Haute sécurité dans le neuf

Avoir l'esprit tranquille à domicile est indispensable. Ça tombe bien: toujours plus exigeant sur la question, le neuf propose des logements d'une fiabilité sans faille. Démonstration.

Haute sécurité dans le neuf
Haute sécurité dans le neuf

Invisible, inodore et silencieuse, l'électricité fait preuve d'une discrétion certaine. On en oublierait presque qu'elle peut aussi être dangereuse. Sur 31 millions de logements en France, 7 millions sont équipés d'une installation électrique présentant des risques. Les conséquences peuvent être terribles. Sur 250 000 incendies se produisant chaque année dans l'Hexagone, 80000sont d'origine électrique et provoquent annuellement 4000 victimes, dont 100 morts.



Ces chiffres inquiétants concernent principalement l'ancien. En effet, avant 1972, les particuliers n'étaient absolument pas obligés de faire contrôler leurs installations électriques. Autant dire que les logements antérieurs à cette date ne sont pas tous irréprochables en matière de sécurité. Et même ceux qui l'étaient ont vieilli. En prime, les appareils électroménagers se sont multipliés, et les puissances consommées ont augmenté. Il n'y avait ni four à micro-ondes, ni sèche-linge, ni équipement home cinéma à cette époque ! Cette multiplicité n'est pas toujours synonyme de sécurité. Dans l'ancien, le nombre de socles de prises de courant est très souvent insuffisant, en particulier dans les cuisines et les séjours. Un nombre insuffisant de prises électriques dans lespièces occasionne l'usage d'un même circuit pour plusieurs appareils : il risque de chauffer anormalement, de s'user vite et même de prendre feu. Rien de comparable dans le neuf : un certain nombre de prises est imposé dans chaque pièce (cf. encadré “3 questions à...”). Cet élément est inclus, parmi une multitude d'autres, dans la norme NFC15-100. C'est elle qui, obligatoire dans le neuf, fixe les règles à respecter pour une sécurité électrique optimale.


Véritable commandement pour les professionnels de l'électricité, cette norme est régulièrement revue, pour s'adapter aux nouveaux besoins. Elle assure ainsi une sécurité toujours plus grande des personnes et des biens. Elle rend par exemple obligatoires les prises à éclipse (ou obturateur), danslesquelles les enfants ne peuvent mettre ni leurs doigts ni quoi que ce soit d'autre ; les trous sont en effet fermés par des volets qui ne peuvent s'ouvrir qu'en même temps, sous la poussée des deux broches d'une fiche. Autre point : l'installation des socles de prises de courant est interdite audessus des bacs d'évier, des feux et des plaques de cuisson. Les plombs, eux, n'ont plus droit de cité dans le neuf. Dans la salle de bains, les règles sont encore plus strictes.


Des distances de sécurité doivent être observées entre les points d'eau et les points d'alimentation électrique. Le volume0, c'est votre baignoire ou votre bac à douche. Pas question d'y installer le moindre appareil électrique ni d'y utiliser un sèche-cheveux ou un rasoir. Plus on s'éloigne de cette zone, plus les règles s'assouplissent. Et il ne s'agit là que de quelques exemples parmi tant d'autres de ce qu'impose la norme. Quant aux logements existants, Bleu Ciel d'EDF propose un diagnostic sécurité électrique. Comptez à partir de 166€ pour un appartement et de 205€ pour une maison. Le locataire ou le propriétaire d'un logement qui souhaite connaître le niveau de sécurité de son installation électrique peut s'adresser à EDF. Un expert vient sur place pour contrôler l'installation : alimentation, tableau électrique, mise à la terre et installation dans les différentes pièces. Il émet un rapport à l'issue de la visite qui identifie les anomalies et fait des préconisations pour la mise en sécurité de l'installation.



Pleins feux sur le gaz


Si les accidents au gaz sont souvent spectaculaires, ils sont pourtant rares. Surtout, ils sont souvent dus à des installations anciennes ou mal entretenues. Dans le neuf, l'installation de gaz a l'obligation de respecter la norme NF DTU 61.1. En fin de chantier, l'installateur doit d'ailleurs délivrer au propriétaire un certificat de conformité.


Ce document vous protège, conservez-le précieusement ! La responsabilité des travaux est à la charge des professionnels.


Si vous déménagez, il vous faudra remettre le certificat au nouveau résident. Installé sur les brûleurs, un dispositif de sécurité contrôle désormais en permanence la présence de flamme et coupe automatiquement l'arrivée de gaz naturel en cas d'extinction accidentelle : courant d'air ou débordement d'une casserole, par exemple.


Le système de raccordement Vissogaz, lui, est devenu obligatoire depuis le 1er juillet 1996 sur les installations neuves. Il se compose notamment d'un ROAI (robinet à obturation automatique intégré) et d'un flexible à raccords vissables. Ce système garantit une étanchéité parfaite, une totale résistance à l'arrachement (quand vous tirez la cuisinière pour nettoyer derrière, par exemple). De plus, le gaz naturel a été odorisé pour vous permettre de déceler toute fuite, même minime. Cette odeur, très caractéristique, vous permet d'intervenir sans délai. À noter que tous les appareils au gaz naturel doivent obligatoirement porter le marquage CE, attestant de leur parfaite conformité aux normes européennes de sécurité. Soyez donc vigilant lors de vos achats. Le gaz est une source d'énergie qu'il ne faut plus craindre !



