IL FAUT UNE ÉCONOMIE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE

Seule ombre au tableau : la construction durable a un coût. Mais pour Alain Maugard, président du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment), "il faut voir au-delà des coûts et pointer les avantages, à la fois individuels et collectifs. De toute façon, avec l'entrée en vigueur de la RT 2005, tous les produits devront s'adapter aux nouvelles normes et je crois que le surcoût actuel de production, estimé entre 1 et 3 %, disparaîtra peu à peu quand on passera à une production de masse". Une vision optimiste qui ne l'empêche pas de remarquer : "les promoteurs ne peuvent pas porter seuls ce qui relève d'une mobilisation collective, qui appelle donc des mesures collectives".

IL FAUT UNE ÉCONOMIE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE
IL FAUT UNE ÉCONOMIE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE

Qui doit payer ?


La question est sur les lèvres des promoteurs. Car, comme le rappelait Guy Nafilyan, président de Kaufman & Broad lors d'une des tables rondes du congrès de la FPC : "Dans un marché où les prix sont déjà élevés et où il faut garder une clientèle solvable, c'est un dilemme d'augmenter les prix, même si en tant que citoyens, nous sommes tous favorables au développement durable". Les enquêtes sur les besoins et les attentes de la clientèle montrent en effet que la préoccupation principale des acquéreurs concerne le coût de leur futur logement. Viennent ensuite les problèmes de sécurité, du quartier et de l'emplacement, des nuisances sonores. D'après François Bertière : "Parmi les acquéreurs des 8 000 logements que Bouygues Immobilier construit chaque année, le mode de chauffage apparaît en 8e position dans leurs préoccupations". Même son de cloche du côté des banquiers. Durant cette table ronde sur le thème du coût environnemental, le directeur général du Crédit Foncier, Michel Gonnet, déclarait : "En tant que banquiers, dans un marché toujours haussier et où on arrive à la limite de la solvabilité des ménages, tout ce qui peut entraîner un surcoût génère a priori chez nous quelques réticences". Conclusion unanime : si le client, qui s'avère gagnant sur le long terme en réalisant des économies sur la facture de chauffage, doit participer à l'effort financier, l'Etat doit lui aussi jouer un rôle, "au moyen de prêts bonifiés, de crédits d'impôts et d'avantages fiscaux" suggère Guy Nafilyan. Même les banquiers seraient prêts à apporter leur pierre comme l'affirme Michel Gonnet : "Nous avons déjà un partenariat avec EDF, sur des prêts à base environnementale. On pourrait imaginer des produits financiers qui prennent en compte la qualité environnementale. Pourquoi ne pas imaginer un prêt vert ?". Si le but est que la préoccupation environnementale devienne quelque chose de normal pour le commun des mortels, il faut véritablement organiser une économie du développement durable et les promoteurs ne peuvent la prendre en charge seuls. Dans ce domaine, l'Etat ne cesse de déclarer ses bonnes intentions, à l'image de Nelly Ollin, la ministre de l'écologie et du développement durable, qui déclarait aux promoteurs : "l'Etat encourage déjà les énergies renouvelables et les comportements responsables en matière d'environnement, avec une fiscalité avantageuse pour ceux qui choisissent d'équiper leur logement avec de bonnes chaudières, et ce qui s'applique au particulier dans son logement ancien doit pouvoir s'appliquer au neuf". Une déclaration que l'on peut accueillir avec un certain scepticisme, car les avantages fiscaux "verts" pourraient bien être mis à mal par l'intervention des niches fiscales plafonnées, contenues dans la nouvelle loi de finances 2006...


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