont si nombreux et diversifiés, que l'INSEE a classé Issy parmi les premières villes à offrir autant d'équipements et de services. Enfin, j'ajoute que nous sommes aujourd'hui à 70 000 emplois pour 63 000 habitants. C'est-à-dire que nous avons plus d'emplois que d'habitants. Nous ne sommes pas beaucoup dans le monde à pouvoir revendiquer cela. Je devrais monter un club (rires).


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