Douche froide sur les incendies


Selon les statistiques relatives aux activités des sapeurs-pompiers, l'extinction des incendies de bâtiments ne représente plus que 5 à 6% environ de leurs interventions.


Ce pourcentage a chuté de plus de dix points en l'espace de moins de vingt-cinq ans.



Des chiffres qui ont plusieurs explications : d'une part, les matériaux utilisés dans les constructions sont aujourd'hui plus résistants aux flammes et dégagent moins de fumées toxiques à la chaleur ; d'autre part, les règlements sont plus sévères. De nombreux points permettent désormais de freiner la progression du sinistre (création de volumes par des cloisonnements, désenfumage...).


Mises bout à bout, ces obligations permettent d'arriver à un niveau de sécurité jugé acceptable. L'évacuation des habitants est mieux prise en compte dans le neuf. Pour atteindre cet objectif, il faut “enfermer” le feu dans un local. Ainsi, dans les habitations collectives de plus de huit mètres de hauteur, les escaliers doivent être encloisonnés. Cela permet de limiter les dégâts. Pour permettre aux secours d'intervenir plus facilement, la hauteur du plancher bas du logement le plus élevé doit correspondre à la hauteur susceptible d'être atteinte par les échelles.


Dans les caves, la distance maximale pour atteindre la sortie est de 20 mètres. En France, un incendie domestique survient toutes les deux minutes. 70 % des incendies meurtriers ont lieu la nuit, la fumée surprenant les habitants dans leur sommeil. L'intoxication par la fumée est la première cause de décès. En effet, les fumées toxiques qui se dégagent peuvent tuer en quelques minutes. Comment être averti à temps ? Par un détecteur avertisseur autonome de fumée, certifié NF. Installé près des chambres, il vous réveillera dès les premières fumées. S'il n'y a actuellement pas d'obligation d'installation pour les particuliers (une loi pourrait bientôt voir le jour), sa généralisation serait pourtant susceptible de sauver de nombreuses vies.


Dans tous les pays où l'installation des détecteurs de fumée est obligatoire, on a constaté une diminution du nombre de décès de 50 %, car 70 % des victimes expirent la nuit, sans avoir même pu être réveillées.



Halte aux intrusions


Si, en matière de sécurité anti-intrusions, il n'existe aucune obligation réglementaire, il n'en reste pas moins que certains équipements du marché sont de plus en plus performants, offrant une protection maximale. Il n'y a rien de plus désagréable que de retrouver son appartement sens dessus dessous parce qu'il a été visité par un cambrioleur ! Si la solution miracle n'existe pas, vous pouvez néanmoins agir préventivement. Dans un pays où il se produit un cambriolage toutes les 90 secondes, une alarme n'est pas suffisante.


Appartement ou maison, les cambrioleurs cherchent souvent la solution de facilité, passant tout simplement par la porte d'entrée principale. La première défense consiste donc à faire en sorte que la porte résiste quelques minutes, et non quelques secondes. Une serrure multipoints (à 3 ou 5 fermetures) est préférable à un simple verrou. Car, en général, un voleur n'insiste pas plus de cinq minutes pour forcer une entrée. Au-delà, retardé dans son entreprise, il abandonnera, de crainte d'être surpris. Mais attention : rien ne sert d'avoir une porte blindée si la serrure n'est pas à la hauteur. Inversement, il est inutile d'équiper une porte d'une serrure perfectionnée si un simple coup d'épaule permet de l'ouvrir. Pour être sûr d'opter pour un matériel de qualité, vous pouvez choisir des produits vérifiés par le CNPP (Centre national de prévention et de protection).


Cette marque de qualité concerne les blocs-portes, les serrures ou les fenêtres, entre autres. La certification A2P permet d'identifier des matériels offrant de réelles capacités de résistance à des tentatives d'effraction. La serrure A2P, par exemple, détient 1, 2 ou 3 étoiles, en fonction de son temps de résistance : cinq, dix ou quinze minutes. Il ne faut pas oublier de protéger les autres accès tels que la cave, les fenêtres et les volets. Les outils informatiques (vidéosurveillance, alarme...) sont également un bon complément. Pour renforcer leur efficacité, on peut choisir la transmission de l'alarme à distance – vers un voisin ou un centre de protection – pour permettre d'intervenir plus rapidement en cas d'effraction. À noter que les sociétés d'assurance peuvent exiger la mise en place de certains moyens de protection pour accorder la garantie vol.


À titre d'exemple, certaines demandent à leurs clients de protéger les fenêtres facilement accessibles – au premier étage ou au rez-de-chaussée – par des volets résistants, des grilles ou des barreaux aussi rapprochés que possible.



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