Île-de-France : à la conquête des nouveaux territoires

Enquête sur une Ile-de-France qui bouge, ajuste ses prix et produit une offre de qualité. 2013 est bien partie pour être " l’année de la résidence principale ".

Île-de-France : à la conquête des nouveaux territoires
Île-de-France : à la conquête des nouveaux territoires

Depuis le milieu de l’année dernière, un parfum de " déjà-vu " flotte dans l’air francilien. Moins de ventes, plus de désistements, et des lancements reportés. Mais aussi quelquefois, bonne surprise, des remises fort appréciables sur des fins de programmes. Acheter à contre-cycle, quand la demande est moins soutenue, a du bon. On a le choix. Et les prix se font souvent nettement plus tendres. Il serait dommage de ne pas saisir de belles opportunités.


 


Paris : un esprit tribu


Le marché parisien reste à part. Au troisième trimestre, les ventes sur plans ont baissé de 35 %, mais les prix ont résisté, et même encore grimpé de 2,3 %. L’Adil 75 (Agence départementale d’information sur le logement) observe un record de 10 886 €/m2 de moyenne, en hausse de 9,5 % en un an. De très beaux projets gonflent les statistiques, certes. Pour certains, ce sont des requalifications du bâti existant, sur lequel se greffent souvent des formes contemporaines. On pense à la rénovation de l’immeuble de 1920 du boulevard Morland et à la refonte du couvent des Clarisses de l’avenue de Ségur. Mais, à côté de ce Paris chic, cher et élitiste, il existe le « Paris qui monte », à fort potentiel. Dans le nord du XVIIIe et du XIXe, comme dans le XXe, de grands projets donnent un coup de neuf à des quartiers populaires. Aux Batignolles, dans le XVIIe, la gentrification a commencé depuis des années et aura tendance à s’accélérer avec l’aménagement de l’écoquartier « Clichy Batignolles », même si le parc social est important. Dans le XIe , aux alentours de la Bastille, les anciens faubourgs industriels font déjà le régal des « bobos ». Rue Oberkampf, les ateliers ont passé le relais aux clubs de nuit et aux restaurants. Rares sont les programmes neufs, hormis, au 119, un petit projet près de la livraison, avec une façade industrielle typique du quartier. Yves Aknin, président de Batima, le maître d’ouvrage, reconnaît qu’il a dû repenser les prix à 9 500 €/m2 de moyenne, compte tenu du contexte économique. " C’est un marché de demande et non plus d’offre, explique-t-il. Les négociations sont plus difficiles et la durée d’écoulement des produits s’allonge. " Il est arrivé qu’une famille achète deux appartements, dont un pour un parent. " C’est l’un des atouts du neuf par rapport à l’ancien, poursuit le promoteur. Cela correspond à l’esprit de “tribu” ou de famille recomposée. " Ici, peu de primo-accédants, malgré les prêts à 0 % que leur octroie la ville de Paris.


 


La 1ere couronne : les atouts des métros et du tramway


Et si la capitale desserrait l’étreinte de la grande muraille du périphérique ? Un pari osé, mais tenu à Levallois. En quelques décades, cette ancienne commune ouvrière a troqué son look besogneux contre de nouveaux habits huppés. En 2013, la connexion avec Paris sera sans doute renforcée grâce au nouveau centre commercial So Ouest, à proximité de la porte d’Asnières. À Gennevillliers, Courbevoie et La Garenne, le prolongement des lignes de tramway dope la construction, comme la nouvelle station de métro Mairie de Montrouge. Avec Paris, le " 92 " est le seul département francilien à conserver des valeurs en hausse au troisième trimestre : 6 538 €/m2 de moyenne (+ 3,8 %). C’est aussi le seul à fournir un prêt sans intérêt aux primo-accédants, comme à Paris : le prêt-logement 92, accordé sous conditions de ressources et uniquement pour l’achat d’un bien neuf. Bon à savoir ! Sur le versant opposé de la petite couronne, Montreuil réussit particulièrement bien la restructuration de son centre-ville. Ce sera la commune à suivre de près en 2013, d’autant qu’elle entame son grand projet des Hauts de Montreuil. Sur ce territoire qui couvre la moitié nord de la ville, Bel Air - Grands-Pêchers, un quartier de 7-000 habitants, fait l’objet d’une restructuration urbaine et sociale menée avec l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru). Les 40 % du Carré Vert se sont écoulés en un mois. Un bon rythme parce que les prix sont abordables : un 2-pièces s’enlève à 180 000 € grâce à la TVA réduite à 7 %. La Seine-Saint-Denis (93) est le département qui s’est le mieux porté au troisième trimestre, tant en termes de ventes, de mises en vente que d’offres disponibles. Les valeurs restent stables à 3 975 €/m2.

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